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jeudi 23 juin 2016

9 #Écrire du Bien : Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée.

9 #Écrire du Bien : Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée.


Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée. 


Je savais que de la contrainte naît la liberté. L'horreur des contraintes m'a quittée. 


Je revis depuis trois jours. Encore mieux que mieux. Encore mieux qu'avant. Ça allait pourtant bien. Les instants étaient calmes et doux. La vie s'écoulait joliment, entourée de ceux que j'aime et les entourant de ma douceur regagnée. 


Le temps est venu de sortir de sa grotte et de reprendre le fil d'une vie pleine. Elle était déjà radieuse, mais toujours un peu cahotante, crachotante. 


Je travaille mes partitions du Requiem de Fauré depuis lundi. 


J'en ai écouté de très nombreuses versions.


Dans mes préférées, on entend les consonnes. Les attaques sont parfaites, certes, comme il doit. Mais les consonnes finales aussi sonnent aussi à l'unisson, à la fin de chaque phrase, de chaque mot terminé par une consonne.  Bien sûr, les alti  ont des voix rondes et chaudes. Elles ne sont pas présentés par défaut, dépitées de ne pas être sopranes. Elles colorent et enrichissent les accords fauréens.


J'ai travaillé mes parties « à la table », sans chanter. 


Je réentends ce Requiem aimé autrefois. Il était sorti de ma mémoire. Je ne l'avais jamais chanté.


Il m'accompagne à presque chaque instant depuis quelques jours.


Je n'ai pas encore pris le temps de le lire sans chanter, « à l'italienne ».


En venant de ma lointaine banlieue, je l'ai écouté à plusieurs reprises. Les réflexes de chanteuse sont revenus avec la joie de se rendre seule sur mes lieux de ce rendez-vous rêvé. J'exprime doucement mon souffle, joues gonflées, comme une paille entre les lèvres. 


Je n'ai toujours pas travaillé ma voix pour ne pas la fatiguer. Le travail de posture à été repris depuis hier. Celui du souffle, cette fin d'après-midi même. C'est un peu court. Privilège des envies irrépressibles de dernière minute. 


Je suis arrivée en avance dans le vieux quartier où j'ai fait mes années de prépa. Je suis en terrain connu, même si je ne connais personne. Je me connais. Cela suffit. Je me sens pleine et entière malgré la touffeur accablante de cette journée. 


Dans moins d'une heure, commencera l'échauffement vocal. 


Puis l'insatisfaction probable de ne plus avoir autant de facilité qu'autrefois. Treize ans déjà, je crois, que je ne chante plus autrement que très sporadiquement et le plus souvent seule. 


Ce soir, je refais un pas vers ce que je ne sais qualifier, sinon comme la fin d'une sorte d'isolement, même si je suis loin d'être complètement isolée. 


Je m'apprête à trouver une vie chaleureuse, une vie de « faire ».


Faire ensemble, dans le silence des paroles de bavardage creuses, au son de nos voix unies. 


Allons chanter les morts pour célébrer la vie ensemble. 


Je suis prête. 


À tout.


Quoiqu'il arrive. Déconvenue ou magie du retour au berceau des émotions vécues. 


© Simone Rinzler | 23 juin 2016 - Tous droits réservés


C'est l'attente joyeuse, enfiévrée, moite dans la touffeur de la voiture, À L'Atelier de L'Espère-Luette



mercredi 22 juin 2016

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairiedes jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux. J'ai renoué avec la liberté de l'enfance, de l'adolescence, avec le plaisir d'une vie peu programmée. J'ai laissé les instants se passer, s'imposer, passer, puis repasser. 

J'ai profité de l'impromptu, du décousu, de la rêverie éveillée. J'ai peu écrit, pédalé, paressé, soigné mes muscles endoloris, résisté à la pente de l'effervescence. J'ai réfléchi, souvent à vide, plus si avide de tout. Je me réjouis de ce que je provoque, de ce que je fais, du retour de la vie comme elle vient.

J'ai balayé l'ennui, tantôt dessinant et commençant à tester la transparence de l'aquarelle, tantôt contemplant des travaux d'aiguilles, rêvant de m'y mettre aussi, de m'y remettre, enfin, volontairement.

J'ai fait des rêves de couleurs, de vêtures, d'ouvrages et de broderies à mon goût, sans le faire, sans les mettre sur l'établi de mon atelier. Le pli du loisir est pris. 

Malheur à qui tente de m'en détourner. 

La vie m'est douce, même si. La vie me traverse, en dépit. 

Je m'éjouis de ma vie, de guingois, trébuchante, tâtonnante. 

Je sirote le calme des jours de bonheur retrouvé, juste assez sucré, sans écœurement, ni haut-le-cœur. 

Je passe rapidement sur ce qui me désole, n'y prête guère d'attention, ignorante bénévole de la misère du monde. Je me fais Reine Midas, transformant ce que je touche en bonheurs des petits instants, insensible à la peine de l'autre qui m'impuissante. Je décore ma vie de petits moments de joie partagée et de bonheur isolé.

J'ai retissé mon cocon protecteur autour de mon cœur. Ma peau écrevisse cicatrise doucement. Je prends plaisir à cuisiner, nettoyer, ranger, à mon rythme, lent et sûr. 

J'ai délaissé les chemins du chaos et de l'empressement. Je vais, je viens, lentement. Je prends mon temps. La douceur m'est revenue. Elle m'attendait patiemment.

Je reprends le temps qui est mien, le rythme qui me convient, et tant pis pour les gens pressés. Je me suis habituée à ma nouvelle lenteur qui ne me cause pas que des désagréments. Je suis mon tempo, largo, larghetto, ma non troppo.

J'ai retrouvé ma musique intérieure en travaillant pendant trois jours une partition d'un Requiem aimé que je n'ai jamais chanté, opus 48 de Gabriel Fauré.

Je travaille à la table, sans chanter, le temps de trouver le temps de mettre mon corps en forme pour tenter les premières émissions vocales sur cette œuvre que je ne possède pas encore physiquement. Je travaille, j'écoute, je me mets la mélodie en tête, le tempo dans le corps, le rythme dans l'esprit. 

La partition des altos est parfois difficile à entendre sur les enregistrements. Avec ses modulations, elle est plus difficile à exécuter que celle des ténors et des sopranos. Je suis habituée à ce travail de mise en valeur de l'harmonie générale par les alti et les basses.

La ligne de l'alto n'est qu'assez peu audible. C'est un travail de contretemps, de richesse harmonique, de mise en valeur de la mélodie des voix hautes. J'aime ce travail de fourmi musicale. Je me fait enluminure vocale, par la pensée, chantant dans ma tête comme on lit un livre. 

Je renoue avec la lecture de partitions.

Je me prépare à un éventuel retour au chant, malgré mes capacités vocales perdues par le manque de pratique, les soucis, la fatigue, passés.

Je suis un peu fébrile à l'idée de me réengager dans un travail de groupe. 

Il est pourtant temps d'y passer, de penser à s'y mettre.

Le travail et l'écoute apaisent la fébrilité, la peur du retour au contact avec un groupe, autre que ceux que j'ai déjà fréquentés et fréquente encore, mais si peu, trop peu, bien trop peu.

Comme il me sera difficile de me lever vendredi matin pour cette journée de chant plaisir au Choeur Vittoria d'Île de France de Michel Piquemal. 

L'annonce m'avait fair envie. Je l'avais laissée de côté. 

L'annonce m'est revenue. J'ai aimé la démarche proposée. Venir ch,Ayer une journée, pour le plaisir de chanter.

Je m'expose à ne pas être acceptée. J'avais déjà autrefois postulé dans ce grand chœur, avant de découvrir Dix de Choeur puis Sotto Voce.

Plus forte d'expérience musicale, je me sais aussi plus faible vocalement désormais. Je me prépare, sérieusement, pour mettre toutes les chances de mon côté. Et surtout pour retrouver le plaisir du chant choral, non pas en spectateur auditeur, mais dans les rangs d'un grand chœur.

Depuis trois longues années, je ne pratique plus vraiment d'activités en commun. Ces temps de création commune me manquent terriblement. 

Il est temps de s'y mettre. 

De s'y remettre. 

Une journée.

Au moins.

Voilà qui tient ma semaine de fête.

© Simone Rinzler | 21-22 juin 2016 - Tous droits réservés 

Le retour de la fête, du démon, de la musique, au hasard des rencontres virtuelles, mais... Bien sûr ! C'est À L'Atelier de L'Espère-Luette


jeudi 16 juin 2016

7 #EB Écrire du Bien : Aujourd'hui, je profite d'une journée pour moi toute seule. Après le déjeuner avec un de mes grands amis, je n'ai pas envie de rentrer immédiatement à la maison. Sans rien décider, je me promène, un peu au hasard.

7 #EB Écrire du Bien : Aujourd'hui, je profite d'une journée pour moi toute seule. Après le déjeuner avec un de mes grands amis, je n'ai pas envie de rentrer immédiatement à la maison. Sans rien décider, je me promène, un peu au hasard.

Aujourd'hui, je profite d'une journée pour moi toute seule. Après le déjeuner avec un de mes grands amis, je n'ai pas envie de rentrer immédiatement à la maison. Sans rien décider, je me promène, un peu au hasard. J'ai envie de marcher vite. La lenteur m'a quittée, je ne sais quand. Avant-hier déjà, lors de ma promenade à Pégase électrique, j'ai pédalé bien plus vite que d'habitude, laissant mon compagnon pédaler derrière moi dans le plate du sous-bois. L'énergie est revenue et avec elle, l'endurance. La lecture aussi est revenue.

Après ce joyeux déjeuner savoureux, il ne me reste plus qu'à arpenter la grande ville où je n'allais plus guère. Ma tête ne décide rien. Je me retrouve près d'un des lieux de mon enfance. J'y suis déjà repassé plusieurs fois ces dernières années. Mais aujourd'hui, la porte cochère est ouverte. Je pénètre dans la cour. Ma grand-mère habitait dans l'immeuble situé à gauche. Tout est méconnaissable, sauf la vue vers le ciel. La porte d'entrée de l'immeuble de gauche comporte un digicode. Un peintre voit que je veux rentrer. Il m'ouvre la porte. Je le remercie et ne peux m'empêcher de lui dire, que dis-je ?, de lui déclarer avec une sorte de plaisir fier que j'ai habité la autrefois, dans l'enfance. L'avoir dit me pousse à aller plus avant. Je ne me souviens plus si cette grand-mère-là habitait au 4ème ou au 5ème étage. Elle habitait sur le palier, côté gauche. À droite, habitait une demoiselle et son père. Mon oncle épousa la jeune fille du palier. Je connaissais donc les deux appartements. Les peintures ont été refaites. Le trou de la cage d'escalier est désormais bouché par un minuscule ascenseur. Je me souviens que je m'étais coincée la tête entre les barreaux de l'escalier. Les oreilles ne voulaient plus repasser dans l'autre sens. Je restai coincée là, sur ce palier, entre les deux appartements, jusqu'à ce que quelqu'un vienne me délivrer de ma curiosité enfantine. Je regarde le parquet de bois. Je ne le reconnais pas. Je fixe les lattes du plancher désormais vernissé. Peut-être reconnaîtrai-je l'étage ? Il me semble bien que c'était le 4ème. Je parie pour le 4ème, un peu au hasard. Tout ne peut pas revenir à la mémoire. Je continue à monter. Je me souviens, depuis toujours, qu'il y avait un passage plus haut qui permettait d'accéder à l'immeuble d'en face, celui situé à la droite dans la cour.

Je pousse la curiosité jusqu'à monter plus haut que le 5ème étage. L'immeuble st incroyablement haut. Parvenue au 8ème étage, il n'y a plus de palier mais un passage qui mène vers la droite. Je vais arriver sur le lieu d'un endroit que j'ai parfois retrouve dans les rares cauchemars. Je tourne. A droite, le couloir tourne à gauche. Je découvre une fenêtre donnât sur la cour pressa en face, et à gauche, la porte d'une petite chambre de bonne qui appartenait à ma famille ou, plutôt, était louée par elle. Malgré la peinture fraîche, le lie n'a pas changé. Je retrouve le lieu de mes cauchemars. Intact. Étonnante mémoire des lieux, fraîche et précise, à plus de cinquante ans de distance. Je fait le tour pour redescendre dans le second immeuble, celui de droite. Je découvre un vue magnifique sur Paris. Il fait beau. De beaux nuages blancs, majestueux, s'accordent à la claire peinture fraîche. Les courettes intérieurs sont désormais d'un beau blanc crémeux. Je me souvenais de trous noirs et sales, avant le grand blanchissement par sablage des immeubles du Paris encrassé des années cinquante et soixante. 

Finalement, après avoir pris quelques photos du paysage parisien par-dessus des toits, je ne redescends pas par l'escalier inconnu. Il ne m'intéresse pas. Je rebrousse chemin le long du couloir retrouve. Cherche le bon angle pour,la prise de vue. Je suis heureuse d'avoir revu ce dédale de couloirs qui m'effrayaient. Tout est blanc cassé et propre. Les fenêtres d'un bleu canard un peu éteint donnent du chi ca le,semble. Tout devait être écaillé quand je m'y rendais régulièrement. Je garde le souvenir de rembarres en bois dont la peinture grise pelait et grattait les coudes. Je sens l'odeur de poussière en y repensant. L'odeur de la poussière de bois et de peinture écaillée, un peu crayeuse. Je ressens cette odeur qui me revient ce soir-même alors que je retrace mon périple du jour.

Je redescends l'escalier que j'avais monté pour repasser devant ce lieu d'enfance sans joie que je n'ai pas beaucoup aimé. Encore quelques clichés. La cour. La trouée de l'immeuble vers le ciel en regardant en haut. Le ravalement des façades rend le lieu inconnu. Seule la trouée semble identique. La cour est pavée. Je regarde le large porche double, immense même à hauteur d'adulte. Je ressors de l'immeuble. Un coup d'œil vers la gauche. Même si les magasins ne sont plus les mêmes, le renfoncement sur deux immeubles n'a pas changé. Pourtant, j'étais passée là il y a quelques années. Mais je n'avais pas eu le même retour du passé que celui qui m'a frappée aujourd'hui quand je suis ressortie de l'immeuble et ai tourné la tête vers la gauche.

C'est amusant de revenir sur le lieu d'une enfance effacée. Maintenant, tout est clair, tout est calme. L'épicerie a disparu. L'épicier ou le crémier n'est plus là. Le marchand de vin avec son béret et et les odeurs de vinasse sur le sol ne sont plus là non plus. La ville s'est modernisée. Elle est devenue bien proprette. Il y a bien davantage de marchands de fanfreluches en gros qu'autrefois. Il ont remplacé maroquiniers, selliers et fourreurs. Je crois qu'emportée dans mon élan, je brode un peu. Il y avait bien des marchands de sacs et de chapeaux en gros. Et probablement des marchands de cols de fourrure.

Je marche au hasard dans ce quartier connu inconnu, à l'aveuglette. Je me fie à mon sens de l'orientation des villes, à ma mémoire endormie. Je me laisse guider par mes pas. Je reconnais le nom des rues, comme d'anciens compagnons. Parfois, il m'est difficile de reconnaître le quartier. Tous les immeubles y sont récents. Construits après la fermeture des vieilles Halles de Paris, tout y est d'un beau crème. Les maisons sont droite et laides. Fonctionnelles. Sans charme. Des habitations. Une école. Un commissariat. Et le souvenir, au fond, de ce qui allait devenir le trou des Halles et dont je garde un souvenir vague sur lequel je n'ai aucun doute. J'ai bien connu cela. Je reconnais à peine. Les visions anciennes et nouvelles se superposent. Je croyais n'avoir pas de souvenirs. Le souvenir des lieux ne m'a pourtant pas quitté.

Je continue à marcher. Retrouve des quartiers visites à d'autres moments, dont je n'avais jamais eu conscience qu'ils étaient si proches d'un de mes lieux d'enfance. Tout paraît si loi quand on est encore petit. Le périmètre familier est restreint chez la petite fille d'appartement à qui il était interdit de jouer dirons, "comme une gosse des rues". Malgré l'âge et la perte de vitalité des dernières années, jarre,te le quartier à une vitesse confondante. Mes jambes sont grandes maintenant, malgré ma petit taille. Je sillonne le quartier à grandes enjambées. Je fête le retour de l'allant.

Je m'éloigne des lieux connus d'autrefois ou de môments plus récents. Au détour d'une rue, j'aperçois le,three d'un musée dont j'ai entendu parler récemment. Cognacq-Jay. J'hésite à aller le visiter. Voici longtemps déjà que je baguenaude autour du Marais, du côté des anciennes Halles. Un instant d'hésitation. Mais, rien ne m'attend. Je suis libre comme l'air aujourd'hui. Pourquoi se refuser la visite d'un musée de peinture. Cela fait si Mo,grimpés que,je ne suis pas retournée déambuler seule da,s un musée. J'aime tant cela. Hop ! Demi-tour. Entrée dans le musée. Fouille du sac, passage par le.portique de sécurité. Quelques mots échangés avec l'homme chargé de vérifier les entrées.

Surprise. Le musée est gratuit. C'est un musée de la ville de Paris. L'hôtel particulier est joli. 

La surprise est de taille. Assez peu d'œuvres dans l'ensemble, mais des merveilles. Deux Canaletto, un van Ruysdael, plusieurs Greuze dont le charmant enfant blond vénitien aux cheveux bouclés, plusieurs œuvres de Boucher, un Largillière, et même un Chardin et un Vigée-Lebrun, des peintres italiens inconnus dont les veduttas attirent l'œil comme des cartes postales du passé. Quelques statues dans la première salle attirent mon attention. Deux sont très belles. Mes photos souvenirs ne leur rendent pas justice. Tout le relief est aplati.

De salle en salle, je parle avec les gardiens de chaque salle. L'ambiance est bon enfant. Je m'apprête à quitter le musée et parle enfin au dernier gardien du musée qui avait déjà donné des indications sur les peintures de la salle lors de mon arrivée. Nous entamons une discussion. L'autre gardienne s'éclipse. La discussion s'éternise. Nous nous rendons compte que nous connaissons des choses et des gens en commun. Il me parle d'une critique d'art et d'un auteur que je ne connais pas. 

Je quitte enfin le musée non sans avoir visité les commodités dans un magnifique sous-sol de belles pierres beiges.

À ma sortie, l'homme qui était chargé de la sécurité me compliment sur mon sourire à l'entrée et mon sourire à la sortie et continue avec jovialité. Mon sourire redouble. Ma joie intérieure aussi. 

La vie me sourit. Il fait beau. J'ai passé une excellente journée.

Comme avant. Quand la vie m'était douce. Que je savais me fabriquer du bonheur.

On dirait bien que je n'ai pas perdu la main.

Le bonheur, c'est mieux que le vélo. Ça ne s'oublie vraiment pas.

© Simone Rinzler | 15 juin 2016 - Tous droits réservés 

Un petit Post-Scriptum : 
Sur le chemin du retour, j'ai flâné de commerce en commerce et trouvé deux livres de l'auteur inconnu de moi. Les premières pages m'ont tapé dans l'œil. Immédiatement. 
Il faut toujours bavarder avec les gardiens de musée.
J'ai fait provision de livres, à nouveau. Choix très éclectiques. Dont, bien sûr, le fameux Emmanuel Bove, bientôt en lecture, après Alain Cadéo et Emmanuelle Guattari À L'Atelier de L'Espère-Luette


Attribué à Greuze, cet autre portrait d'enfant n'est pas celui qui est le plus connu

lundi 6 juin 2016

6 #EB Écrire du Bien : C'est la douceur des jours qui s'écoulent paisiblement. Pas une ombre au tableau. Les soucis dans le dos.

6 #EB Écrire du Bien : C'est la douceur des jours qui s'écoulent paisiblement. Pas une ombre au tableau. Les soucis dans le dos. 

C'est la douceur des jours qui s'écoulent paisiblement. Pas une ombre au tableau. Les soucis dans le dos. La fenêtre est ouverte. L'air frais entre et caresse doucement la peau. Les Bébées dorment, douces.

La télévision anglaise pour enfants est restée allumée. Il y a un air d'enfance calme. Les jours doux et joyeux s'écoulent lentement. L'air est bon. Il fait frais. Il fait doux. Les couleurs vives et douces s'animent sur l'écran. Les voix d'enfants rieuses chantent la joie d'être. Il fait bon. Rien ne se passe. Le temps s'est arrêté dans le monde de l'enfance retrouvé. 

Qui n'a jamais regarde la télé anglaise pour enfants ne sait pas ce qu'est le bonheur. 

Le bonheur de voir, d'entendre, de chanter, de danser, l'émerveillement des couleurs, des jeux. Des adultes bienveillants, joyeux. Des enfants de toutes les couleurs, de tous les accents, des adultes de toutes origines, des métiers qui font envie, un monde de rêve dans lequel se couler, des expressions, des intonations d'émerveillement, des dialogues entre adultes et enfants, l'apprentissage de la langue des signes anglaise, la découverte et la redécouverte d'accents régionaux variés. Un monde multicolore dont les handicapés, enfants comme adultes, ne sont pas effacés. Un monde de tolérance, de diversité, de présentation du réel, émerveillée. Une cure radicale contre la vieille culture rassise d'où je viens, une cure de toute une vie, cure d'anglicité, d'originalité, de fantaisie et de joie communicative.

Que fais-tu de tes journées de retraitée ?

Eh bien, parfois, je regarde la télé anglaise, la télé pour enfants. Aucun chagrin, aucune angoisse n'y résiste jamais.

Les spécialistes des émissions pour enfants de la BBC sont les rois de l'éducation joyeuse, intelligente, considérante. Pas de grandes discussions sur ce qui est bien ou n'est pas bien. Des faits. Ou plutôt des actes, des dialogues à égalité entre enfants et adultes, sans condescendance, avec la curiosité en partage.

Ta grand-mère s'ennuie ? Elle a perdu le goût de la vie ? Elle se désole à regarder la télévision française qui attise sa peur, réveille des haines enfouies qu'elle n'avait jamais eues ? 

Achète une parabole, un décodeur Manhattan, branche-la sur CBeebies, la BBC pour enfants. Tu verras le sourire revenir sur ses lèvres. Elle dansera sur son fauteuil. Elle chantera . Elle apprendra des mondes qu'elle ne connaît pas encore. Elle se réveillera. Elle se sentira bien. Elle revivra.

© Simone Rinzler | 6 juin 2016 - Tous droits réservés

L'après-midi en enfance se passe À L'Atelier de L'Espère-Luette


vendredi 3 juin 2016

02 #Brouillon pour une #Nouvelle #Concours #Identité #BNC : Tu ne la connais pas. Elle s'insinue dans ton univers. Force ta porte. Quasi mutique. Tu hésites à refermer la porte. Trop tard. Le piège s'est refermé. Tu as cédé. Tu le savais. Tu n'aurais pas dû entrer dans son jeu. Tu es là. Seule. Tu n'as pas le moral. Un sale sentiment t'habite. Et ton couteau moral te taillade. Comme une mauvaise conscience. En une heure, rien qu'une toute petite heure, elle est devenue ta mauvaise conscience.

02 #Brouillon pour une #Nouvelle #Concours #Identité #BNC : Tu ne la connais pas. Elle s'insinue dans ton univers. Force ta porte. Quasi mutique. Tu hésites à refermer la porte. Trop tard. Le piège s'est refermé. Tu as cédé. Tu le savais. Tu n'aurais pas dû entrer dans son jeu. Tu es là. Seule. Tu n'as pas le moral. Un sale sentiment t'habite. Et ton couteau moral te taillade. Comme une mauvaise conscience. En une heure, rien qu'une toute petite heure, elle est devenue ta mauvaise conscience.

Tu ne la connais pas. Elle s'insinue dans ton univers. Force ta porte. Quasi mutique. Tu hésites à refermer la porte. Trop tard. Le piège s'est refermé. Tu as cédé. Tu le savais. Tu n'aurais pas dû entrer dans son jeu. Tu es là. Seule. Tu n'as pas le moral. Un sale sentiment t'habite. Et ton couteau moral te taillade. Comme une mauvaise conscience. En une heure, rien qu'une toute petite heure, elle est devenue ta mauvaise conscience.

Tu la connais. Tu l'as déjà rencontrée. Elle ou une autre. Elle ou un autre. Une buveuse de ta santé. Une buveuse de ton sang. Elle boit ta joie et te rend de la culpabilité en retour. Elle ne sait rien rendre d'autre. Elle ne rend que du mauvais, que du mal. Elle n'aime pas souffrir seule. Elle veut que tout le monde souffre avec elle, partage sa douleur. Au nom du Seigneur et du Petit Saint Barnabé. Elle te fait du chantage affectif, alors même que tu ne la connais pas encore. Elle est très forte. Tu la sens mauvaise. Mauvaise pour toi. 

Fuis ! Fuis ! Petite Toi ! 

Elle te fait le chantage à "Je n'ai personne", "Je suis seule au monde". 

Et toi, bonne fille comme toujours, tu te laisses piéger. Tu réponds de quelques mots de réconfort un peu plus que convenus. Tu ne sais pas dire des mots convenus, encore moins les écrire. 

Tu hais les formules convenues. Tu entames la discussion. Tu n'aurais pas dû. 

Tu ne le fais jamais dans ces circonstances-là. 

Alors pourquoi l'as-tu fait, là, cette fois ?

Pour tester ce que tu sais déjà ? 
Non, ce n'est pas cela. 
Tu n'as nul besoin de tester. 

Tu l'as fait machinalement. Comme une seconde nature. On t'a tellement appris à ne pas laisser aller une âme en peine que tu t'es intéressée à elle. Tu n'aimes pas voir la souffrance humaine. Surtout quand elle frappe à ta porte. Et que tu entr'ouvres la clôture de ton intimité. 

Mais cette souffrance, tu n'a aucune envie de la partager. 

Saloperie de partage chrétien. 

Tu te sens comme une bonne femme se rendant faire ses bonnes œuvres, en bonne sœur laïque que tu as toujours été. 
D'ailleurs, ce n'est pas toi qui délire. Elle t'a fait bénir par la Sang du Christ. 
Elle pue la recherche d'amitié en vain. Tu l'as senti tout de suite que ça ne collerait pas.

Une manière de s'adresser à toi. 
Cette façon de venir te chercher sans dire ce que tu veux. 
Cette attente que tout vienne de toi. 

Tu sais que si tu ne lâches pas tout de suite, elle te sera un poids. 

Déjà, une heure passée avec elle, vingt-quatre heures perdues ensuite à t'interroger pour rien. Multiplication par vingt-cinq des tracas, des soucis. Tu m’étonnes qu'elle soit seule ! Que tous l'aient abandonnée !

Mais... Elle fait fuir !... 

Loin ! Très loin. 

Tout là-bas, là-bas, loin des geignards ingénéreux, là où l'on vit bien, malgré tout.

Elle ne retient que les Petites Sœurs des Pauvres. Elle les retient par la mauvaise conscience. C'est une maîtresse-chanteuse de l'âme. Une suceuse de bien-être, une voleuse de bonheur. Elle a besoin de ta joie pour se nourrir et te laisse exsangue, vidée, épuisée, tourmentée. Tu connais ses méthodes. Tu en as tant connu qui avaient les mêmes. 

Certains te prenaient au filet. 

D'autres, non. 

Pourquoi ?, tu n'as encore jamais su. Tu penses que certains ne réveillaient pas ce besoin de protéger en toi, qui te vient de la nuit des enfances. 

Tu sais que tu as suivi d'autres joueuses et joueurs de flûte de Hamelin qui t'entraînaient à leur poursuite en te faisant miroiter des promesses indites et intenues.

Ce que tu sais, c'est que tu as toujours tort quand tu te laisses faire sans rien dire.

Vade retro, Satanas ! 

Casse-toi de ma vie avec tes plaintes, tes chantages, tes demandes informulées qu'il faut t'arracher de la bouche quand tu fais ta timide, ta pauvresse ! Ne compte plus sur moi ! Je ne suis plus là pour toi.

Tu as souffert ?, Tu souffres ?, Connasse ? 

Et à moi ? Tu ne te demandes pas ce que tu me fais ?

Tu viens te nourrir au lait de ma gentillesse humaine et à peine repue, tu me mords le sein. 

Tu es contente de toi ?

Tu crois que les autres t'ont fuie parce que tu étais malade ? 

Mais ils t'ont fuie parce que tu es une sale saleté. Une vampiresse de la pire espèce. Un suceuse de joie. Tu ne donnes rien en échange. Tu veux avoir, avoir, avoir. Tu veux prendre, prendre, prendre. Et tu prends, tu voles, en catimini. Oh ! Tu n'exiges pas ! Non ! Tu as ta morale pour toi ! Jamais un mot de travers. Toujours bien polie, bien mise. Jamais un mot de travers. Aucune demande qui ne fusse incongrue. Mais tu suces le sang de la joie, tu suces le sang de la vie, sans jamais vouloir payer de ta personne. Tu ne donnes rien. Tu ne veux rien donner. 

Tu es là pour prendre. 

Sans jamais rendre.

Je t'ai reconnue, tu sais. 

Tu n'es pas Elle

Tu n'es pas Lui

Mais je t'ai reconnue au premier coup d’œil. 

Tu es comme Eux

J'ai reconnu tes faits, tes gestes, tes dires, surtout, et tes non-dires. Ta manière de t'insinuer. de t'imposer. Comme une évidence. Un paysage toujours-déjà là, inéchappable.

Eh, bien, figure-toi qu'il m'aura fallu un grande journée de flottement à ne plus reconnaître qui j'étais, une longue journée de flottement, de mal-être, de malaise, de mal-à-l'aise pour te reconnaître et ne pas donner suite.

Tu ne pomperas pas mes forces. Tu ne me pomperas pas. Ni l'air, ni le sang, ni la joie, ni le bonheur des choses simples. Je suis bien trop fragile pour une saleté comme toi. 

Je me casse. Bon Débarras !

Ah ! Ça fait du Bien de se faire du Bien. 

Je peux recommencer à écrire.

C'est la fin d'une histoire qui allait mal tourner. J'ai reconnu les symptômes. 

Je les ai traités. 

De tous les noms.

Ça va déjà mieux. 

Ouf !

Il s'en est fallu de peu pour que je reperde mon âme.

© Simone Rinzler | 26 mai-3 juin 2016 - Tous droits réservés
(Texte écrit pour le concours de nouvelles sur le thème "Identité". Susceptible de subir des modifications après relecture)

L'Heure de la Fiction est revenue  À L'Atelier de L'Espère-Luette



mercredi 1 juin 2016

01 #ECTC Être contre, tout contre : Se distinguer.

,Être contre, se distinguer. Pour être comme Les Autres. Drôle de manière d'aborder son identité.
Faire comme les autres pour se distinguer d'Eux. Pas des mêmes Eux, mais des autres Autres. Esprit de conformité de qui est Contre. 

Tel fut le lot de tous ceux qui furent élevés dans le « Plus jamais ça ».

S'opposer. Résister. Faire tous de même.

Puis s'étonner de l'uniformité.

Tel fut le lot de tous ceux qui naquirent peu après les « Baby Boomers ».

Identité floue. 

Ni enfants de la guerre, ni enfants de la prospérité.

Enfants de l'Entre-Deux. 

Ni Les Uns, ni Les Autres. 

Ils ne se connaissent pas, ne se reconnaissent pas, ne se retrouvent dans aucune case, refusent toutes les cases qui leur sont allouées, s'y coulent sans s'en préoccuper, à leur insu, sans y penser.

Ces Eux, c'est Nous.

© Simone Rinzler | 1-3 juin 2016 - Tous droits réservés

Travail sur le thème de l'identité en juin dernier À L'Atelier de L'Espère-Luette