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dimanche 29 mai 2016

5 #EB Écrire du Bien : Le besoin d'Ecrire du Bien s'est tari.L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude.Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seulreste le plaisir, plus rare, de ne pas se jeter à corps et à espritperdu.

5 #EB Écrire du Bien : Le Besoin d'Écrire du Bien s'est tari. L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude. Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seul reste le plaisir, rare, de ne pas se jeter à corps et à esprit perdus.

Le Besoin d'Écrire du Bien s'est tari. L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude. Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seul reste le plaisir, plus rare, de ne pas se jeter à corps et à esprit perdu.

Le besoin d'évacuer est passé. Le besoin de mettre loin derrière soi ce qui fait ou a fait souffrir a disparu. L'écriture-évacuation s'en est allée. Seule reste l'habitude. L'habitude du plaisir, la gourmandise d'écrire. 

L'envie d'écrire un Grand Roman m'a quittée. Je ne puis que m'en féliciter. Cette envie me gâchait la vie. Cette envie disait le vide de ma vie, suintait le manque. 

Craving

Craving d'Écriture. Irraisonné. Fou. Intense. 

L'intensité s'est calmée. Plus de trois ans déjà. Trois ans de désintoxication au poison du Craving

Exit la passion objective qui ne se peut maîtriser. 

Enter la passion objective, l'âge de raison.

Ce matin, j'ai sept ans. L'âge de raison, dit-on. 

Plus besoin de se jeter à fond dans le grand bain. Je sais que je sais nager. Je n'ai plus besoin de me le prouver. L'exigence de la découverte a perdu son attrait. Il est maintenant temps de travailler cette écriture. Dans le calme et la raison. Prendre le temps de puiser ce qui vient, ce qui revient, départie de l'importunité de la passion objective, celle qui soumet et dirige.

Il est temps de faire place à la passion subjective. D'en jouir. De la laisser s'épanouir.

© Simone Rinzler | 29 mai 2016 - Tous droits réservés 

Ailleurs ou À L'Atelier de L'Espère-Luette





mardi 24 mai 2016

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance.Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à lavacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du tempsmauvais.

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est lutter contre le marmonnement de mécontentement, mettre de la couleur dans sa vie, résister au temps glaciaire de l'ère. 

Écrire du Bien, c'est un engagement. 

Écrire du Bien, c'est politique.

Écrire du Bien, c'est une réaction, épidermique, endémique, une éthique. Et toc !

Écrire du Bien, c'est réparer les morts-vivants, donner espoir en l'humanité, chercher la petite bête qui rend heureux, c'est cesser de critiquer, cesser de commenter. 

Écrire du Bien, c'est agir sur le monde. En langage. Par le langage. En tant que Sujet, Sujet ressentant et Sujet pensant.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-monde du langage.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-langage du monde.

Tu m'expliques ? Parce que là, ça devient un peu sombre ton histoire...

Oh ! Ce n'est pas une histoire. Je n'aime pas les histoires. Je ne suis pas une fille à histoires. Je suis une fille d'action. Je m'engage. Je passe avant de trépasser. C'est important de ne pas faire que passer, passer par-là, sans rien faire, comme ça, pour Rien, parce qu'il a de la lumière, parce qu'on aime se promener. 

Bien sûr qu'on aime se promener, qu'on aime passer, par ici, et puis par là, passer parce qu'il y a de la lumière, de la chaleur humaine, qu'on aime activer ses jambes et que ça fait du bien de se promener sans se hâter. 

Il n'y a pas de lieu de se hâter. 

Passer, regarder, humer, sentir, ressentir. Prendre le temps de passer, de regarder, de humer, de sentir, de ressentir. Puis repartir. Non sans avoir passé. Passé son envie d'aimer sa vie, passé son goût de ne pas se lamenter, fêté son retour à la vie simple, facile, heureuse. 
Compter ses bonheurs, ses joies jusqu'à en oublier ses peines, ses craintes, ses angoisses. Se bien traiter. Se faire du Bien. Semer du Bien.

Le politique serait toujours agressif ?

Que nenni !

Le politique, c'est l'Agir. L'Agir bien. L'Agir Juste. L'Agir selon son cœur, selon son corps, selon son esprit. C'est penser à, non pas ses cinq sens, non, mais bien ses six sens, réunis : le goût, l'odorat, la vue, l'ouïe, le toucher et l'intellect aussi. Le sixième sens, oh non, ce n'est pas le pressentiment. Celui-ci dérive du déjà-connu. Ce n'est pas un sens, comme le dit le langage communément répandu, c'est un réflexe, un réflexe acquis, un apprentissage intériorisé comme une seconde nature (Daniel Kahneman), mais la nature n'y est pour rien. C'est l'apprentissage de la vie qui laisse sa trace. C'est l'apprentissage oublié qui se manifeste. Ce n'est pas un sens.

Ce qui est un sens, en revanche, c'est l'intellect. C'est faire marcher son intelligence pour son bien, pour celui des autres. C'est refuser de séparer les cinq sens traditionnels de la marche du cerveau. C'est accueillir la reflexion, la provoquer. C'est tracer un chemin avec ses cinq sens et son cerveau. C'est vivre de ses six sens : goûter, sentir, voir, entendre, toucher, penser. C'est équilibrer ses six sens, sans jamais laisser l'un prendre le pas sur l'autre. C'est harmoniser réflexion, sentiments, sensations, ressentis. C'est croire à ce que l'on goûte, croire à ce que l'on sent, croire à ce que l'on voit, croire à ce que l'on entend, croire en ce que l'on touche, croire en ce que l'on pense et prendre le temps de penser ce qui ne semble pas aller de soi, ce qui ne semble pas être en harmonie, ce qui se choque, ce qui dissone, ce qui bringuebale, mais qui toujours-déjà avance, rarement en ligne droite.

C'est constater que le langage a un effet sur le monde et que le monde a un effet sur le langage

C'est cela, l'effet-monde du langage (Barbara Cassin) et l'effet-langage du monde (Simone Rinzler). Il faut croire en les deux pour pouvoir écrire du Bien.

Il n'est pas difficile de constater que le langage façonne notre « vision », métaphorique, du monde, que dans telle ou telle langue, tel mot semblant « manquant » empêche la survenue quasi spontanée de certaines idées, quand celles-ci s'expriment couramment autrement, dans une autre langue, dans une autre « vision » du monde, dans une autre civilisation, pas nécessairement lointaine. 

Il n'est pas difficile non plus de constater que malgré les « mots manquants », on a toujours pu tout exprimer, dans n'importe quelle langue. Il n'y a pas de langue supérieure et des langues inférieures. Il y a des langues de vainqueurs, anciens ou nouveaux et des langues de vaincus, anciens ou nouveaux aussi. 

Le langage n'est pas une compétition. 

Le langage façonne notre monde. C'est son effet-monde (Cassin).

Certes.

Nous façonnons aussi notre monde par notre usage du langage. Nous façonnons notre monde en actes. Et en langage aussi. Nous le façonnons alors en « Actes de langage » ou « Speech Acts ». 

Nous sommes responsables de nos actes de langage comme de nos actes. Ils sont notre trace, la trace de notre passage dans le monde. Il sont l'émanation de notre être, l'émanation de notre « Être-au-monde », de la manière dont nous sommes au monde, dans le monde, en tant que Sujet, Sujet pensant et Sujet sentant, ressentant, avec nos six sens : les cinq sens corporels, que nous partageons avec nombre d'animaux et ce que j'appelle, pour l'être humain, le premier sens, le sens de l'intellect

Le sens de l'intellect est le sens primordial du sujet doté du langage. 

Si l'être humain possède les cinq sens, il maîtrise aussi ce que l'on appelle le « langage articulé », distinction subtile dont l'adjectif articulé désigne la capacité, autre qu'animale, de s'exprimer, de penser, de parler, (voire d'écrire et de lire pour les civilisations de l'écrit), d'envisager l'avenir, le non-réel, le non advenu et l'hypothétique. Cette fonction du langage articulé est l'apanage de la condition humaine.

Par le langage, par sa maîtrise — et ce, qu'elle soit bonne en termes de « correction » linguistique ou non — l'être humain à la capacité de changer le monde, de rêver le monde, de repenser au passé, d'envisager ce qui est « à venir », ce qui n'est encore pas, ce qui n'a jamais été et ne sera jamais, d'inventer des histoires, la capacité de façonner le monde par ses  « Actes de langage » ou « Speech Acts ».

Alors, oui, Écrire du Bien est un acte politique, un acte de résistance, un acte d'être humain, un acte d'humanité.

Un acte pour façonner le monde à sa guise, en direction de ce qui fait du Bien, de ce qui est Bien au sens de ce qui est, non pas le contraire du Mal, mais de ce qui est Juste.

Juste. Écrire du Bien.

Écrire du Juste.

Juste écrire.

Écrire juste.

Voilà pourquoi je ne sais pas raconter d'histoires. Entre autres.

La recherche de la Justesse ne m'est, pour l'instant seulement peut-être, pas compatible avec le tissage d'une histoire. 

Il faut savoir attendre.

© Simone Rinzler | 24 mai 2016 - Tous droits réservés
(Texte susceptible de subir des modifications après relecture)

L'atelier de la pensée est revenu À L'Atelier de L'Espère-Luette





jeudi 19 mai 2016

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien toucha sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie. Elle savait bien que si elle ouvrait sa boîte d'aquarelles tenue si longtemps fermée, elle mettrait en route une nouvelle chasse. La chasse aux couleurs. La chasse aux formes. La chasse au paysage. La chasse au monde silencieux auquel elle a toujours aspiré. 

Tracer son chemin dans l'eau, quelle drôle d'idée, n'est-ce pas ? Tracer la lumière au pinceau, étendre la couleur, la lumière, traquer la luminosité des jours, elle savait bien qu'un jour, elle y viendrait. Elle n'a rien décidé par avance. Le temps est venu seul, sans décision. C'était le moment de prendre le temps, de s'installer.

Poser une vieille nappe en plastique, bien propre, nettoyée de son humidité sur une grande moitié de la table de la cuisine, lieu de tous les ateliers d'intérieur. Sortir les godets mal emballés d'une boîte pour débutant qui ne se referme pas. Tester les pinceaux pour se rendre compte qu'aucun n'a vraiment de pointe et que c'est par là qu'il faudra commencer les achats pour faire un travail convenable.

Se documenter sur l'aquarelle dans ses livres, puis dans des vidéos du Grand Réseau. Se promener à vélo en terrain plat, sans se fatiguer, en regardant les détails, les scènes possibles. Observer les ombres et les clartés, les changements de couleur d'un même talus, d'une route goudronnée. Voir que le relief est suivi par l'ombre, comme le disent les manuels. Repérer comment peindre un talus de bord de route, avec ses creux et ses remontées. Voir le talus se fondre dans la grande haie d'arbres en bord de chemin. Être déjà au chevalet symbolique pendant la promenade à Pégase Électrique. Lire peinture. Penser peinture, voir peinture. Changer ses sujets de reflexion, insensiblement. Passer de l'écriture à la peinture par quelques essais d'apprivoisement de la lumière à l'aquarelle.

Se réveiller avec l'idée de peindre, non plus à la gouache, mais à l'aquarelle un vitrail. Chercher le sujet du vitrail, le médium pour en dessiner les gros traits au plomb.

Découvrir que l'aquarelle est la meilleure des thérapies pour se délester du besoin de contrôler le monde qui entoure, pour accepter que ce qui se fera se fera, apprendre à modifier légèrement en prenant en compte les caprices de l'eau, des pigments, du papier et la maladresse de la débutante.

Ne plus pouvoir lire ni écrire. Penser aquarelle, penser composition, penser remplissage, penser ouvertures libres. 

Même processus que celui de l'écriture.

Non plus écrire le Bien.

Tracer le Bien.

Au pinceau.

Sans un mot.

Emplir le silence de sa trace, adapter la trace nouvelle à la trace ancienne, harmoniser, chercher le rythme des couleurs, se perdre inutilement dans les détails. L'aquarelle est un art de la suggestion. Résister à son envie de détail. Observer comment les détails se fondent dans l'eau. S'émerveiller de sa production. Mesurer ce qui doit encore être amélioré. Passer la semaine à penser en peintre et non plus en écrivain. Rester artiste de sa vie. Coloriste de sa vie. Traceuse de traces sur papier.

Laisser sécher.

Sécher sur l'écriture du Bien. Le tour de la question a été fait. Sentir qu'il est temps de passer à autre chose. L'écrire. Écrire en peintre. Écrire la vie à l'aquarelle. Rendre compte d'une vie aquarelle

Lumineuse.

Aérienne.

Douce.

Se sentir bien.

Tracer le Bien.

C'est bien.

Ça fait du bien.

Le silence de la paix intérieure.

Repenser au chant.

Le chant choral, activité silencieuse s'il en est. Personne ne parle en chantant. Harmonie du silence des conversations. Harmonie des notes, des touches, des couleurs vocales.

Écrire les touches, les harmonies, les couleurs, la chaleur et la liberté de créer, de s'émerveiller, de se faire du Bien indifféremment du temps qu'il fait. Tenir le Point. Le Point de l'Art. Le Point de l'Amour. 

Constater que peu importe le moyen, l'effet recherché est toujours le même. Apaiser un cœur prompt à l'agitation, chercher le moyen, les moyens. Au fil du temps, s'apercevoir que n'importe lequel parmi ceux qui tentent est celui qui va bien, pour l'instant, pour le moment. Se rendre compte que le choix est toujours un choix du sensible. 

Tracer le sensible pour supporter l'insupportable, pour se sentir bien.

Et écrire.

Encore.

Toujours.

© Simone Rinzler | 19 mai 2016 - Tous droits réservés 

Comprendre sa résistance à être publiée, pour être toujours-déjà dans la prochaine œuvre À L'Atelier de L'Espère-Luette


mercredi 11 mai 2016

2 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

2 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

Écrire du Bien, ça ne veut rien dire. Ça ne veut dire que ce l'on veut. Ce que l'on veut, c'est se faire du Bien. Faire du Bien. Faire le Bien. Ce qui est Juste Bien. Bien pour Soi. Bien pour Les Autres. C'est sentir que c'est Bon. Bon pour Soi. Bon pour Les Autres.

Écrire du Bien, c'est refuser le Mal. Refuser d'écrire du Mal. Refuser le Mal. Se construire Son Cocon, bien, bien bon. Bien pour Soi. Bon pour Soi. Bien pour Les Autres. Bon pour Les Autres.

C'est Résister À L'Air DuTemps, À L'Aire Du Mal, L'Ère De La Critique Négative Destructrice. C'est chercher sans relâche ce qui fait du Bien. Pour Tenir. Pour Soi. Pour Les Autres.

C'est convoquer la douceur d'être où elle se trouve, la chercher, fouiller et farfouiller, quoiqu'il arrive. Pour Soi. Pour Les Autres.

C'est refuser de céder sur son désir. De plénitude. De calme. De tranquillité.

C'est se donner Le Mal De Chercher, sans se faire mal. Ni à Soi, Ni Aux Autres.

C'est éveiller la gentillesse, la bonté, s'ouvrir au monde de ses rêves, le rendre réel.

C'est un acte politique invisible. La bonté, la générosité, la douceur sont des objectifs politiques invisibles. Une revendication muette qui ne se dit pas. Qui se fait. Dans les faits. Au Jour Le Jour.

Commencer par Se faire du Bien. Pour Soi. Puis, dans la foulée, Pour Les Autres.

C'est offrir ce que l'on a de Bien, de Bon. Pour Soi. Puis Pour Les Autres.

C'est ne pas s'arrêter quand cela devient plus difficile, quand arrivent tourmentes et tourments. C'est maintenir sa quête, toute son existence. Savoir se faire du Bien. Pouvoir en transmettre un petit bout aux autres. Prêter le flanc au bonheur.

C'est refuser la colère, l'énervement. C'est apprendre à contrôler ses frustrations, ses élans mauvais, faire savoir ce à quoi l'on tient, sans trépigner. Avec aplomb. Sans méchanceté. Avec constance.

Constance du BIen. Constance de la Douceur. Pour soi. Pour Les Siens. Pour Les Autres.

C'est tout cela, écrire le bien.

Si tu savais comme ça fait du bien.

© Simone Rinzler | 14 mai 2016 - Tous droits réservés 

La Constance De La Douceur s'enracine À L'Atelier de L'Espère-Luette




lundi 9 mai 2016

1 #EB Écrire du bien : Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas demal, tu le sais bien.

1 #EB Écrire du bien : Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas de mal, tu le sais bien.


Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas de mal, tu le sais bien. 

- Bien sûr que je le sais !

- Alors, pourquoi tu ne le faisais pas, avant ?

- ...

Réflexion. Un long moment.

C'est difficile à dire, et surtout difficile à croire. Je croyais qu'il fallait se donner du mal. Pas se faire du mal, non, bien sûr ! Il ne faut tout de même pas pousser le masochisme aussi loin. Mais je croyais, enfin, je pensais, ou plutôt, je ne pensais pas et donc je croyais, comme on croit à une croyance répandue qui ne se conteste jamais, je croyais qu'il fallait se donner du mal, un mal de chien pour écrire.

Mais ! Mais !...

Écrire m'a toujours été naturel ! Ou presque. C'est devenu une seconde nature, depuis le temps que tu écris.

Alors ?

Pourquoi donc se donner tant de mal ?

Ah !... Cela va être difficile à expliquer. 

Non pas parce que c'est difficile, mais parce que tu es en train d'aller au fond d'une de tes croyances, au fond de ton  impensé qui t'a rendu la vie bien plus difficile qu'elle n'était en réalité. Et tu sais bien qu'une fois que l'on commence à questionner ses croyances, universellement admises au point de devenir invisibles, on finit de croire, on finit par ne plus croire. On est. On est Sujet pensant. On advient comme Sujet. On n'est plus l'Objet de Rien. On se sent Bien.

C'est vrai. Écrire ne m'est pas difficile. 

J'écris comme je respire. 

Je respire quand j'écris. 

J'aime écrire. Comme j'aime respirer. C'est tout. Cela m'est indispensable. J'aime questionner le réel, la vie. J'aime en rendre compte. 

Peut-être pour laisser ma trace ? Peut-être bien. Un peu. 

Mais pas nécessairement une trace indélébile. 
Ça, c'est débile. 
Tu le sais bien. 

Bien sûr que je le sais bien !

C'est même ce que j'ai toujours accepté quand j'enseignais. 

Je pensais que l'enseignant devait avoir la modestie de s'effacer tout en laissant une trace, à peine visible, mais pérenne, une trace qui se suit à la trace, la trace d'un humain qui vous fait du bien en s'intéressant à vous, en donnant ce qu'il a de meilleur à donner, sans attendre en retour. 

Mais bien content quand le retour se faisait bien, bien sûr. 

Et il se faisait, ce retour, 
Plus souvent qu'à son tour. 
Juste assez pour avoir envie de continuer. 

Sauf peut-être vers la fin, la grande fin des fins, quand tout a commencé à basculer et que se préparait ce que je ne connaissais pas encore. 

Mais l'heure n'est plus aux jérémiades passées. 

Tout va bien maintenant. 

L'air est à la détente, la vraie. 

La détente d'une vie de labeur, d'une vie de labour, de sillons tracés dans la glaise lourde du temps.

Tu te rêvais écrivain. Tu écris. Tu es bien. 

Tu donnes à qui veut recevoir. Tu n'es plus contrainte de donner à qui ne souhaite rien recevoir. Tu es libérée de tes chaînes du travail. Tu as accepté ta retraite, ton âge, demain 62 ans, une bien belle jeune vieille. 

Tu es contente. 

Voilà, c'est ça. 

Tu peux dire, comme le disaient tes amis Allemands : Ich bin zufrieden. Ich freue mich... 

Tu as remarqué comme en français, ça semble étrange ? Étrange. Étranger, même.  
Le sentiment de réjouissance est un sentiment absent de la culture française.
C'est pour cela, très certainement, que tu avais ressenti le besoin d'aller voir ailleurs. 

C'est dans l'anglais et l'allemand que tu l'avais trouvé, ce sentiment de réjouissance, étranger à ta culture de Française francophone . Ce n'est pas tant dans la langue elle-même que tu l'as trouvé, ce sentiment de réjouissante étrangeté. La langue, les langues, tu les aimais car tu aimais les sons étrangers, musicienne que tu étais sans le savoir encore. Les langues et le langage n'ont rien à voir avec cela. 

La réjouissance, ce n'est pas la langue qui la procure. 

On peut se réjouir en n'importe quelle langue. 

En revanche, c'est le contexte culturel d'une langue qui affecte celle-ci, tout comme la langue peut donner une impression qui ne provient pas que d'elle, mais d'une multiplicité de facteurs langagiers et non-langagiers. 

Tu as aimé ce sentiment étrange et étranger à ton pays, ton éducation. 

Le Sentiment De Réjouissance

La réjouissance est tellement peu française que tu ressens comme un manque linguistique. 

Dire Je suis contente, Je suis ravie, je suis satisfaite te donne l'impression d'une perte de sens. Cette perte de sens provient de ta découverte de la réjouissante étrangeté de la langue étrangère, des langues, étrangères à ton nid de naissance. 

Ce n'est pas tant que la langue française ne puisse pas te permettre de dire Je suis heureuse ! Je suis heureux ! Je suis content, je suis contente que la manière dont l'incongruité du propos résonne aux oreilles françaises. Le sentiment n'est pas lié à la langue française, mais à la culture dans laquelle elle s'est développée et se développe en France, loin d'être le seul pays francophone au monde

Langues et cultures sont tellement imbriqués que l'on s'est habitués à tout mélanger, sans distinguer ce qui est possible ou impossible. 

N'importe quelle langue peut tout dire. Absolument tout. Quitte à faire un détour, faute de mot ou de tournure grammaticale adéquate. 

Seul le contexte culturel permet l'émergence ou l'étouffement d'une pensée qui sort de l'ordinaire, de la banalité du quotidien, de la banalité du langage commun.

C'est cette acceptation des pays anglo-saxons, bien davantage que leur langue, que tu as tant aimée.

Tu as aimé le calme germanique, la douce folie britannique et le fond de l'air américain, béatement positif, comme un air de liberté. 

Tu aimes la satisfaction, largement protestante - et juive aussi, d'ailleurs - de se dire que l'on est content de ce que l'on fait, de ce que l'on a fait, de ce que l'on fera, loin de la contrition forcée et de l'empêchement de jouir des jours, de jouir des nuits des catholiques romains et du fond culturel français.

Tu n'aimes pas le regarde forcé sur le Mal, sur le Passé, sur le Mal Que Tu Aurais Fait Dans Le Passé qu'impose la culture dont tu es issue et dans laquelle tu te sens bien aussi, parce que c'est aussi chez toi.

Mais, comme chez toi, tu peux aménager ce qui ne te plait pas, jeter ce qui ne te satisfait pas, réorganiser pour voir, regarder et profiter de ce que tu aimes bien.

Cette liberté-là, tu l'as gagnée en cessant de travailler à la transmission d'un idéal qui fut le tien pendant toute ta vie salariée au service des Petits et Grands Enfants de la République.

Tu aimes la satisfaction aussi de ne pas se plaindre tout le temps et d'apprécier ce qui est bien, ce qui vient, comme ça vient. 

Comme tout cela te manquait dans ton environnement francophone et français d'antan. 

Mais ce n'est pas le cas dans l'environnement familial actuel, celui que tu t'es construit, peu à peu, de jour en jour et de nuit en nuit. Quoique français, ton mari, ton ami, ton amant est toujours content.
Il se réjouit de ce qui est bien. 

Cela te fait tant de bien.

Sans y penser, tu sais que tu peux toujours retomber, bien trop facilement dans l'insatisfaction, par inadvertance. 

On ne change pas son environnement culturel en entier. 

Jamais. 

Il nous imprègne.

Alors, comme pour cultiver son amour comme on cultive son jardin, avec attention, patience et bel arrosage à profusion, tu cultives la satisfaction. Tu te désimprègnes des réflexes acquis non réfléchis, tu tentes de penser tes impensés, tu t'entraînes à de nouveaux réflexes, de nouvelles habitudes, de nouvelles attitudes. 

Ton monde s'en trouve changé, même si aux alentours, rien ne semble encore vouloir changer.

Alors, tu cultives, tu jardines, tu fais pousser de la satisfaction en jardinières, en pleine terre, et même en bouquets.

Ce n'est pas naturel ? 

Pas plus que de se plaindre à longueur de journée, de ressasser à s'en lasser.
Oui, c'est factice, ce n'est pas naturel. Et puis quoi, encore ? Ce ne serait pas bio ?
Mais, bien sûr que si !
Jamais rien vu qui ne soit aussi bio, aussi naturel, que se faire plaisir et irradier de bonheur, fabriqué, cultivé, patiemment, abondamment arrosé de rosée volontaire, recueillie comme une douce pluie.

C'est bien vrai qu'il y existe de la Satisfaction Naturelle. Comme les fleurs des champs, les petites Fleurs de Rien qui ne se cultivent et pas et apparaissent ici et là, au regard de qui veut bien les regarder.

Mais cela ne suffit pas.

La Satisfaction, c'est comme l'Amour, comme l'Amitié. Ça se cultive.

Il faut apprendre à se forcer, comme, enfant ou jeune adulte, on apprend à goûter de nouveaux plats, des goûts inconnus et même, à les aimer, parfois au prix d'un apprentissage pas du tout naturel. Il faut parfois se faire violence, violenter son confort et son envie de ne s'en tenir qu'à ce que l'on aime vraiment bien. Et combien de fois ne se rend-on pas compte que l'effort en valait la peine ? 

Camembert puant, âpre roquefort, cantal au goût de vache, à l'odeur doucereuse d'étable, acides citrons et amers chicons, premier sucré-salé soulevant le cœur, nous avons tous ces souvenirs de ces choses que nous avons apprises à aimer après avoir ressenti un premier réflexe de dégoût. 

La langue et la culture ne font pas exception à cette règle de L'Habitude Acquise. Il faut se forcer pour aimer. Puis cultiver ce et ceux que l'on aime.

Pour en garder le goût.

Saveur pérenne de la réjouissance cultivée.

Douceur de l'écriture facile.

Apprise.

Seconde nature.

Naturellement belle.

[Attention, fabriqué dans un environnement francophone français. Peut contenir quelques traces de masochisme et de colère rentrée. En cas d'allergie au bonheur, prévenir le Centre des Antis et des Poisons. Merci de lire les Conditions Générales d'Utilisation. La maison décline toute responsabilité en cas d'abus de bonheur altruiste involontaire.]

© Simone Rinzler | 9 mai 2016 - Tous droits réservés 

La Réjouissante Étrangeté De La Satisfaction Bienheureuse S'Épanouit Au Jardin d'Épicure Face À L'Atelier de L'Espère-Luette




mardi 3 mai 2016

34 #CPR Carnets de Petits Riens : Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé parfaitement résolu. Au Revoir, Les Petits Riens ! Je Vous Aimais Bien !

34 #CPR Carnets de Petits Riens : Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé parfaitement résolu. Au Revoir, Les Petits Riens ! Je Vous Aimais Bien !

Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! 

Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé assez long, relativement ennuyeux et proprement énervant parfaitement résolu. 

Au Revoir, Les Petits Riens ! 

Je Vous Aimais Bien !

J'ai joué avec vous, vous m'avez amusée, vous avez ému tant de lecteurs par votre jolie simplicité. 

Vous m'avez tenue éveillée, amusée, attendrie, alors que je devais attendre le retour programmé du bien-être habituel. À peine avais enfin dit au revoir à Ma Petite Dépression que vous êtes venus me tenir compagnie pour que je ne me retrouve pas seule lorsque j'étais seule ou lorsque, accompagnée, je ne pouvais Vraiment Rien Partager, faute de forces. 

Si je vous avais connus, autrefois, je me serais bien moins ennuyée, bien moins Secouée Pour Rien.

Les Petits Riens De La Patiente Devenue Patiente Laissent Passer L'Attente Avec Un Seul Projet vraiment Grand. Enfin, Juste Bien.

Juste Bien !

Comme dans L'Histoire De Boucles D'Or Et Des Trois Ours ?

Ah ! Mais, c'est que revoilà Boucles D'Argent, Et Ses Amies Le Petit Chaperon Rouge Et Noir Et Or et Alice Aux Pays des Vermeilles Dans La Grande Forêt Des AnHumaisn qui ne cessent de pointer leur nez...

Enfance, quand tu nous tiens.

Je me retire sur la pointe des pieds.

Tu sais quoi ? J'ai plein de choses à faire, et maintenant, je tiens bien debout !

Youpi !

- Bah ? Et Pouf, alors ? Et Églantine ? Et Noiraud ? 

Tu les as oubliés ?

- Que nenni !

J'ai vais aller les chercher pour la photo de fin.

C'est la fin.

Au revoir...

© Simone Rinzler | 3 avril 2016 - Tous droits réservés 

Ne Pleure Pas, Il Restera Encore Bien Des Petits Riens, Pour Trouver Le Juste Bien À L'Atelier De L'Espère-Luette