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samedi 30 avril 2016

33 #Carnet de Petits Riens : Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.


33 #Carnet de Petits Riens : Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.

Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.

C'est le retour de la force, du courage, et tiens-toi bien, oui !, même du ménage qui fait du bien.

Oh ! Pas Le Tout Petit Ménage de Rien. 

Le Petit Rien Du Petit Déclic Des Grandes Claques À La Paresse Des Corps Endormis, Atrophiés, Estropiés.

Un Tout Petit Rien et Une Grande Chaîne De Causalité. 

Le Retour Du Neuf, Du Propre, Le Retour Du Nouveau Du Renouveau.

C'est Quelques Petits Riens Par Jour, Un Peu Plus Chaque Jour, puis Le Retour De L'Envie, De L'Entreprise de Grands Travaux De Rénovation, Par Tous Petits Bouts, De Jour En Jour, De Rien en Un Peu Plus Que Rien, De Un Peu Plus Que Rien à Encore Une Peu Plus Que Rien.

Hier déjà, tout a commencé sans être prémédité.

Au moment de saisir une poignée mille fois agrippée, je ressens une sensation bizarre dans la main gauche. Comme une structure légèrement caoutchouteuse, quelque peu grumeleuse, comme un sorte de pâte collante un peu désagréable au toucher.

Misère et Castrafiore !

Mais c'est de la crasse...

De la vieille crasse incrustée, de cette crasse qu'on ne voit plus, tant elle vous appartient. Je tente de la nettoyer. La crasse se désincruste lentement. Il est temps de nettoyer du côté de ce placard-là.

Vite ! Vite ! 

Aller chercher tous les produits d'entretiens stockés dans le vieux cabinet du dehors.

Une aide inattendue. Chouette ! Immédiatement, toutes les poignées se dévissent. Toutes. Je n'ai plus qu'à briquer. Un nettoyage approprié à mon piètre corps aisément lassé de bien trop bouger. Plus aucun recoin inaccessible. 

Nettoyer. Nettoyer. Briquer. Faire briller. 

À la fin de la journée, les poignées en laiton remontées, les placards nettoyés en leur façade, la pièce semble rajeunir.

Moi aussi. Entre temps, courses de produits d'entretien. C'est Le Grand Ménage Qui Reprend. 

Toute la journée, je crains pour Mes Petits Riens. je n'ai plus le temps d'y penser. 

Je brique, je frotte, je me repose, je brique, je frotte, je me repose. Je brique, je me repose. Je me repose. Je me repose. Je re-frotte encore. Et devine quoi ?

Bref, le but, c'est de pouvoir se reposer et ne pas trop se fatiguer. J'ai encore le Pégase Ailé de la veille dans les pattes. Et pourtant, l'énergie est là, tout autant que l'envie. Mais le corps rechigne. Alors, je le trompe, un peu, beaucoup, à coups de Petits Riens De Repos. Un par un. Un placard après l'autre. Parfois, juste un demi. C'est le corps qui décide, mais la tête tient bon. 

Allez ! Allez !

Frotte encore Un Petit Rien. 

Ici ! 

Ici ! 

Et là !

Tout ne revient pas à l'état de neuf absolu. Le but n'est pas de passer de l'autre côté, du côté de la maniaquerie qui empêche de vivre.

Le plus gros est parti. Toute la crasse est partie. Tant pis pour ce qui a quelque peu teinté telle ou telle poignée. C'est de la tâche propre ! Ça fera rustique. Et ça tombe bien. 

J'arrête avant de me dire : « Ça craint ! ».

Nous avons nettoyé, emportés par un élan conjoint, heureux de briquer la maison familiale, pour les tous prochains visiteurs et surtout pour nous refaire un petit nid chaleureux où on peut s'asseoir sans risque de se cradouiller un peu plus que nous ne le sommes déjà quand nous sommes ici et là dans la gadoue du coin.

C'est la campagne, certes. Mais là, ça devenait franchement La Cour Des Miracles.

Profitant des courses consacrées aux produits d'entretien, détour de l'un, puis de l'autre chez le coiffeur du coin.

Là aussi, un petit coup de propre, un petit coup de jeune !

Anda !

On ne s'arrête plus.

Je te laisse. Je dois finir de nettoyer un vieux canapé moisi. Tu ne me croirais pas ! Il est bientôt comme neuf.

Fin de la pause de Rien.

Je retourne au turbin.

© Simone Rinzler | 30 avril 2016 - Tous droits réservés

Le Dépôt Des Années s'enlève En Un Rien À L'Atelier de L'Espère-Luette





jeudi 28 avril 2016

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. 

Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles. 

Les nuages, blancs, et gris et anthracites, même. Les innombrables fleurs bleues ou violettes qui tapissaient les bords de la route et même certains sous-bois. Les champs de colza jaune brillant dans le soleil du printemps. Les collines, les pentes dévalées, et plus souvent freinées jusqu'au bout du plastique des tampons de freins, les côtes montées avec aisance, puis à grand peine. 

L'arrivée dans un village au joli nom composé en bas d'une descente d'un côté et en haut d'une côte de l'autre, l'arrêt de l'assistance du Pégase Ailé, le retour vers le village à l'église toujours ouverte où je ne manque jamais de m'arrêter, quand le temps le permet, pour y vocaliser à mon aise, profitant de l'acoustique flatteuse. L'attente de la voiture venue me rechercher à l'église de ce beau village au carrefour de quatre ou cinq chemins, près d'un ancien maquis souterrain de la seconde guerre mondiale. 

Les petites fleurs blanches du bord des routes. 

Cette impression d'être en vacances alors même que je suis en vacances éternelles. 

L'émerveillement des fleurs bleues ou violettes au bord de la route, comme devant les premières agapanthes lors du premier voyage à Madère, en août 2011. 

La certitude que le bonheur peut être n'importe où. Les pensées en pédalant. La fierté d'y être allée une fois encore, malgré les courbatures aux cuisses de l'avant-veille et la fatigue de nuits plus écourtées récemment.

Que mettre en avant quand il y en a tant ?

La profusion du Petit Rien nuirait-elle à son chérissement est une question bien trop existentielle pour ces quelques lignes badines, tapées allongée, éreintée mais heureuse, régénérée et flottant sans rien pouvoir faire depuis le retour.

Ne rien faire. 

Être bien.

Ne plus chercher Le Petit Rien.

S'être donné le moyen d'avoir Un Luxe De Petits Riens.

Rester à ne Rien Faire. 

Sinon relever la vitre de l'insert, réchauffer ses cuisses à la flamme du foyer rougeoyant.

Jongler entre veille et pas vraiment sommeil, dans un doux entre-deux de bien-être indéfinissable.

Se souvenir qu'en pédalant, on imaginait, pédalée après pédalée, que raconter, quoi se souvenir et à l'arrivée, ne plus avoir Rien et s'en moquer comme de ses premières vieilles chaussettes jetées.

Mollassonner en attendant l'heure du repas, de la soupe réconfortante, en pensant à l'heure du coucher, de la détente totale, sans avoir Rien à faire.

Faire semblant de paniquer à l'idée de n'avoir Rien photographié quand on a choisi de ne pas s'arrêter en chemin pour ne pas briser l'instant présent, puis s'en moquer comme de sa première boule à neige.

Continuer à énumérer quand on ne souhaite plus que s'arrêter.

S'arrêter, parce que c'est bien, parce qu'on est bien, et que c'est comme cela Les Petits Riens.

Convoquer le présent, s'en délecter et laisser filer jusqu'à l'instant suivant.

Se repaître de la bonne fatigue physique qui guérit tout, sauf les genoux.

Tout cela, c'est bien.

Mais je ne suis plus tout à fait sûre que ce soient de Petits Riens. 

Demain, je le saurais bien.

Peut-être.

Nul ne sait.

© Simone Rinzler | 28 avril 2016 - Tous droits réservés 

Se Demander Si Trop De Petits Riens Tueraient-Ils Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette




31 #CPR Carnets de Petits Riens : Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

31 #CPR Carnets de Petits Riens : Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. 

J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. 

Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

J'avais commencé la journée en regardant Mon Petit Vase En Poterie Vernissée et je voyais mes petites violettes s'étioler. L'autre fleur, inconnue, s'était en revanche épanouie.

Puis, je n'y repensai plus.

Dans le courant de la journée, mon œil fut attiré par la belle lumière du jour alors que je bataillais avec de multiples problèmes informatiques dont aucun ne semblait avoir de solution sur l'instant. Le genre d'agacement que peuvent produire des dysfonctionnements de réseau et de branchements n'est pas propice à La Chasse Aux Petits Riens. Une sorte de contrôle lié à la logique nécessaire de la technique  perturbe l'état de détente nécessaire à la rencontre de ces Petits Riens Qui Me Vont Bien.

Il se mit à faire beau. Le ciel s'éclairait. Je me levai de ma chaise, pris un verre et allai à l'évier me servir un grand verre de l'eau fraîche du pays. 

Je découvris à nouveau Le Petit Vase Et Son Joli Bouquet Simple. 

La lumière était parfaite. Je cherchai le bon angle de prise de vue, travaillant en quelque sorte ce que je connaissais déjà en photographie et ce j'avais relu de la composition d'une image esthétique pour la préparation d'une scène à l'aquarelle.

Je pris une photo. 

Une seule. 

La bonne. 

Du premier coup, comme toujours autrefois pendant les quelques deux années où j'avais fait une photo sur téléphone par jour, retravaillée sur une application de photographie.

Je travaillai immédiatement le cliché numérique du Joli Petit Bouquet Tout Simple. La composition était bonne, quoiqu'un peu déséquilibrée. Je décidai, contre tout purisme photographique, de rogner la photo vers le haut afin d'obtenir un meilleur équilibre et de prévoir une mise en valeur optimale de la prise de vue vers la gauche de la fenêtre. 

Je choisis ensuite les réglages afin de modifier l'aspect d'origine du cliché. 

Les fleurs bleues et violette sont toujours plus difficile à traiter. 

L'optique de mon téléphone dénature la couleur réelle des fleurs bleues ou bleutées d'une manière assez peu satisfaisante. J'allais tirer la photo le plus possible vers le violet en ajoutant un peu de rose et un peu de chaleur pour adoucir le froid du carrelage.

Sans le savoir. Toujours le souvenir des mes jacinthes bleues achetées faute de jacinthes roses, il y a plus d'un mois, au tout début des Petits Riens.

Je fus satisfaite du résultat. Voilà longtemps que je ne m'étais pas remise à mon exercice de La Photo Du Jour et la décision d'assortir chacun de Mes Petits Riens d'une illustration (jamais appropriée et en général, bien trop banale) ne me satisfaisait pas depuis toutes ces dernières semaines. Mais ce qui n'est pas bien est déjà Quelque Chose et n'est pas Rien De Rien. 

Le Quelque Chose peut toujours être amélioré. 

Le Rien Du Tout, jamais.

Je fus contente d'avoir enfin la photo en avance. Une photo qui commence enfin à me plaire. Pour accompagner Mes Petits Riens.

Mais, hasard ou nécessité ?, je ne saurais dire, le changement dans l'ordre des choses bloqua la composition Du Petit Rien Du Jour. 

Peut-être devrais-je me résoudre à ce qu'il n'y en ait pas aujourd'hui. 

Après tout, compte tenu de ce que j'avais écrit la veille, il n'était pas bien grave de ne pas écrire aujourd'hui.

Mais j'avais hâte de poster dès ce jour cette photo composée qui enfin me satisfaisait.

Je continuai malgré tout à penser à Mes Petits Riens Indistincts toute la journée, quand je n'avais pas l'esprit occupé par quelque autre tâche nécessitant mon attention. 

J'avais des légumes à éplucher. La tâche ne m'amusait pas. J'en profitai pour écouter la bande son d'une série américaine medicale mille fois repassée à la télé pour le plaisir d'entendre parler anglais. 

Impossible dès lors de réfléchir aux Petits Riens. J'écoutais distraitement, mais j'écoutais quand même. Je reste habituellement dans le silence quand je suis seule dans la journée, sauf les jours où je décide d'écouter de la musique, ce qui n'est plus très fréquent à nouveau depuis quelques mois. J'ai été bien trop occupée à chanter moi-même pour de bon ou à faire de jeux de rythmes.

J'ai fini par aimer le silence que je n'aimais pas autrefois. On s'entend penser. On s'entend écrire. On se repose d'une vie de labeur, qui plus est consacrée au langage, à la phonation et au chant.

J'avais donc trouvé l'activité silencieuse dont j'avais besoin pour chasser une contrariété qui me tenait encore le cerveau en vilaine ébullition.

Photo ce fut. Écriture ce ne fut pas.

L'inversion de l'ordre de ce qui était devenu un rituel, une sorte de routine quotidienne, une hygiène créative légère, sans prise de tête, avait bousculé le processus d'écriture tel que j'aimais le pratiquer.

J'avais bien pensé à anthropomorphiser à nouveau Mes Petits Riens, mais une bulle de chagrin dans la poitrine gênait la création mentale préparatoire en amont de la prise du clavier. 

Il aurait été question de vieilles chaussettes abandonnées, transformées en marionnettes, rigolotes mais le cœur n'y était pas. 

Ou de pédalage dans les sous-bois sous une pluie de grêlons sous un dôme de verre ou de plastique translucide, comme la boule à paillettes de l'autre fois. 

Mais, là encore, la légèreté n'était pas là. 

Je ne parvenais pas à la convoquer. 

Elle résistait. 

En revanche, l'avance technique de l'ancienne routine photographique faisait l'affaire. De toute la journée, sans compter de bonnes nouvelles personnelles et la réception de photos et de vidéos magnifiques tant attendues, le reste ne relevait en rien du Petit Rien. 

Sauf La Photo Du Bouquet Tout Joli De La Fée Discrète Et Tendre De La Veille.

Pas de Petit Rien qui veuille se laisser inventer.

Plaisir d'une photo enfin réussie.

Mais ! Mais ! Le voilà, Ton Petit Rien !

Photo ce fut.

Photo serait Le Petit Rien.

Et ce serait bien.



Pour demain, on verrait bien.

Il est déjà vie tard et je suis déjà demain. 

Vite, vite ! Terminer !

Puis lire un peu.

Éteindre.

Dormir.

Je crois que Pégase m'attend demain.

Il faut que je sois en forme maintenant que j'ai récupéré de l'énergie (et pas seulement dans la batterie de Mon Pégase).

© Simone Rinzler | 27-28 avril 2016 - Tous droits réservés

La Photo S'Invite dans Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette


mardi 26 avril 2016

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait comme il le fallait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien. 

Mais un manuel d'apprentissage pratique ne se lit pas comme un roman.

Mes manuels de dessin, de peinture, d'aquarelle, de perspective sont presque tous en anglais ou en néerlandais. Cela me permettait d'apprendre une langue nouvelle ou de connaître d'autres termes d'une langue bien connue en apprenant une technique qui me fascinait depuis toujours. L'anglais, je sais que je ne maîtrise pas trop mal... C'était ma spécialité.

Mais, je ne sais pas peindre en anglais (Pas plus qu accoucher, d'ailleurs) !

Et encore moins en néerlandais...

J'ai donc relu, une nouvelle fois encore, quelques pages supplémentaires de la petite méthode en anglais, mais pour la première fois, je la relisais après avoir pratiqué tout ce que j'avais déjà lu auparavant, plusieurs fois, dans l'intention de my mettre. Un jour.

Je me disais toujours que je me mettrais à la peinture, à la couleur, quand j'aurais du temps.

Vraiment du temps.

Ce temps est venu.

J'ai fait le choix de ne pas être une retraitée toujours affairée. 

Quitte à m'ennuyer, tourner un peu en rond, je préfère conserver des plages de liberté, de créativité, de pensée, et pour tout dire, de repos de ma vie bien trop active.

N'en déplaise à ceux qui pensent qu'on ne change jamais, on change. 

On peut changer. 

À condition de prendre le temps, le loisir et d'avoir l'envie profonde de changer quelque chose qui nous a fait parfois bien trop souffrir jusqu'au délire (symbolique, quand même ! Je crois bien être malgré tout toujours restée suffisamment sur terre, même si parfois j'ai eu peur que la folie m'approche quand tout paraissait sans espoir). 

On peut aussi tenter de ne pas tenter le Diable, même si l'on sait que celui-ci n'existe pas. 

Et éviter les retours de balancier en passant de Trop De Tout à Trop De Rien.

Mon erreur était de vouloir Trop de Tout et je ne voulais nullement avoir Trop de Rien. 

Je savais que c'était le même problème inversé.

Il me fallait retrouver l'équilibre de De Tout, Un Peu.

Le Miracle Des Petits Riens Littéraires, c'est que de Rien En Rien, On Parvient à Un Petit Tout De Tous Petits Riens. 

Ce n'est pas le plat principal de la vie. C'est ce qui lui donne goût. Ce qui la rend vivable, agréable, enviable.

Au bout de combien de temps Une Quête Des Petits Riens devient-elle une seconde nature ?

Point trop ne sais.

J'observe. J'agis. Je fais. J'écris. 

Je suis bien.

Parfois, la panique m'a un peu attrapée :

« Et si je ne trouvais Plus Rien ? »

Souvent, j'ai su maîtriser mon envie d'en écrire et d'en poster plus d'un le même jour.

Cette fois, contrairement à mon habitude, je n'avais pas fait de provisions pour l'hiver.

Il m'en a parfois manqué quelques-uns, soit parce que je n'en trouvais pas, que Rien Ne Relevait Du Petit Rien soit parce que j'étais occupée à Bien Plus Gros Qu'Un Petit Rien et qu'il ne fallait pas s'ôter ce plaisir, ou que, si c'était Un Petit Gros Problème, Il Fallait Y Mettre Les Moyens Et  S'Y Atteler Sans Regimber.

Je ne suis pas morte de L'Absence De Petits Riens, ni de La Profusion Inédite Et Inéditée De Trop De Petits Riens.

J'ai maintenu le cap des Petits Riens.

Les cinq semaines nécessaires au rééquilibrage de l'hormone qui déconne, Simone, sont passées presque comme une lettre à la Poste, sauf que je suis plus souvent qu'à mon tour du genre à laisser le courrier terrestre en Poche Restante. 

J'ai donc encore traîné quelques jours avec ces Petits Riens Littéraires Légers Comme Des Bulles De Patience, le temps que la vilaine attaque anti-thyroïdienne soit enfin sous contrôle. 

Quand les hormones sont contrôlées, vérifiées, équilibrées, Plus Rien n'est un problème.

Je peux à nouveau me lever, bouger, vaquer à mon gré.

Ce matin, avant de partir, Une Discrète Fée Attentionnée avait déposé deux fleurs de couleur violette différentes, dont une toute petite violette que je ne découvris qu'en m'approchant, dans Un De Mes Petits Vases En Poterie Vernissée sur le rebord de la fenêtre, face à l'évier. 

En sirotant mon café, je cherchais des yeux Mes Petites Poteries Vernissées en train de sécher sur la paillasse de l'évier. 

Elles n'y étaient plus.

Elles étaient arrivées toutes seules sur le rebord encore vide de la cheminée.

Douce Fée. 

Si Tendre. Si Attentionnée. Si Discrète.

Elle m'a gâtée à point nommé.

Nous nous apprêtions à passer un après-midi au goût mitigé. Le ciel, du. Coup s'est illuminé. Il faisait beau, malgré Les oracles Du Temps Qu'Il Fait.

Vite ! Vite !

Se préparer !

Sortir !

Pédaler !

Avant l'arrivée de la suite prévisible...

Je viens de faire un tour sur Mon Pégase Mobile Avec Mon Prince Des Démonts Et Des Émerveilles, sous la grêle. Je n'avais jamais pédalé sous les grains de glace. Nous étions chaudement habillés. Nous avons pédalé, pédalé, avancé, avancé, vu des centaines de points de vue qui se prêteraient bien à une petite ou une grande aquarelle.

Des champs aux fleurs blanches (apprendre à ne pas trop colorer, laisser du blanc pour respirer) ! 

Des nuages blancs énormes sur un beau ciel bleu d'un côté.

De l'autre, un ciel si tourmenté que tout le noir et l'anthracite de mes godets y passeraient si je me plaisais à les décliner, les délaver, puis les foncer de plus en plus.

Des chaumieres aux toits pleins de grêle encore fraîche sur les côtés ombragés.

Une route dans la petite forêt clairsemée, bordée de grêle, glissante comme une piste de ski, en son milieu fondant.

Des myriades de fleurs violette - campanules ou jacinthes des bois ou autres, je ne sais -  jaunes et blanches, toutes au nom inconnu, des fleurs humbles jamais étiquetées nulle part, désertées des fleuristes et Du Grand Marché De La Nature.

Aucune ne fut cueillie. 

Ce n'était pas le moment.

Un seule chose à la fois, le plaisir de l'instant.

Puis soudain, ta voix qui s'élève, à l'insu de ton plein gré (ça, c'est à coup sûr l'effet cycliste petit-guignolesque !).

Sans savoir pourquoi, les notes s'égrènent. Tu n'avais pas prévu de chanter. Le chant est venu à tes lèvres. Les notes se sont précisées.

Puis comme toujours, les paroles sont venues en dernier :

« ..... marchand de bonheur... le marchand de bonheur.... Je suis le vagabond, le marchand de bonheur !  »

Sans prévenir, une apparition sonore, à tue-tête, Les Compagnons de la Chanson.

Puis, inseparable, Piaf dans ta tête, en silence.

L'enfance qui revient en silence par les paroles :

« ...... une cloche sonne, sonne...... Jean-Francois Nicot...... »

Ça ne chante plus.  Les mots reviennent, sans chanter, pas même dans ta tête. Le chante d'arrêt pour laisser place à la pensée.

Tu penses.Tu réfléchis au retour inopiné de l'enfance, un bonheur oublié, saccagé, dont presque tout, jusqu'au souvenir même, t'avait échappé, et qui te revient, Petit Rien Par Petit Rien.

Tu raccommodes ton passé dans l'instant présent. 

Tu en es toute étonnée.

Tu es rentrée. Tu te réchauffe à la cheminée.

Tu es bien.

Malgré.

De Bon Gré.

© Simone Rinzler | 26 avril 2016 - Tous droits réservés 

La Présence Au Présent Attise Le Bonheur Du Passé Oublié À L'Atelier de L'Espère-Luette







29 #CPR Carnets de Petits Riens : En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

29 #CPR Carnets de Petits Riens : En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime habituel de cet endroit très rustique. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. 

C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

On a bien raison de dire qu'il faut changer ses habitudes, son environnement. La légèreté qui s'en dégage est assez étonnante. 

Je n'aime ni jeter, ni trier. Ce retour sur le passé semble toujours gêner la progression vers l'avenir. Mais il arrive un moment où il faut passer à l'action. Vider, ranger, nettoyer, passer l'aspirateur, même !

Aie ! Ouille !
Quelle horreur !
Les mains dans la poussière toute la journée.

Toute la journée ?

Voyons, voyons ! Tu exagères encore, toi !... À moi, on ne l'a fait pas. Puisque Toi, c'est Moi !

Non, pas toute la journée, voyons, mais tu vois, pour moi, ça me paraît une éternité dès qu'il faut ranger, laver, nettoyer. Comme je déteste cela !

Et pourtant, ce fut l'occasion de récupérer la liberté d'un espace rangé, clair, agréable, joliment décoré, nettement moins rustique, certes, mais bien plus agréable.

Qui sait ?

Ces changements ont peut-être été à l'origine de l'avancée vers la couleur transparente de l'aquarelle, si longtemps reportée que moi-même, je ne croyais plus qu'un jour je me lancerai à y aller.

Cela faisait si longtemps pourtant, que je disais que j'avais envie de faire moi aussi des  « croûtes » et de les exposer chez moi, comme tous ceux qui peignent et dessinent et accrochent d'infâmes tableaux de fleurs, de paysages et de chaumieres perdues au fin fond de la campagne, forcément verdoyantes.

Voilà, j'ai saute le pas des Petits Riens Colorés.

Certes, j'ai travaillé sans modèle, sinon le souvenir d'une photo un peu ratée prise au détour d'un chemin alors que j'avais perdu mes compagnons d'équipée sauvage à vélo pour cause de motorisation de Mon Pégase vélocipédique grimpeur de côtes.

Cette photo n'était pas mal cadrée, mais le ciel en était désespérément gris étal. Pas même un relief argenté. Alors, de retour à la masure modernisée d'année en année, et après m'être reposée de ce pédalage effectif malgré l'assistance, une fois la caverne rangée, décorée, modernisée, les invités, amis et petits-enfants et enfants d'ami repartis, j'ai profité de mon premier jour de liberté pour colorier le monde trop gris, me faire Un Petit Rien De Ciel Rosé, Orangé, Bleuisé, Aquarellisé, Ma Première Croûte D'Aquarelle.

Et là, quel bonheur !

Un Petit Rien n'arrivant jamais seul quand tu forces le destin, je me suis même décidée à tenter de ne travailler qu'un fond d'aquarelle pour comprendre comment le pigment se dilue, se mélange, se foncé ou s'éclaircit. Ce fut mon deuxième essai, abstrait, donc sans aucune faute de composition du paysage, puisqu'il n'y en avait pas.

Après un instant d'hésitation, un petit déca de réflexion, le pli était pris. Je n'allais pas m'arrêter là. J'avais encore Un Autre Petit Rien D'Aquarelle À Tenter. Plus simple. Juste une maison, quelques pins et buissons, un ou deux massifs de fleurs ou de graminées, et surtout le travail de l'ombre, des couleurs de la maison et de son toit.

J'en étais déjà à mon Troisième Petit Rien De La Journée. C'était Bien Plus Que Rien. Une activité calme, tranquille, sans langage, une activité vraiment reposante, de la détente sans contrainte autre que technique ou plutôt, d'absence de révision de la technique.

Aujourd'hui, pas de peinture. Nouvelle arrivée. La maison est rarement longtemps vide.

Mais après avoir fait découvrir les magnifiques changements à nos visiteuses, je suis remontée dans notre chambre pour y rechercher quelques minuscules vases en poterie. Des Vases À Petits Bouquets De Rien.

La semaine dernière, dans un coin sombre de la forêt avoisinant le village où nous avons fait une pause pour le goûter, nous avons découvert des tapis de violettes.

Depuis l'épisode des jacinthes roses, je rêvais de me faire, comme autrefois, Un Très Joli Petit Bouquet Rond De Violettes et un Tout Petit Bouquet De Coucous. Mais, dans le pré à côté, il n'y avait que quelques pales violettes d'un bleu délavé et trop eu de coucous pour ne pas appauvrir le paysage de mon réveil.

Pou pouvoir aller cueillir ces violettes et faites ces bouquets, en y ajoutant aussi un bouquet de pâquerettes jolies, il me fallait ressortir mes minuscules vases en poterie vernissée.

Le Petit Rien Du Jour, mais, ça a été le lavage de ces vaselets pour tous petits bouquets, bien sûr.

La cueillette des violettes attendra l'occasion qui se présentera.

Dès demain, Mes Toutes Petites Poteries trôneront sur la cheminée.

Et ce sera bien.

© Simone Rinzler | 26 avril 2016 - Tous droits réservés 

C'est dans les Toutes Petites Poteries De Rien Que Se Font Les Jolis Bouquets de Petites Fleurs Toutes Simples À L'Atelier de L'Espère-Luette


vendredi 22 avril 2016

28 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce Tout Petit Rien est Tout Petit Petit. Mais c'est Un Tout Petit Rien Avide De Tout. Il dit toujours « Encore ! Encore ! ». Il ne se lasse jamais de rien.

28 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce Tout Petit Rien est Tout Petit Petit. Mais c'est Un Tout Petit Rien Avide De Tout. Il dit toujours « Encore ! Encore ! ». Il ne se lasse jamais de rien.


Ce Tout Petit Rien est Tout Petit Petit. Mais c'est Un Tout Petit Rien Avide De Tout. Il dit toujours « Encore ! Encore ! ». Il ne se lasse jamais de rien.

Toujours joyeux, toujours heureux, il est avide, curieux, frénétique même. Tout l'intéresse, tout le met en joie. Il est curieux de la vie, si « Toujours prêt ! » qu'il aurait pu être une mascotte de scouts, autrefois. 

Gai, enjoué, curieux, il traverse ton espace et te donne la pêche à chacun de ses passages dans ton horizon. 

Il s'étonne, s'émerveille, transforme tout en merveille. 

À lui tout seul, c'est une vraie merveille des merveilles.

Mais ne me demande pas pas ce qu'est Ce Petit Rien Tout Curieux, Tout Avide. C'est le mien, peut-être pas le tien. Et puis, tu sais, j'ai perdu avant-hier Ce Petit, Petit Rien Tout Avide. Il ne m'en reste plus que le souvenir, un souvenir joyeux, avide, riant. Mais je n'ai plus de trace. Il ne reste plus que dans mon souvenir. Et tu sais bien combien j'aime continuer à toujours aller de l'avant, quelles que soient les circonstances.

Je ne peux donc plus te décrire parfaitement Mon Tout Petit Petit Rien, Toujours Joyeux, Toujours Avide, Parfois Tellement Frénétique Qu'On Se Demande Si On Pourra Le Suivre, Tellement Il Est Gourmand De La Vie, Irrésistiblement Curieux.

Et puis, tu sais, nous n'avons pas tous les mêmes Petits Riens.

Un Petit Rien, c'est quelque chose de très personnel.

Ça peut se partager, mais tu sauras trouver le tien si tu cherches celui qui te correspond bien.

Et ne crois pas qu'on aime les mêmes Petits Riens toute sa vie. 

Oh ! Que Nenni !

Nos Petits Riens dependent de de que nous vivons et de ce que nous aimons à un moment donné de notre vie. Mes Petits Riens D'Enfant ne sont pas les mêmes que Mes Petits Riens D'Adulte, ni ceux de mon Tout Petit Petit Début De Grand Âge (Je ne suis n core qu'un bébé vieux, voyons !). 

La vie est si longue qu'on a bien le temps de profiter de Tous Petits Riens Variés et Complètement Différents, Parfois Même Opposés.

Mais pour cela, bien sûr, tu le sais bien, cela ne peut se faire que si on est comme Mon Petit Rien Du Moment, Curieux, Enjoué, Avide. Frénétique devant chaque découverte, criant « Encore ! Encore ! Encore ! ».

Hélas, tu sais ce qui est arrivé à Mon Petit Rien Tout Petit Petit, Avide De Tout ? Je sais que tu sais, mais il faut que je te le dise...

J'ai bien failli en crever de rage contenue. Tu sais quoi ?

Oui. Je sais que je te l'ai déjà dit.

Mais il faut que je parle de ce Très Grand Chagrin De La Perte D'Un Tout Petit Petit Rien Chéri.

Je l'ai perdu. 

Irrémédiablement perdu. 

Je l'avais créé de toutes pièces, inventé d'un coup d'un seul, tout d'un pièce, dans la frénésie de l'écriture. Mais j'écrivais semi-allongée, les jambes repliées, et lorsque je me suis penchée vers l'avant, la tablette est tombée sur Mon Petit Gros Ventre Moyen De Jeune Vieille Dame, et quand je l'ai relevée, Mon Petit Rien Tout Frénétique s'était effacé. 

Il n'était plus là. 

Pffuit ! 

Fini ! 

Parti dans les limbes de la Pomme. 

Fucking Pomme !

Quelle déception ! Quelle tristesse ! J'ai mis deux jours à pouvoir m'y remettre.

Tu sais, celui-ci n'est qu'un pâle reflet du Premier Tout Petit Petit Rien Tout Avide. Heureusement que Ces Petits Riens Ne Sont Pas Des Enfants, même si parfois, ils ressemblent furieusement à des enfants, grands ou petits, par leurs comportements. 

Un Petit Rien De Remplacement, ce n'est pas aussi bien que Le Tout Petit Petit Rien Perdu. Mais moi, je sais bien qu'il y aura encore plein de Tous Petits Petits Riens.

Mon avidité y veille.

Le Nouveau Petit Rien Du Jour N'Aura Pas Besoin De S'Allonger Vingt-Trois Ans Sur Un Divan. 

Finalement, c'est cool d'être La Maman De Petits Riens. C'est une responsabilité très limitée. Si tu en rates un ou que tu en perds un, il n'y a finalement Rien De Bien Grave, Et C'Est Tant Mieux !, comme disait la vieille pub !... Car jamais, jamais Un Petit Rien Ne Se Vexe De Ce Que Lui Fait Faire Sa Maman De Papier.

Alors, la joie au cœur, j'ai pu passer à la confection d'Un Tout Nouveau Petit Rien Bien, Bien Intimidant...

Tu sais quoi ?

Aujourd'hui, j'ai enfin ouvert ma boîte d'aquarelle que je gardais neuve depuis des années, de peur de gâcher les couleurs par des tâtonnements douteux de débutante.

C'est très difficile, quand tu as été habituée à faire beaucoup de chose avec beaucoup d'énergie, d'engagement et donc de réussite, de se retrouver dans la position de l'apprenti, dans l'enfance d'un l'art que tu n'as encore jamais pratiqué, sauf peut-être quelques après-midi dans l'enfance.

Alors, oui, bon, bref, Le Petit Rien Du Jour Qui A Remplacé Le Tout Petit Petit Rien Avide n'est pas une œuvre d'art, mais pour une première aquarelle d'adulte qui ne dessine pas hbituellement, ce n'est quand même Pas Rien. Je trouverais même que ce serait plutôt bien.

Surtout toute la partie gauche. 

J'ai toujours un peu de mal à remplir la partie droite quand je tente de dessiner en couleur avec des carrés de pastel. Et avec ce qui correspond au sol de premier plan. Chez Moi, Le Petit Rien Coloré Préfère Les Horizons Lointains. 

Espèce de rêveuse, va !

Toujours à regarder au loin.

Pour avancer loin.

Alors, certes, il me faudra encore apprendre à alléger la couleur, préserver Le Tout Petit Rien De Blanc Et de Transparence qui suggère sans appuyer, apprendre à dessiner une ébauche un peu plus construite avant de colorer, mais tout de même, c'est bien, ce nouvel essai de Petit Rien, Ce Tout Petit Début De Rien D'Aquarelle Sur Un Tout Petit Format (ce qui n'est certainement pas le plus facile pour commencer et éprouver la liberté du papier blanc). 

Et grâce à Ce Nouveau Petit Rien, j'ai retrouvé les mots pour retourner aux Petits Riens, malgré La Tragique Perte Accidentelle.

La vie est en couleurs, sur le papier. En levant les yeux dans le jour fort de la campagne, je découvre de terribles nuages : beau modèle pour un dégradé de ciel gris.

Mais aujourd'hui, j'avais la tête ailleurs que dans le vrai ciel. Mon ciel de papier est tout ensoleillé, et c'est bien.

© Simone Rinzler | 22-24 avril 2016 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens Réchauffent Le Cœur et me rosissent les joues de bonheur À L'Atelier de L'Espère-Luette


jeudi 21 avril 2016

27 #CPR Carnets de Petits Riens : À peine le réveil avait-il sonné que Les Petits Riens commencèrent à se chiffonner. Doucement d'abord. Comme une petite hygiène du matin pour vérifier qu'on est bien réveillé et bien en vie.

27 #CPR Carnets de Petits Riens : À peine le réveil avait-il sonné que Mes Petits Riens commencèrent à se chiffonner. Doucement d'abord. Comme une petite hygiène du matin pour vérifier qu'on est bien réveillé et bien en vie.

À peine le réveil avait-il sonné que Mes Petits Riens commencèrent à se chiffonner. 

Doucement d'abord. Comme une petite hygiène du matin pour vérifier qu'on est bien réveillé et bien en vie. Puis un peu plus ardemment.  Et enfin, franchement violemment.

Ça criait, ca brûlait, ça se tirait les cheveux, ça se pinçait, et même, je l'ai bien entendu une fois au moins ça commençait à s'insulter. L'orage des Petits Riens étaient en train de se lever. Ce n'est pas si souvent, mais quand ça frappe, c'est comme l'éclair, la foudre se prépare à tomber.

Il y avait de la jalousie dans l'air et il me fallait intervenir. Or, je n'en avais pas envie. Je ne voulais pas gronder, tancer, me courroucer. J'étais la tête dans Un De Mes Nouveaux Petits Riens Matinaux et Rien, non, Rien ne pourrait m'en faire sortir. Mais il fallait interrompre ce fracas qui allait dégénérant.

On ne s'entendait plus et ce n'est pas comme cela que j'allais pouvoir continuer à écouter les oiseaux chanter et à distinguer leurs lignes mélodiques et leurs rythmes propres. C'était une vraie symphonie des oiseaux, mais voilà-t'y pas que Les Chamailleries De Jalousie De Mes Petits Riens commençaient à me brouiller l'écoute attentive du chant des oiseaux revenus peu en nos champs si r nos arbres et nos toits.

Il fallait la jouer fine. 

Intervenir, certes, mais sans se mêler à la dispute n'est pas toujours la chose la plus aisée à effectuer. 

Il est hors de question de donner raison à l'un sur l'autre, sinon, tu n'en as jamais fini et il y en a toujours un qui boude.

Prenant ma patience a deux mains, je me mis à faire diversion. 

Je cessai d'écouter les pépiements et roucoulades inconnues pour me mettre à regarder fixement une touffe de fleurs inconnues au bord de la mare. Comme je m'installai comme pour m'émerveiller d'une merveille des merveilles, ils sont tous arrivés, un à un, pour regarder ce que j'observais avec tant d'attention (et, il faut bien le dire, de discrète ostentation...).

Puis, l'un d'entre eux m'a dit : « Mais qu'est-ce que tu fais ? »

J'ai répondu, tout doucement, sans presque faire de bruit : « Chuuuuut ! », en ne prononçant même pas la voyelle allongée. Ce ne fut qu'un léger souffle.

Il se sont mis un à un accroupis, à côté de moi. Il y en a même un qui s'est allongé sur moi et l'autre, à même la terre, malgré la fraîcheur d'avril.

On regardait, tous ensemble. Concentrés. Attentionnés. 

Ils ne savaient pas quoi regarder et cherchaient, cherchaient, cherchaient. Plus aucun ne songeait à chicaner qui que ce soit. 

Quand ils se mettaient à se poser des questions, je leur faisait signe de se taire avec de grands gestes lents de la main, parfois, même des deux mains. 

J'orchestrais le silence de ma gestuelle tacite, taiseuse, silencieuse.

Au bout d'un moment, l'un d'eux me demanda :

« Mais enfin, qu'est-ce qu'on fait là ! Il n'y a rien ! Moi, j'en ai assez ! Je m'ennuie, là ! Il n'y a rien à regarder ! »

Alors, sans que j'aie besoin de Rien ajouter, tous les autres Petits Riens Rieurs Et Le Sourire Au Coin De L'Œil, se mirent à s'écrier :

- Quoi ? Tu ne vois Rien !!!!

- Tu n'as pas dû bien regarder !

- C'est peut-être que tu n'as pas regardé au bon endroit ! Tiens ! Viens voir là ! C'est là !

- Oui ! oui ! C'est là !

- Viens ! 

- Viens !

- Oui ! Viens ! 

Et moi, pend ta ce temps-là, je regardais Tous Mes Petits Riens Rabibochés, Désenjalousés, dans le silence des cris, au son des rythmes mélodieux des oiseaux du coin.

Ils se retournèrent vers moi et me dirent :

« Oh ! La Chance ! Tu as vu ! On regarde tous le silence. »

Je n'ai Rien dit, mais j'ai souri. 

C'est que...

Hé ! Hééé !

Ça marche bien, Les Exercices De L'Atelier Des Petits Riens.

© Simone Rinzler | 21 avril 2016 - Tous droits réservés.

On Regarde Le Silence À L'Atelier de L'Espère-Luette




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mercredi 20 avril 2016

26 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais, je sens le vent avec mes narines et mes oreilles. - Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! - Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens

26 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais, je sens le vent avec mes narines et mes oreilles. - Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! - Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens

Tu sais, je sens le vent avec mon nez et mes oreilles. 

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! 

- Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens !

Tiens, l'autre jour, sur mon vélo, j'ai senti le vent avec la peau de mon visage, oui, bien sûr. Mais je l'ai senti aussi parce qu'il m'apportait des senteurs de miel et de colza. Et selon la force ou la direction du vent, je sens plus ou moins fort la bonne odeur de miel à tartiner ou l'affreuse odeur envahissante du champ de colza.

Lorsque je revenais de la ferme fortifiée, au retour, mes narines avaient déjà senti le colza quelques temps avant, s'étaient enivrées de son odeur prégnante. Puis, je m'étais éloignée et je n'avais plus rien senti. 

Mais lorsque j'ai longé à nouveau l'étendue jaune du champ de colza, je n'ai même pas eu besoin de fermer les yeux pour avoir le sentiment que je me régalais de tartines de beau miel jaune pâle et crémeux. 

Parfaitement ! 

Tout le temps où j'ai longé à nouveau le champ, j'ai prétendu manger ces délicieuses tartines miellées. Mon nez trompait mes papilles. Il s'imaginait que mes lèvres étaient prêtes à engouffrer le bon pain grillé largement tartiné du bon jus de l'abeille.

Alors, oui, je sens le vent avec mon nez, et ça, si ce n'est pas Un Petit Rien, je me demande bien qu'est-ce que ça pourrait bien être d'autre !

Mais, tu sais, le vent, je le sens aussi avec mes oreilles. 

Attends !

Je vais te raconter. Ça, c'était Mon Petit Rien Marin Du Jour.

Alors, voilà. J'attendais dans la voiture sur un parking de la mini rocade de la ville près de laquelle nous séjournons. J'avais laissé ma fenêtre ouverte et le paysage était loin d'être magnifique. Sur ces rocades autour des centres de villes, les bâtiments ne sont pas très propices à la rêverie. Ce sont d'affreux bâtiments de ferraille ou de béton, bordés de parkings bitumés. 

Tu pourrais croire qu'il n'y a rien là qui éveille Le Petit Rien.

Eh bien, figure-toi que j'ai eu Un Magnifique Petit Rien Du Vent. Je ne pensais à rien de précis, mais peu à peu, mon ouïe fut attirée par autre chose que le bruit des véhicules qui passaient presque sans cesse. 

Mais il y avait du vent, un peu de vent, un peu, beaucoup de vent, juste assez de vent pour attirer mon attention.

Il y avait un petit bruit irrégulier, un peu métallique qui me rappelait quelque chose. 

Je ne savais pas de quoi il s'agissait. J'ai tourné les yeux vers l'origine de ce bruit qui ne m'était pas inconnu, sans toujours trouver ce qui venait de s'imposer à mon esprit.

Et là, tout à coup, je me suis retrouvée au bord de la mer, alors même que j'étais au bord de la petite ville en pleine campagne verdoyante de la Région Centre, non loin de la Normandie ! 

J'ai levé les yeux.

Et là...

J'ai vu des mâts, des drapeaux et des filins qui faisaient claquer les drapeaux sur le parking de l'autre côté de la route. J'avais étais éveillée dans mon attente par les bruits d'un port fantôme, d'un port inexistant.

En pleine petite zone industrielle, malgré l'absence du cri des mouettes et la présence des voitures incessantes, un petit port de mer est venu choquer à mes oreilles.

Tu sais quoi ? C'était la concession Peugeot de la ville avec ses mats et ses drapeaux bleus et argent.

Le Petit Rien Marin était bien là, malgré les arbres, les tracteurs, les camionnettes, les remorques et les tracteurs du parking où j'étais garée.

Même les yeux grands ouverts, l'effet mer restait présent, durablement. 

Et voilà la découverte du jour. Le vent dans les mats, c'est un souvenir des oreilles. Il peut se réveiller n'importe où. 

Pourvu que tu saches attendre, sans rien faire, sans réfléchir.

Aujourd'hui, j'ai fait un petit tour au bord de la mer, en plein milieu du Pays Percheron.

© Simone Rinzler | 20 avril 2016 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens Gourmands Et Maritimes Se Pavanent À L'Atelier de L'Espère-Luette




mardi 19 avril 2016

25 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu ne devineras jamais ce qu'ont été jusqu'à ce moment Mes Petits Riens Du Jour. Il faut d'abord que je remonte à hier. Tu vas voir.

25 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu ne devineras jamais ce qu'ont été jusqu'à ce moment Mes Petits Riens Du Jour. Il faut d'abord que je remonte à hier. Tu vas voir.

Tu ne devineras jamais ce qu'ont été jusqu'à ce moment Mes Petits Riens Du Jour. Il faut d'abord que je remonte à hier. Tu vas voir.

Alors, d'abord, hier a été Une Grande Journée. J'ai enfin pu me remettre le pied au pédalier. J'ai choisi une promenade très courte, pour ne pas avoir à le regretter trop longtemps. Plus d'un mois couchée et fatiguée, ça se fête comme Un Rien, mais Il Ne Faut Pas Trop Pousser. La griserie du plaisir de se remettre en selle, c'est la griserie du vent sur ton visage, de l'air qui fouette ton corps grâce à l'aide de la vitesse. 

Hors voiture, la vitesse est vent. 

Et tu sais comme j'aime Le Petit Vent. Comme j'essayais de pédaler lentement et très régulièrement pour ne pas épuiser Les Petite Forces Revenues, ce n'était qu'Un Assez Petit Vent. 

Bien sûr, comme la bicyclette est à assistance électrique pour que je puisse suivre le rythme des autres quand on pédale ensemble, il y a davantage de vent, et aussi l'obligation de maîtriser La Petite Technique Pour Ne Pas En Faire Trop, car cela paraît facile, mais ce n'est pas du tout un vélomoteur ! 

Il faut pédaler vraiment. 

Il n'y a pas de chiqué !

Tu pédales moins fort, mais tu pédales vraiment et si tu n'y prends pas garde, tu peux te fatiguer plus vite que tu ne le penses, car l'assistance aide, il n'y a pas à dire, mais c'est bien toi qui pédales, il ne peut pas en être autrement ! 

Et là, gare à la mauvaise surprise pour celui qui croit que le vélo fait tout :

Coucou, courbatures ! 
Coucou les genoux !

Bien-être au trou !
T'es mou du genou !

Donc, je pédalais doucement et régulièrement, surtout très régulièrement pour éviter les à-coups de l'assistance bienheureuse, je commençais à trouver que je peinais déjà un peu et que j'avais bien fait de partir seule pour une si petite promenade, et là, que sens-je ?, que vois-je ?

Un champ de colza à l'odeur entêtante, bien sûr !

Ah, Ce Petit Rien de la première véritable odeur de colza, si mielleuse et si forte que tu ne sais jamais si elle te plaît ou te dérange, L'Odeur Ambiguë Par Excellence

Tu allais t'apprêter à faire demi-tour, mais on ne recule pas devant Un Petit Rien Double qui te saute dessus : l'odeur du colza et le vent de ta vitesse acquise sur le visage. 

Alors, j'ai continué. J'en ai profité, profité, profité ! 
J'étais heureuse, j'étais bien. 

Je craignais bien un peu de la payer un peu le lendemain, cette douceur du bonheur, mais rien ne m'aurait fait m'arrêter tellement c'était bien.

Du coup, je n'allais tout de même pas m'arrêter là. 

J'allais continuer jusqu'à un endroit symbolique, Un Petit Coin Magique À Petits Riens Bucoliques, la ferme fortifiée d'à côté, un peu plus loin. 

Puis, une fois passée la ferme, j'ai longé le champ clos de barbelés, malgré l'absence des vaches normandes noires et blanches. J'ai poussé jusqu'à l'orée du petit bois vert sombre.

Je n'ai pas poussé plus loin. Je voulais y retourner le lendemain ou le surlendemain, selon la forme, l'occasion et surtout la disponibilité de ma monture assistée. 

Car on a beau dire, ils sont nombreux à me l'envier, mon vélo adoré. 

Ne crois surtout pas que c'est un truc d'infirme ! 

C'est un truc qui te permet d'aller plus loin, plus vite, de collectionner Davantage De Petits Riens En Une Seule Journée. 

Et pour cela, même les anciens détracteurs, après l'avoir essayé, sont les premiers à vouloir te le piquer !

Jour Après Jour !
Heure Après Heure !

La seule limite, c'est la tenue de la batterie, sinon, il serait en marche en permanence, Mon Bon Pégase À Batterie Rechargeable !

Tiens, à l'heure où je t'écris, il y en avait deux qui voulaient l'avoir, Ton Super Bazar !

Ils sont tous partis se promener. En attendant, je repose mes cuisses de vieille grenouille de vélo assisté pendant leur Grand Tour, en écrivant, fenêtre ouverte, semi-allongée dans le silence habité de la nature.

J'en ai profité pour faire mon jeu préféré ici. Pendant que tous les enfants, Petits et Grands étaient partis, j'ai fait mes quelques minutes de balançoire. Si tu savais comme j'adore m'envoyer en l'air sur Mon Vieux Siège De Bois Tout Râpé !

C'est que c'est un cadeau que je me suis fait à moi-même il y a des années. Je voulais qu'il y ait une grande balançoire dans mon jardin. Pour moi. Pour me faire plaisir. Sentir mon petit vent vivant. Aller de plus en plus haut. 

Si tu crois que c'est un truc de petite fille, c'est que cela fait bien trop longtemps que tu ne t'es pas remis le cul dessus. 

Je crois bien que je fais même bien attention à ne jamais grossir au point de ne plus pouvoir m'asseoir sur ma balançoire ! Même si je ne le fais pas exprès pour ça, à chaque fois que je remonte dessus, je m'émerveille ! 

Hé ! 

Je rentre encore entre les deux cordes de la balançoire sans me faire scier l'extérieur du postérieur ! 

Hé ! Hé ! Hé ! 

Une année, je n'avais plus pu. Il fallait faire quelque chose. J'avais une maladie chronique qui m'avait fait prendre du poids inconsidérément. 

Toujours la même, naturellement. 

C'est toujours La Faute Aux Hormones, Simone !, Anne Sylvestre l'avait bien compris !

Donc, là, tout à l'heure, tout le monde était parti et j'ai fait mes quelques minutes de balançoire endiablée ! 

Haut ! Fort ! 
Au Grand Vent ! 
Hisse et haut !

Mais non, ils n'étaient pas encore partis ! Je me souviens maintenant !

J'ai bien entendu Les Petits dire « Mamie va s'envoler ! ». Pour de vrai ! Ils n'en revenaient pas. J'étais sortie de mon fauteuil.

Oui, c'est vrai, je m'envole !

Je m'envolais même avant d'être Mamie, d'ailleurs !

J'aime m'envoler !

J'aime rouler !

J'aime la sensation du vent sur mon corps.

Petit Vent Ou Grand Vent,
Vive Le Vent !
Vive Le Vent Vivant !

Vive Les Petits Riens, Nez Au Vent !

En avant !

© Simone Rinzler | 19 avril 2016 - Tous droits réservés 

Je M'Envole Au Plein Air Du Vent Vivant, À L'Atelier de L'Espère-Luette










samedi 16 avril 2016

24 #CPR Carnets de Petits Riens : Hier, j'ai passé la journée à La Chasse Aux Petits Riens. Et alors ? Et alors Rien. Il a bien fallu s'y résigner, il n'y avait Rien. Enfin, il y avait bien de Minuscules Petits Riens, mais peut-être pas tout à fait assez pour en faire tout un foin.

24 #CPR Carnets de Petits Riens : Hier, j'ai passé toute la journée à La Chasse Aux Petits Riens. - Et alors ? - Et alors Rien. Il a bien fallu s'y résigner, il n'y avait Rien. Enfin, il y avait bien de Minuscules Petits Riens, mais peut-être pas tout à fait assez pour en faire tout un foin.

- Hier, j'ai passé toute la journée à La Chasse Aux Petits Riens. 

- Et alors ? 

- Et alors Rien. Il a bien fallu s'y résigner, il n'y avait Rien. 

Enfin, il y avait bien de Minuscules Petits Riens, mais peut-être pas tout à fait assez pour en faire tout un foin.

J'ai passé toute la journée à me demander si c'étaient bien Des Petits Riens ou Point.

Fallait-il donner de l'importance à la senteur fugace du colza par la fenêtre ouverte de la voiture ? Tout de même, une odeur fugace de colza, c'est bien une curiosité, tout de même ! 

Une Petite Odeur De Colza ? Mais tu as perdu l'odorat, ma parole ! Foin de Petit Rien. Juste Un Tout Petit, Petit Rien De Rien Du Tout. Je me suis dit : 

« Tiens, le colza n'empeste pas le miel trop fort, ne brûle pas tes narines, ne te fais pas tourner la tête à te demander si tu aimes bien ou point ? ». 

C'était très étrange. 

Tu y as repensé toute la fin de journée. Un Si Petit Rien est-il encore Un Petit Rien ? Et si tu y repenses plusieurs heures après, est-ce la preuve que le Rien N'Était Pas Si Petit ? 

En viendrais-tu à vouloir les classer, les mesurer, les mettre en compétition ?

Que nenni !

Un Petit Rien, c'est un Petit Rien. 

Point.

- Oui, mais quand même, Un Petit Rien, c'est une Intensité. Une prise en compte du présent qui s'impose et qui, sans y penser, s'éternise. La question à te poser, ce serait, non point de les comparer, mais de considérer si Un Petit Rien comporte une relation avec le Temps, avec L'Étirement Du Temps.

- Ah ! Mais dis-donc, tu n'en pêches toujours pas, Toi, des Petits Riens et tu te fais déjà Théoricienne Du Petit Rien ! Tu ne manques pas d'air, Mine De Rien !...

Mais tu as raison. Il y a bien un rapport avec la perception de la temporalité, avec Les Petits Riens. Le Petit Rien Allonge Le Temps Et Raccourcit le Rien De Rien. Il Rapetisse L'Attente. Il Élargit La Vie.

- Tiens, tu vois bien qu'on peut s'intéresser aux Petits Riens sans aller à leur cueillette, bêtassoune !

- Comme tu y vas, toi ! Et si je ne te les apportais pas, si je ne te les offrais pas, Mes Petits Riens, tout ton savoir, toute ta réflexion, tu n'en ferait Rien. Mais alors, Rien De Rien !

- Ah ! Oui, ça c'est Bien ! C'est comme pour les religieuses. Ah ! J'ai oublié leur nom. Tu sais, celles qui prient pour toi parce que tu ne le fais pas. Et bien, toi, tu nous donnes Tes Petits Riens parce qu'on ne va pas les chercher. Je sais que tu trouves que cela n'est pas bien. Mais si tu savais quel plaisir on y prend, tu ne serais pas si dure avec moi.

- Oh ! J'ai été dure ? Pardon. Pardon, pardon, pardon. Je ne m'en étais pas aperçue. Tu sais, je suis tellement accaparée par Ces Petits Riens que je finis par ne plus Rien voir. 
Tu as raison. Je ne voyais pas que tu étais avec moi, et moi, je n'étais pas du tout avec toi, ou alors, comme ça, avec distance, L'Air De Rien, comme si tu ne comptais pour Rien. 

Mais tu sais bien !

Tu me connais bien, maintenant. Quand je suis en plein dans un projet, j'y suis à fond. C'était comme cela pour Les Grands Tou(t)s De L'Ancien Temps, et c'est la même chose depuis que je suis sur ce projet des Petits Riens qui n'étaient nullement un projet au départ, d'ailleurs.

Tu sais quoi ? Les Petits Riens me sont littéralement tombés dessus. Je ne cherchais pas à les attraper, mais un jour, j'ai vu qu'ils m'aimaient bien et que c'étaient eux qui se rapprochaient de moi. 

Je les ai pris, délicatement, par la main et sous mon aile - N'ayons pas peur de regarder les zeugmes dans les zeugmes ! - et, au bout de quelques jours, c'en était fini de moi. 

C'en était fini du Rien. 

Les Petits Riens avaient commencé à envahir ma vie, Petit Rien Par Petit Rien, et c'était tellement bien que je ne peux plus m'arrêter, même s'il m'arrive quand même de faire des pauses dans cette Histoire De Petits Riens.

C'est comme si une voix de l'innocence s'était appropriée mon corps à l'insu de mon esprit. Comme si j'acceptais de vivre l'enfance dont je ne me souviens pas de l'avoir si bien connue, une enfance insouciante, curieuse, joyeuse, rieuse et radieuse, totalement inconnue de moi.

Et ça, tu vois, c'est rudement bien.

Et tu sais quoi, Ces Petits Riens, je crois que je les dois au chamboulement qu'à été dans ma vie l'arrivée de deux petits jumelles si différentes. Je retrouve avec elles le plaisir que j'ai eu d'être Maman, avant Les Grands Fracas. Le plaisir que j'ai eu à être toute petite fille. Le plaisir de m'acroupir après avoir dansé la capucine pour faire « Youh ! Les Petits Cailloux ! », jusqu'à ce que ma mère fasse cesser ce bonheur de danser ensemble, de s'amuser, de danser, de chanter et de rire. Et là, je me souviens. À chaque fois. La frustration de la fin. De la joie pas vraiment partagée.

Voilà qu'en un an, ma vie d'avant me revient. Joyeuse. Rieuse. Joueuse. Et que, parfois, elle était bien. Entre Deux Grands Éclats De Grands Fracas, Deux Gros Fatras De Gros Tracas.

Dansons la capucine,
Y'a pas de pain chez nous,
Y'en a chez la voisine,
Mais ce n'est pas pour nous !
Youh ! Les Petits Cailloux !

Dis, tu crois que c'est déjà toute petite que j'ai appris à garder le moral, même quand ça ne va pas toujours trop bien ?

Elle est raide, quand même, cette chanson pour enfants.

- Et bien, tu sais, c'est pareil pour la comptine anglaise :
Ring a ring a roses,
A pocketful of XXX?oses,
Atishoo ! Atishoo !
They all fall down !

- Ah . Oui ! Je me souviens ! C'est une chanson sur la Grande Peste, paraît-il. Il fallait comprendre non pas qu'on éternue en se laissant tomber, mais qu'au bout du compte (= At Issue et non  Atishoo = Atchoum), ils tombent tous, victimes de l'épidémie de peste.

- Oui, c'est bien ça. Mais dis donc, au lieu de m'expliquer ce que je sais déjà puisque je viens de t'en parler, alors ? Ton odeur fugace de colza ? Petit Rien ou Pas ?

- Et bien, je vais te dire. Je ne sais pas. Ça n'a été que trop fugace pour me sembler être Un Petit Rien. Ce ne fut qu'Un Tout Petit Rien Archi-Minuscule, mais je vois bien qu'à nous deux, on est parvenues à en faire un Plus Que Rien, déjà, pour commencer. 

Et ça, ce n'est pas Rien, même si ce n'est Pas Tout À Fait Un Petit Rien.

Et puis tu sais, hier, je n'ai pas été complètement bredouille. Mon problème, même si c'est un problème de bien peu d'importance, c'est que j'ai eu Trois Micro-Riens, et qu'aucun ne me satisfaisait assez pour le raconter directement, sans attendre que cela mûrisse un peu.

Je t'ai déjà dit que Les Petits Riens, il ne faut pas les sortir trop tôt. Je préfère les laisser grandir un peu avant de les sortir par Le Vaste Monde. 

Tu sais, je les aime bien. Je n'aimerais pas qu'il leur arrive du mal. Peut-être que je les couve trop. Si ça continue, je risque de les étouffer. Je vais essayer de penser à leur laisser un peu plus d'air.

Après tout, tout ne depend pas de moi. Il faut aussi qu'ils fassent connaissance avec le monde.

Tiens, pour la peine, je me suis posée une autre question, hier, sur Un Tout Petit Rien Imprudent. Et si on tentait de me voler Mon Tout Petit Rien Trop Confiant, alors que je l'offre aux quatre vents. À ce moment-là, je n'étais déjà plus dans la cueillette des Petits Riens. 

Je moulinais dans l'intellect. Peut-on se faire voler ce que l'on donne ?

Tu vois, quand on réfléchit trop, on ne trouve pas Ses Petits Riens. Et on prend le risque de se déseperer à l'idée de se retrouver devant une source tarie. Ce n'était juste pas vraiment le jour. J'avais d'autres choses sur le fourneau. On ne peut pas non plus tout faire en même temps.

Aujourd'hui, ça a été different. J'ai eu Tout Plein De Petits Riens. 

Mais un ami vient d'arriver et je n'ai plus le temps de continuer à tout te raconter.

C'est bien, il m'en restera pour demain, si je n'en trouve pas de nouveaux. On ne sait jamais. Je vais être bien trop occupée à de grandes rigolades, des jeux, des dessins, des promenades et des balades. Enfin, je l'espère ! Dans ces cas-là, c'est la fin des Petits Riens. On se fait trop de bien. Même si on sait que ce n'est jamais trop. Et que c'est vachement bien !

- Ah ! Au fait ! J'ai retrouvé les nom des religieuses. Les Carmélites. Tu es la Carmélite des Petits Riens.

- Oh ! Oh ! Ce dialogue sur des Carmélites ne me dit rien de bien. C'est un truc à finir la tête coupée, ça. 

Ah ! Quel choral final !... 

J'en ai la chair de poule rien que d'y repenser. Je l'ai vu sur scène à l'opéra il y a des années. Quel choc émotionnel, visuel et auditif. Ça, vraiment, ce n'est pas Rien. J'entends encore chaque « Tchoc ! ». À chaque fois, une voix de moins dans le chœur des Carmélites condamnées, jusqu'à une seule voix, puis Plus Rien. Rien n'est montré. Chaque condamnée passe derrière un rideau derrière lequel se devine l'échafaud, le chant ne cesse de continuer, puis, après chaque disparition nouvelle derrière le rideau : « Tchoc ! » et une voix de moins. Tu ne sais pas à partir de quand tu perçois que le chœur décroît. Mais à un moment, il suffit d'un Rien, tu attends La Fin dans une intensité dramatique qui est loin d'être Un Petit Rien.

Dis donc, avec tes Carmélites, et notre sot dialogue, tu m'as quand même bien flingué Mes Petits Riens, toi. Je crois bien que tu devrais partir en vacances. Je n'arrive à Rien avec ton dialogue. Tu m'as tué l'inspiration, on dirait, on dirait.

Allez ! File dans ta chambre, Vilaine Casseuse de Petits Riens !

Va ! Je ne te hais point.

© Simone Rinzler | 16-17 avril 2016 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens te prennent parfois la tête, ou bien ? À L'Atelier de L'Espère-Luette