Rechercher dans ce blog

mercredi 22 juin 2016

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairiedes jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux. J'ai renoué avec la liberté de l'enfance, de l'adolescence, avec le plaisir d'une vie peu programmée. J'ai laissé les instants se passer, s'imposer, passer, puis repasser. 

J'ai profité de l'impromptu, du décousu, de la rêverie éveillée. J'ai peu écrit, pédalé, paressé, soigné mes muscles endoloris, résisté à la pente de l'effervescence. J'ai réfléchi, souvent à vide, plus si avide de tout. Je me réjouis de ce que je provoque, de ce que je fais, du retour de la vie comme elle vient.

J'ai balayé l'ennui, tantôt dessinant et commençant à tester la transparence de l'aquarelle, tantôt contemplant des travaux d'aiguilles, rêvant de m'y mettre aussi, de m'y remettre, enfin, volontairement.

J'ai fait des rêves de couleurs, de vêtures, d'ouvrages et de broderies à mon goût, sans le faire, sans les mettre sur l'établi de mon atelier. Le pli du loisir est pris. 

Malheur à qui tente de m'en détourner. 

La vie m'est douce, même si. La vie me traverse, en dépit. 

Je m'éjouis de ma vie, de guingois, trébuchante, tâtonnante. 

Je sirote le calme des jours de bonheur retrouvé, juste assez sucré, sans écœurement, ni haut-le-cœur. 

Je passe rapidement sur ce qui me désole, n'y prête guère d'attention, ignorante bénévole de la misère du monde. Je me fais Reine Midas, transformant ce que je touche en bonheurs des petits instants, insensible à la peine de l'autre qui m'impuissante. Je décore ma vie de petits moments de joie partagée et de bonheur isolé.

J'ai retissé mon cocon protecteur autour de mon cœur. Ma peau écrevisse cicatrise doucement. Je prends plaisir à cuisiner, nettoyer, ranger, à mon rythme, lent et sûr. 

J'ai délaissé les chemins du chaos et de l'empressement. Je vais, je viens, lentement. Je prends mon temps. La douceur m'est revenue. Elle m'attendait patiemment.

Je reprends le temps qui est mien, le rythme qui me convient, et tant pis pour les gens pressés. Je me suis habituée à ma nouvelle lenteur qui ne me cause pas que des désagréments. Je suis mon tempo, largo, larghetto, ma non troppo.

J'ai retrouvé ma musique intérieure en travaillant pendant trois jours une partition d'un Requiem aimé que je n'ai jamais chanté, opus 48 de Gabriel Fauré.

Je travaille à la table, sans chanter, le temps de trouver le temps de mettre mon corps en forme pour tenter les premières émissions vocales sur cette œuvre que je ne possède pas encore physiquement. Je travaille, j'écoute, je me mets la mélodie en tête, le tempo dans le corps, le rythme dans l'esprit. 

La partition des altos est parfois difficile à entendre sur les enregistrements. Avec ses modulations, elle est plus difficile à exécuter que celle des ténors et des sopranos. Je suis habituée à ce travail de mise en valeur de l'harmonie générale par les alti et les basses.

La ligne de l'alto n'est qu'assez peu audible. C'est un travail de contretemps, de richesse harmonique, de mise en valeur de la mélodie des voix hautes. J'aime ce travail de fourmi musicale. Je me fait enluminure vocale, par la pensée, chantant dans ma tête comme on lit un livre. 

Je renoue avec la lecture de partitions.

Je me prépare à un éventuel retour au chant, malgré mes capacités vocales perdues par le manque de pratique, les soucis, la fatigue, passés.

Je suis un peu fébrile à l'idée de me réengager dans un travail de groupe. 

Il est pourtant temps d'y passer, de penser à s'y mettre.

Le travail et l'écoute apaisent la fébrilité, la peur du retour au contact avec un groupe, autre que ceux que j'ai déjà fréquentés et fréquente encore, mais si peu, trop peu, bien trop peu.

Comme il me sera difficile de me lever vendredi matin pour cette journée de chant plaisir au Choeur Vittoria d'Île de France de Michel Piquemal. 

L'annonce m'avait fair envie. Je l'avais laissée de côté. 

L'annonce m'est revenue. J'ai aimé la démarche proposée. Venir ch,Ayer une journée, pour le plaisir de chanter.

Je m'expose à ne pas être acceptée. J'avais déjà autrefois postulé dans ce grand chœur, avant de découvrir Dix de Choeur puis Sotto Voce.

Plus forte d'expérience musicale, je me sais aussi plus faible vocalement désormais. Je me prépare, sérieusement, pour mettre toutes les chances de mon côté. Et surtout pour retrouver le plaisir du chant choral, non pas en spectateur auditeur, mais dans les rangs d'un grand chœur.

Depuis trois longues années, je ne pratique plus vraiment d'activités en commun. Ces temps de création commune me manquent terriblement. 

Il est temps de s'y mettre. 

De s'y remettre. 

Une journée.

Au moins.

Voilà qui tient ma semaine de fête.

© Simone Rinzler | 21-22 juin 2016 - Tous droits réservés 

Le retour de la fête, du démon, de la musique, au hasard des rencontres virtuelles, mais... Bien sûr ! C'est À L'Atelier de L'Espère-Luette