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mardi 24 mai 2016

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance.Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à lavacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du tempsmauvais.

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est lutter contre le marmonnement de mécontentement, mettre de la couleur dans sa vie, résister au temps glaciaire de l'ère. 

Écrire du Bien, c'est un engagement. 

Écrire du Bien, c'est politique.

Écrire du Bien, c'est une réaction, épidermique, endémique, une éthique. Et toc !

Écrire du Bien, c'est réparer les morts-vivants, donner espoir en l'humanité, chercher la petite bête qui rend heureux, c'est cesser de critiquer, cesser de commenter. 

Écrire du Bien, c'est agir sur le monde. En langage. Par le langage. En tant que Sujet, Sujet ressentant et Sujet pensant.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-monde du langage.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-langage du monde.

Tu m'expliques ? Parce que là, ça devient un peu sombre ton histoire...

Oh ! Ce n'est pas une histoire. Je n'aime pas les histoires. Je ne suis pas une fille à histoires. Je suis une fille d'action. Je m'engage. Je passe avant de trépasser. C'est important de ne pas faire que passer, passer par-là, sans rien faire, comme ça, pour Rien, parce qu'il a de la lumière, parce qu'on aime se promener. 

Bien sûr qu'on aime se promener, qu'on aime passer, par ici, et puis par là, passer parce qu'il y a de la lumière, de la chaleur humaine, qu'on aime activer ses jambes et que ça fait du bien de se promener sans se hâter. 

Il n'y a pas de lieu de se hâter. 

Passer, regarder, humer, sentir, ressentir. Prendre le temps de passer, de regarder, de humer, de sentir, de ressentir. Puis repartir. Non sans avoir passé. Passé son envie d'aimer sa vie, passé son goût de ne pas se lamenter, fêté son retour à la vie simple, facile, heureuse. 
Compter ses bonheurs, ses joies jusqu'à en oublier ses peines, ses craintes, ses angoisses. Se bien traiter. Se faire du Bien. Semer du Bien.

Le politique serait toujours agressif ?

Que nenni !

Le politique, c'est l'Agir. L'Agir bien. L'Agir Juste. L'Agir selon son cœur, selon son corps, selon son esprit. C'est penser à, non pas ses cinq sens, non, mais bien ses six sens, réunis : le goût, l'odorat, la vue, l'ouïe, le toucher et l'intellect aussi. Le sixième sens, oh non, ce n'est pas le pressentiment. Celui-ci dérive du déjà-connu. Ce n'est pas un sens, comme le dit le langage communément répandu, c'est un réflexe, un réflexe acquis, un apprentissage intériorisé comme une seconde nature (Daniel Kahneman), mais la nature n'y est pour rien. C'est l'apprentissage de la vie qui laisse sa trace. C'est l'apprentissage oublié qui se manifeste. Ce n'est pas un sens.

Ce qui est un sens, en revanche, c'est l'intellect. C'est faire marcher son intelligence pour son bien, pour celui des autres. C'est refuser de séparer les cinq sens traditionnels de la marche du cerveau. C'est accueillir la reflexion, la provoquer. C'est tracer un chemin avec ses cinq sens et son cerveau. C'est vivre de ses six sens : goûter, sentir, voir, entendre, toucher, penser. C'est équilibrer ses six sens, sans jamais laisser l'un prendre le pas sur l'autre. C'est harmoniser réflexion, sentiments, sensations, ressentis. C'est croire à ce que l'on goûte, croire à ce que l'on sent, croire à ce que l'on voit, croire à ce que l'on entend, croire en ce que l'on touche, croire en ce que l'on pense et prendre le temps de penser ce qui ne semble pas aller de soi, ce qui ne semble pas être en harmonie, ce qui se choque, ce qui dissone, ce qui bringuebale, mais qui toujours-déjà avance, rarement en ligne droite.

C'est constater que le langage a un effet sur le monde et que le monde a un effet sur le langage

C'est cela, l'effet-monde du langage (Barbara Cassin) et l'effet-langage du monde (Simone Rinzler). Il faut croire en les deux pour pouvoir écrire du Bien.

Il n'est pas difficile de constater que le langage façonne notre « vision », métaphorique, du monde, que dans telle ou telle langue, tel mot semblant « manquant » empêche la survenue quasi spontanée de certaines idées, quand celles-ci s'expriment couramment autrement, dans une autre langue, dans une autre « vision » du monde, dans une autre civilisation, pas nécessairement lointaine. 

Il n'est pas difficile non plus de constater que malgré les « mots manquants », on a toujours pu tout exprimer, dans n'importe quelle langue. Il n'y a pas de langue supérieure et des langues inférieures. Il y a des langues de vainqueurs, anciens ou nouveaux et des langues de vaincus, anciens ou nouveaux aussi. 

Le langage n'est pas une compétition. 

Le langage façonne notre monde. C'est son effet-monde (Cassin).

Certes.

Nous façonnons aussi notre monde par notre usage du langage. Nous façonnons notre monde en actes. Et en langage aussi. Nous le façonnons alors en « Actes de langage » ou « Speech Acts ». 

Nous sommes responsables de nos actes de langage comme de nos actes. Ils sont notre trace, la trace de notre passage dans le monde. Il sont l'émanation de notre être, l'émanation de notre « Être-au-monde », de la manière dont nous sommes au monde, dans le monde, en tant que Sujet, Sujet pensant et Sujet sentant, ressentant, avec nos six sens : les cinq sens corporels, que nous partageons avec nombre d'animaux et ce que j'appelle, pour l'être humain, le premier sens, le sens de l'intellect

Le sens de l'intellect est le sens primordial du sujet doté du langage. 

Si l'être humain possède les cinq sens, il maîtrise aussi ce que l'on appelle le « langage articulé », distinction subtile dont l'adjectif articulé désigne la capacité, autre qu'animale, de s'exprimer, de penser, de parler, (voire d'écrire et de lire pour les civilisations de l'écrit), d'envisager l'avenir, le non-réel, le non advenu et l'hypothétique. Cette fonction du langage articulé est l'apanage de la condition humaine.

Par le langage, par sa maîtrise — et ce, qu'elle soit bonne en termes de « correction » linguistique ou non — l'être humain à la capacité de changer le monde, de rêver le monde, de repenser au passé, d'envisager ce qui est « à venir », ce qui n'est encore pas, ce qui n'a jamais été et ne sera jamais, d'inventer des histoires, la capacité de façonner le monde par ses  « Actes de langage » ou « Speech Acts ».

Alors, oui, Écrire du Bien est un acte politique, un acte de résistance, un acte d'être humain, un acte d'humanité.

Un acte pour façonner le monde à sa guise, en direction de ce qui fait du Bien, de ce qui est Bien au sens de ce qui est, non pas le contraire du Mal, mais de ce qui est Juste.

Juste. Écrire du Bien.

Écrire du Juste.

Juste écrire.

Écrire juste.

Voilà pourquoi je ne sais pas raconter d'histoires. Entre autres.

La recherche de la Justesse ne m'est, pour l'instant seulement peut-être, pas compatible avec le tissage d'une histoire. 

Il faut savoir attendre.

© Simone Rinzler | 24 mai 2016 - Tous droits réservés
(Texte susceptible de subir des modifications après relecture)

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