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jeudi 19 mai 2016

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien toucha sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie. Elle savait bien que si elle ouvrait sa boîte d'aquarelles tenue si longtemps fermée, elle mettrait en route une nouvelle chasse. La chasse aux couleurs. La chasse aux formes. La chasse au paysage. La chasse au monde silencieux auquel elle a toujours aspiré. 

Tracer son chemin dans l'eau, quelle drôle d'idée, n'est-ce pas ? Tracer la lumière au pinceau, étendre la couleur, la lumière, traquer la luminosité des jours, elle savait bien qu'un jour, elle y viendrait. Elle n'a rien décidé par avance. Le temps est venu seul, sans décision. C'était le moment de prendre le temps, de s'installer.

Poser une vieille nappe en plastique, bien propre, nettoyée de son humidité sur une grande moitié de la table de la cuisine, lieu de tous les ateliers d'intérieur. Sortir les godets mal emballés d'une boîte pour débutant qui ne se referme pas. Tester les pinceaux pour se rendre compte qu'aucun n'a vraiment de pointe et que c'est par là qu'il faudra commencer les achats pour faire un travail convenable.

Se documenter sur l'aquarelle dans ses livres, puis dans des vidéos du Grand Réseau. Se promener à vélo en terrain plat, sans se fatiguer, en regardant les détails, les scènes possibles. Observer les ombres et les clartés, les changements de couleur d'un même talus, d'une route goudronnée. Voir que le relief est suivi par l'ombre, comme le disent les manuels. Repérer comment peindre un talus de bord de route, avec ses creux et ses remontées. Voir le talus se fondre dans la grande haie d'arbres en bord de chemin. Être déjà au chevalet symbolique pendant la promenade à Pégase Électrique. Lire peinture. Penser peinture, voir peinture. Changer ses sujets de reflexion, insensiblement. Passer de l'écriture à la peinture par quelques essais d'apprivoisement de la lumière à l'aquarelle.

Se réveiller avec l'idée de peindre, non plus à la gouache, mais à l'aquarelle un vitrail. Chercher le sujet du vitrail, le médium pour en dessiner les gros traits au plomb.

Découvrir que l'aquarelle est la meilleure des thérapies pour se délester du besoin de contrôler le monde qui entoure, pour accepter que ce qui se fera se fera, apprendre à modifier légèrement en prenant en compte les caprices de l'eau, des pigments, du papier et la maladresse de la débutante.

Ne plus pouvoir lire ni écrire. Penser aquarelle, penser composition, penser remplissage, penser ouvertures libres. 

Même processus que celui de l'écriture.

Non plus écrire le Bien.

Tracer le Bien.

Au pinceau.

Sans un mot.

Emplir le silence de sa trace, adapter la trace nouvelle à la trace ancienne, harmoniser, chercher le rythme des couleurs, se perdre inutilement dans les détails. L'aquarelle est un art de la suggestion. Résister à son envie de détail. Observer comment les détails se fondent dans l'eau. S'émerveiller de sa production. Mesurer ce qui doit encore être amélioré. Passer la semaine à penser en peintre et non plus en écrivain. Rester artiste de sa vie. Coloriste de sa vie. Traceuse de traces sur papier.

Laisser sécher.

Sécher sur l'écriture du Bien. Le tour de la question a été fait. Sentir qu'il est temps de passer à autre chose. L'écrire. Écrire en peintre. Écrire la vie à l'aquarelle. Rendre compte d'une vie aquarelle

Lumineuse.

Aérienne.

Douce.

Se sentir bien.

Tracer le Bien.

C'est bien.

Ça fait du bien.

Le silence de la paix intérieure.

Repenser au chant.

Le chant choral, activité silencieuse s'il en est. Personne ne parle en chantant. Harmonie du silence des conversations. Harmonie des notes, des touches, des couleurs vocales.

Écrire les touches, les harmonies, les couleurs, la chaleur et la liberté de créer, de s'émerveiller, de se faire du Bien indifféremment du temps qu'il fait. Tenir le Point. Le Point de l'Art. Le Point de l'Amour. 

Constater que peu importe le moyen, l'effet recherché est toujours le même. Apaiser un cœur prompt à l'agitation, chercher le moyen, les moyens. Au fil du temps, s'apercevoir que n'importe lequel parmi ceux qui tentent est celui qui va bien, pour l'instant, pour le moment. Se rendre compte que le choix est toujours un choix du sensible. 

Tracer le sensible pour supporter l'insupportable, pour se sentir bien.

Et écrire.

Encore.

Toujours.

© Simone Rinzler | 19 mai 2016 - Tous droits réservés 

Comprendre sa résistance à être publiée, pour être toujours-déjà dans la prochaine œuvre À L'Atelier de L'Espère-Luette