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jeudi 17 décembre 2015

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur...

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur.

Écouter sa voix intérieure, sa voie musicale, la composer comme sa propre symphonie, se laisser envoûter de son harmonie personnelle sans un regard, sans une oreille pour le brouhaha du monde terrifié par le chaos de la vie.

Faire place à la vie intérieure, au chant de ses harmoniques, les faire vibrer, résonner, s'en délecter, l'oreille interne affûtée.

Repérer les résonances, prêter attention aux notes qui se répondent, s'enrichissent, se complètent, entendre les harmoniques du désir et de l'amour comblé. S'y plonger, laisser sonner, résonner, réverbérer jusqu'à saturation du son. Laisser la musique filer, s'envoler, envelopper l'atmosphère douillette et profonde, penser la musique de l'intérieur sans partition aucune. Laisser chaque note s'épanouir, s'évanouir, préparer la prochaine, composer le subtil carillon léger du bonheur délié. S'envoler à tire d'ailes à la poursuite des cloches lointaines, oublier les acouphènes, les dompter, les maîtriser. Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La musique résonne À L'Atelier de L'Espère-Luette

#CM 1 Carnets de musique : S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse. Se faire violence. Entrer dans la danse. Des vivants. Qui n'ont pas peur de la mort.

Chanter. Danser. Embrasser qui on voudrait. Chantonner. Composer des airs nouveaux, des chants insus, inconnus. 

Danser mi-nu devant sa glace. Danser habillé. Esquisser trois pas de danse. Entendre la musique dans sa tête. Écrire le son, le chant, écrire le bonheur. Vivre le bonheur. 

Se dandiner sur le bord de sa chaise, le corps souple et plein d'allant au rythme de sa musique intérieure. Visage impassible et corps dansant. 

Gratter une démangeaison sans y penser. Rouler du corps, le torse souple, dégagé de toute entrave. Expirer fort. De contentement. Sans même y prendre garde. Ne pas même sentir que sa respiration se fait ample, généreuse, profonde.

Aimer sa vie.

Aimer la vie.

Oui !

Goûter l'air frais du matin à midi, s'enivrer de de petit rien qui fait tout, de ce petit rien de rien du tout qui est revenu comme il était parti, humer longuement l'air du temps qu'il fait à l'intérieur rieur, attendre le moment de la rencontre renouvelée avec les tous petits-êtres aimés, n'en plus pouvoir d'attendre, attendre, attendre, la respiration accélérée, entendre les doux babils s'approcher, l'écrire encore et encore et en jouir, s'en parfumer, s'en délecter, patienter encore, le cœur plein de bonheur. Être en amour. Être amour. Amours de ma vie.

Oui.

S'occuper, gentiment, s'activer, lentement, expirer, profondément. Rêve de chant, de chanteuse, d'expireuse. 

Plénitude de la matinée avancée. La musique dans le corps, installée, ne veut se déloger. Plus rien n'a d'importance. Vivre sa vie sans se préoccuper. Goûter le plaisir retrouvé. Entendre le petit jappement de son petit chat. Esquisser un sourire. Bientôt la serrer dans ses bras, se plonger dans son sourire, regarder son sourire, son regard s'illuminer. Anticiper le bonheur de les retrouver, de les sentir, de les choyer, de les envelopper de tendresse, de sourire, de chanson, de musique de la vie est belle.

Laisser tomber son clavier.

Inspirer une dernier fois encore.

Goûter son plaisir d'être seule, bien entourée.

Aimer.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Aimer À L'Atelier de L'Espère-Luette

vendredi 11 décembre 2015

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller.

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller

Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller. Il allume la machine à café à la cuisine, se rase méticuleusement comme tous les jours, se douche et applique un déodorant peu parfumé. Il ajoute quelques pschitts du parfum gourmand qu'elle préfère. Il retourne dans la chambre et sans bruit, revêt ses vêtements qu'elle lui choisit lors de grands achats groupés tous les deux ans ou tous les ans, parfois plus souvent, pour qu'il soit séduisant sans être guindé, ni vieux, ni ringard. Il se moque de son apparence extérieure. Cela n'a jamais compté pour lui. Il ne voit jamais l'enveloppe. Il voit l'être enveloppé. C'est un homme bon, ouvert. 

Il révise ce qu'il fera pour son travail dans la journée. C'est sa manière de se préparer pour se sentir bien, pour être à la hauteur de sa tâche. Il n'aimerait pas ne pas se préparer. Il se prépare toujours. Il ne laisse pas le hasard décider pour lui. Il suit sa routine quotidienne, la routine qui lui permet de continuer, d'aller de l'avant sans jamais se poser de questions. Il sait que quand il faut y aller, il faut y aller. S'il ne révisait pas la préparation de sa journée effectuée auparavant, il ne supporterait pas d'avoir à improviser. Il aime que le travail soit planifié, que les obligations soit vite expédiées. Il est du genre "Fais tes devoirs, tu joueras après". C'est un homme posé.

C'est un homme reposant. Un homme rassurant.

À cette heure-là, ce n'est pas l'heure des petites folies, pas l'heure de la détente. 

Ce sera pour après. 

Quand tout sera fini. Il ne laisse rien traîner. Il traite. Ce qu'il y a à traiter. Dans les temps. 

Dans le silence de la maison, il fait son grand café express et le boit en révisant, devant son classeur ouvert. Il prévoit ce qu'il va dire, ce qu'il va faire.

Il effectue tout cela dans le plus grand des silences. 

Il ouvre et referme la porte d'entrée à clef sans un seul bruit. Il sort à pas de chat.

Il respecte son sommeil. Il la respecte. Il l'aime. 

Ce n'est pas l'heure des effusions. Il vient de partir travailler.

Il laisse la maison retomber dans le silence.

Elle dort.

© Simone Rinzler | 11-12 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Il ne fait aucun bruit À L'Atelier de L'Espère-Luette

mercredi 9 décembre 2015

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

9 décembre 2015

La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé le plaisir. J'ai retrouvé la joie, j'ai retrouvé la musique. J'improvise. Je chante. Je compose. Dans ma tête, faute de m'y mettre vraiment. J'ai retrouvé la vie. La vraie.

Il n'est pas question de littérature de l'exultation. Le corps exulte. Le verbe non. Il n'exulte plus. Il est plein, il est rond, il est bien. Il n'a l'air de rien. Il n'est pas factice. Il est sans malice. Il est.

C'est la fin des recherches stylistiques. Le style de la vie est revenu. Badin, câlin, mutin. C'est le style de l'équilibre revenu. Un style en équilibre. Un style sans filet. Un style sur le fil, ténu, de la vie.

J'écoute le Boléro de Ravel. Il boucle, en boucle, tourne dans ma tête, monte et monte maintenant. Je me laisse aller. La musique devient de plus en plus puissante. L'air serein, l'air de rien ne peut disparaître. Il est là. Il est bien là. Il est bien. Là. Ici. 

L'orchestre s'emballe. Les instruments entrent un à un. la pâte sonore s'amplifie. j'attends l'arrivée des cuivres. ce n'est pas encore le moment. j'attends. J'attends. Des cuivres sont déjà entrés, ils se sont joint aux cordes, aux percussions. Là. Là. Ça va être là. Non pas encore. Les dissonances s'amplifient. Le son ne monte pas. L'intensité ne cesse de monter. Allez, maintenant ! Maintenant, les cuivres. Et les caisses claires. Vite. Vite. Les cuivres. 

Ça y est. Ils sont là !

Orgasme.

Résolution. 

Silence.

Long silence.

Très long silence.



Puis, enfin, applaudissements.

Toujours aussi laids en version enregistrée.

Ce Bernstein est un magicien. Le magicien de Gershwin. 

Hébétée par cet orgasme musical.

La machine me propose une entrée de chœur sur orchestre. C'est doux. C'est beau. Ça poursuit le bonheur sans tâche. Je n'ai pas encore reconnu le morceau. Ma tête est ailleurs. Je jette un coup d’œil au titre. Pas étonnant que cela me berce. C'est mon Requiem de mon Fauré adoré. De quoi me bercer des heures entières. Retour à la musique vocale. Ma source des sources.


© Simone Rinzler | 9 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Adieu à la littérature, bonjour à la vie À L'Atelier de L'Espère-Luette

lundi 7 décembre 2015

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie dedanser, rire, baiser...

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser

 

2 décembre 2015

Modifié le 7 décembre 2015 


Mon calendrier n'est pas fondé sur l'actualité. Je ne sais s'il l'a jamais été et cela n'a guère d'importance. 

Ce que je sais, c'est que ma joie ou ma peine ne sont plus que très rarement fondées sur celle des autres. À force de cultiver ma différence, car je me suis toujours sentie différente de prime abord, je suis devenue indépendante sans en prendre jamais conscience. Ce n'est d'ailleurs pas tant que j'aie cultivé ma différence. J'ai fini par m'y habituer. Nuance.

Cette différence qui me faisait mal a cessé de me faire souffrir depuis si longtemps et en un processus si long que je suis incapable de la dater précisément. C'est le bienfait d'une heureuse nature, rétive aux dates et aux anniversaires du passé.

Au souvenir, j'ai toujours préféré vivre le présent, regarder vers l'avenir. J'y ai été aidée par un passé sombre, les drames de mon adolescence et de mon enfance et même ceux d'avant mon enfance.

Le drame, j'en ai soupé. Les visites dans les cimetières, j'en ai bavé, j'ai bien donné, j'en suis gavée à vie.

Aimer la vie, c'est aimer les vivants.

Un jour, un de mes enfants me l'a reproché opportunément. Il était temps de s'occuper des vivants. Alors, oui, c'est redevenu ma nature, celle qui m'avait quittée, je ne sais plus quand. 

Aimer la vie, c'est aimer les vivants. Vivre avec eux. Sentir avec eux.  Respecter les morts-vivants, les laisser tranquilles. Mais ne pas danser le menuet avec eux. Qu'ils s'amusent entre eux. C'est leur danse. Pas la mienne. J'ai déjà donné. Je n'aspire pas à y retourner tant que je n'y aurais pas été invitée par les agents de la Régie Autonome des Trépassés Paladins de mon entourage. Le plus tard sera le mieux. Passé le moment de l'annonce d'un choc, j'ai appris à ne pas me laisser entraîner dans des conduites à risque.

Je n'aime pas le risque.

J'aime le confort.

L'adrénaline, à petite dose.

Et du repos entre chaque dose.

Je ne me goinfre pas d'adrénaline, bonne ou mauvaise. Ce qui semble un tempérament de feu est en réalité une vie équilibrée. Je me suis si souvent sentie au bord du déséquilibre que je ne peux le rechercher. Je suis une prudente, une endurante, une durante, une fille de survivants, une survivante, une résiliente. Rien ne me plait davantage que durer, perdurer, même s'il me faut endurer.

Aujourd'hui, je me suis réveillée et souvenue d'un rêve que je faisais au moment de mon réveil. C'est assez rare pour que je le mentionne. J'étais dans une piscine. Je nageais. Mal. J'avais du mal à nager.

Une étrange prof de natation m'a incitée à prendre un cours avec elle.

J'ai bien sûr refusé, comme toujours, quand je me vois proposer une offre commerciale que je n'ai pas sollicitée.

Mais j'ai ensuite change d'avis. J'ai accepté l'offre.

Elle ne me proposait pas qu'un cours, me semblait-il.

Quelque chose dans son attitude ressemblait à une main tendue, pratiquement désintéressée. Je me suis dit que cela ne m'engageait à rien et que si le service ne me convenait pas, rien ne me contraignait à poursuivre l'expérience.

Ce n'était qu'un essai.

Ce n'était pas la première fois que je testais des choses et que je ne les poursuivais pas, parce que cela ne me convenait pas. La femme avait un aspect étrange, pas très dynamique, un peu dérangé, même peut-être.

Peut-être est-ce même cela qui m'a fait infléchir ma décision de ne pas. Abandonnant mon complexe de Bartleby, je répondais à nouveau à la main tendue, comme je l'avais si souvent fait. Quitte à ne pas suivre si cela ne me convenait pas.

Très vite, j'ai senti que cela ne me conviendrait pas. Que je ne poursuivrai pas l'expérience dans cette piscine inconnue, mal pratique, au sol glissant et aux vestiaires et toilettes collectifs un peu sales.

Cet environnement, ce n'était pas pour moi.

Je tentai pourtant de nager.

La pauvre fille était une piètre enseignante.

C'était elle qui avait besoin d'aide.

Son comportement n'était pas celui des maîtres-nageurs habituels, attentifs ou surdirectifs.

Elle semblait ne pas vouloir être dans l'eau toute seule.

Je l'ai accompagnée dans le liquide pâle.

J'avais froid. Je brassais de l'eau, mais je n'avançais pas, pas assez vite à mon gré.

Je me rendais compte que ce n'était plus vraiment cela et que j'avais vraiment perdu, même si je n'avais jamais été d'un niveau digne de compétition, ce qui tombait bien, car j'avais horreur de la compétition, de la confrontation.

Je n'aspirais qu'à une vie douce.

Je m'étais toujours arrangée pour me faciliter la vie, y passant parfois des heures et des jours entiers, voire des années, pour organiser la facilité de ma vie. Là était ma seule obsession. Me faire mon trou, mon nid, mon coin pour y être tranquille, à l'abri, confortable.

J'ai laissé mon rêve à l'abandon. N'ai pas écrit pendant plusieurs jours. Ni publiquement, ni dans le secret de l'atelier.

Je ne pouvais plus ni lire, ni écrire.

La littérature m'avait abandonnée.

Peut-être est-ce moi qui avais abandonné la littérature ?

Je m'en tenais à ce seul constat.

J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser.

J'avais envie de bouger, de danser, de faire l'amour.

J'ai vécu, j'ai bougé, j'ai baisé, j'ai câliné, j'ai chanté, j'ai dansé.

Cela ne change pas le monde.

Je ne vis pas dans l'illusion de pouvoir changer le monde.
Dans celle de l'aménager. Oui.
Pour qu'il soit vivable.
Un peu plus respirable.

Aménager le monde, c'est changer son rapport au monde, c'est donner son apport au monde.


Je suis revenue au calme de la vie agréable, privilégiée, celle que je me suis construite, peu à peu, à grandes enjambées activées de grand lévrier ou à petits pas trottinants de souris grise, contre vents et marées, contre vermines et marâtres, contre vermeilles et parâtres, envers et contre tout, à l'envers et contre tous. Toujours. Du côté. De la vie. La mienne. Celle que je me suis choisie. Que je me suis confectionnée. Que je me suis décorée. Avec amour.

Et tendresse.
Retrouvée.

Et voilà que me revient ce que j'avais dit une fois à un collègue :

"Si j'étais dans une cellule, je ferais tout pour la repeindre en rose."

Ça ne change pas la cellule, mais quand même, c'est plus gai !

© Simone Rinzler | 2-7 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La littérature serait en perte de vitesse À L'Atelier de L'Espère-Luette

mardi 1 décembre 2015

# English: Then, it dawned on me: I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. Then, it dawned on me.

#English : Then, it dawned on me. 

I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. 

Then, it dawned on me.

I thought I was missing my job. I was missing it. I was. But not that much. I could do without. I had been fed up with it all.

As I was preparing myself to spend the night without taking care of my two baby grand-daughters, a thought came to my mind in English. I was writing a text in English. 

I have forgotten what the text was, by now, but have found a stunning discovery.

All these months, I had been missing English. Writing in English. Reading in English.

It came to me as I was watching the end of an enth old episode of Grey's Anatomy.

I was missing English. I was feeling worried, guilty. I could not find what worried me, what made me feel guilty. I was scraping my mind hard with usual psychological explanations - my family, my kids, my parents, my grand-children, seeing again my friends and former colleagues - to no avait.

I was missing English, novels in English, thinking in English. I had given up English, its countries, its civilisations, is cultures, its culture. Its strength. Its effect on me.

I needed a break with French. At once. Right now. English had always been my solace, my confort. I had forgotten it in the mes of my last years at uni.

I needed its distance, its proximity, its sound in my mind, its effect on my body, its you know what, even if you don't. I do. That's enough.

English ! English !

I'm back !

Back in English. 

That was the long way back to English that was.

HHhheeere I a-a-am !

Again.

Whole.

© Simone Rinzler | December 1st 2015 - All rights reserved 

English is back À L'Atelier de L'Espère-Luette