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mardi 28 avril 2015

#MoocDQ3 3956 20150428 Prologue du récit déterré...

Prologue du récit déterré

Je me mens.
Je me mens souvent.
Oh ! Je ne le fais pas exprès. Je me mens pour garder la tête haute. Par orgueil personnel, pour pouvoir continuer à me respecter.
Si je ne me mentais pas, peut-être bien que je finirais par me mépriser. Comme me méprisent ceux qui se mentent et prétendent :
- que je suis dingue,
- que je fais preuve d’incompétence,
- que je suis sans qualité.
Je ne suis rien de tout cela. Et quand je dis cela, je sais que je ne me mens pas.
J'écoute ce que je sens. Je sens ce que je sais. Je sais depuis toujours, que je tente, au mieux de mes possibilités humaines, d'être quelqu'un de bien. Je ne sais pas très bien ce que recouvre ce terme de "quelqu'un de bien" sous ma plume à ce jour. Mais est-il nécessaire de tout justifier ? Inutile de se poser la question plus longtemps. Je sais bien qu'il ne sert à rien de toujours tout justifier. On ne prépare pas une dissertation d’Agrégation toute sa vie. On n'est pas un petit enfant toute sa vie. Le temps du doute est terminé. Il est temps de passer à l'action. Et le cas échéant, car le choix z’ici échoit, il est temps, largement temps, de passer à l'écriture. De quitter ce qui m'a fait tant souffrir ces dernières années et de faire ce que j'ai envie de faire dès à présent, sans plus attendre, illico presto, preste, alerte et la joie au cœur, pour tout dire : « juste bien ». Temps de quitter les passions tristes, les pervers narcissiques et leurs acolytes et d'éprouver la clameur de l'être, la clameur de naître, la clameur de renaître, la clameur, la douceur d'être, la joie de faire avec joie ce que j'aime et ce dont j'ai, moi, envie, plus que tout. 

Alors, oui, Écrire

Écrire et ne plus se détruire. Écrire et cesser de se mentir. Écrire sans demander la permission à personne. 

Et Tant pis pour les gens énervés, Tant pis pour les gens égarés, et surtout, surtout, Tant pis pour les envieux, les craigneux, les taiseux, les ceusses qui ont le petit doigt sur la couture, toujours prêts à rentrer dans le droit chemin et autres normopathes de tout poil. Tant pis pour eux. Tant mieux pour moi.

C'est le printemps des affects joyeux. C'est le bel automne des passions renouvelées. C'est aussi l'heure de la récré, l'heure de la sortie, le temps, enfin de sortir, de quitter un très long moment transitoire de sa vie pour entrer dans le suivant. Et y entrer avec passion, avec ferveur, avec bonheur. J'aime écrire. Pour ça, oui, ma brave dame. Oui da, triple oui da. A-t-on jamais vu quelqu'un qui aimait tant écrire et qui se privait tant de le faire ? Pour sûr, non, mon compère. Pour sûr, non.

Alors, Écrire, sans plus tarder. Écrire, écrire, écrire. Et jouir. 


© Simone Rinzler - Tous droits réservés.

On déterre d'exquis cadavres à L’Atelier de L'Espère-Luette

lundi 27 avril 2015

#MoocDQ3 4356 20150423 Elle se souvint qu’elle avait enterré un manuscrit commencé il y a plus d’un an et demie…



4356 20150423 Elle se souvint qu’elle avait enterré un manuscrit commencé il y a plus d’un an et demie…

Elle se souvint qu’elle avait enterré un manuscrit commencé il y a plus d’un an et demie. Il lui prit une violente envie de le reprendre et de le remanier. Elle trahirait la semi-promesse à elle faite de ne pas retoucher ce morceau, cet incipit de bien plus de trente pages. Mais rien n’y faisait, ce début la hantait et ce qu’elle écrivait était tout entier teinté de ce fantôme qui la gênait. À cette époque, elle n’avait encore que deux narrateurs. Le premier narrateur, déjà assez typé, ressemblait furieusement à notre François. Mais un François qui écrirait, déjà, depuis longtemps, et qui y prendrait plaisir. Et surtout un narrateur indéterminé, sans prénom et sans sexe déterminé. Elle s’était amusée à jouer sur l’ambiguïté pour surprendre ses lecteurs. C’était donc un François qui n’était pas François et qui n’était peut-être même pas un homme, car celui qui écrit « Je suis libraire » dit tout de sa profession, mais rien de son genre. C’est au lecteur de définir, par défaut en somme, s’il pense qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme, comme dans l’histoire des deux allemands dans un wagon. 

Vous ne connaissez pas cette histoire ? C’est un professeur de linguistique qui la lui avait racontée et depuis, elle proposait cette devinette à ses étudiants pour leur demander comment traduire cette blague en anglais en transposant tout ce qu’il fallait pour que la confusion puisse s’installer et que surprise soit identique pour le lecteur de la traduction.

Voilà ce qu’était cette histoire :

Deux Allemands sont dans un wagon.
L’un est le père du fils de l’autre.
Quels sont leurs liens familiaux ?  

Pour vous laisser chercher un peu, elle pense qu’elle demandera à son éditeur de laisser quelques pages passer avant de vous donner la réponse. Puis elle se dit que c’était inutile.
Elle pouvait user du stratagème toute seule, comme une grande. Jusqu’à ce que vous-même ayez même perdu toute attente. À moins même qu’elle ne vous donne pas la réponse.
Elle n’en faisait qu’à sa tête. 

Vous le savez fort bien, d’ailleurs, et ce, depuis bien longtemps, puisque vous êtes parvenus jusque-là en vous laissant guider par ce récit baroque et foutraque d’un roman qui ne veut pas s’écrire tout seul. 

Salaud d’roman ! 

C’est bien la peine d’avoir tant de narrateurs si c’est pour avoir si peu d’histoire

Pour commencer, il y avait un seul titre, dont vous êtes déjà un certain nombre à savoir que ce n’est déjà plus le titre du roman en train de s’écrire sous mes petits doigts agiles sur mon clavier de portable, pendant quelques jours de vacances à la campagne. Mais il y avait deux sous-titres, en concurrence. Elle n’avait pas encore pu se résoudre à choisir l’un d’entre eux. 

Entre-temps, le titre du roman était devenu le nom de son blog littéraire sur lequel elle avait commencé à faire ses gammes stylistiques et narratives depuis un peu plus d’un an. 

Le titre initial du roman était : À L'Atelier de l'Espère-Luette. C’était désormais la marque de fabrique de son blog dont elle était assez contente, mais qu’elle avait laissé plus ou moins en déshérence depuis qu’elle s’était remise à son roman, en recommençant depuis le début, à la faveur d’un atelier d’écriture virtuel réparti sur huit semaines d’écriture continue, en probablement 56 épisodes, si l’on suivait, théoriquement, les huit fois sept jours d’écriture par semaine. 

Pour le sous-titre, elle avait hésité entre Roman - De l'autographie fictionnelle et Roman d'une autographie intellectuelle.

Elle avait conservé, pour elle ne savait quel effet, ni quelle utilité, une marque temporelle fixe de début, elle qui se moquait des dates comme de sa première liquette. La date était précise. Il s’agissait du 7 septembre 2013. Elle n’était tout de même pas allée jusqu’à préciser le jour de la semaine. Elle n’était pas si obsessionnelle qu’elle le croyait parfois. Et elle se fichait pas mal de tous les ancrages temporels, bien peu utiles quand on s’intéresse à ce qui, chez l’être humain, peut avoir d’universel.
Voici ce que fut ce début de manuscrit, qu’elle modifia quelque peu pour le rendre public et le mettre en accord avec ce dont elle vous a déjà entretenus.

© Simone Rinzler | 23 avril 2015 - Tous droits réservés

vendredi 17 avril 2015

#MoocDQ3 3756 20150416-17 Prologue : Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié…

#MoocDQ3 3756 20150417 Prologue : Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié… 

Prologue : 

Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié. Tout aurait pu commencer ainsi, à la va-vite, sans trop de chichis, de fioritures, sans jamais trop tergiverser. Cela aurait été mal connaître l’écriture, ses secrets, ses mystères, les singularités de l’auteur, des auteurs, les troubles et les peurs, l’expérience et l’inexpérience, les fautes à pas de chance, les reculades, les roucoulades, les rodomontades et les rigolades.

Tout aurait bien pu commencer. Cela aurait été sans compter les retards, les empêchements, les atermoiements, les contournements et même les détournements. Cela aurait pu commencer tout simplement, sans les aléas de la vie, les aléas de l’écriture, les aléas du réel, les aléas d’une fiction. 

Mais ce ne fut vraiment pas comme cela que tout commença. 

Tout aurait pu être simple. Tout parut compliqué. L’histoire traîna, de mal en pis, les narrateurs s’épuisèrent l’un après l’autre, les personnages s’embrouillèrent, on ne sut bientôt plus qui disait ci, qui disait ça. Il avait alors fallu remettre de l’ordre dans tout cela. Ce ne fut pas une mince affaire. D’autant qu’il n’y avait pas que des personnages, mais aussi de vrais êtres vivants à qui il fallait éviter de perdre la face publiquement et que, par ailleurs, les apprentis écrivains avaient une vie à côté de l’écriture. 

Il leur avait fallu jongler, se mettre en déséquilibre. Ils bégayèrent, tripatouillèrent, tentèrent de s’entraîner à des exercices de style, du plus neutre au plus singulier, du plus clair, du plus limpide au plus obscur, au plus délire, et jusqu’au bout, jusqu’au plus ébouriffé, au plus affolé et au plus affolant. Comment donner une unité à un tel panier, trop bien garni, à un tel fouillis, un tel fouilli-fouilla, un tel fatras, un tel salmigondis, fut un travail de longue haleine, une œuvre d’orfèvre, en la matière, la matière bien peu littéraire d’un groupe de gens, se connaissant à peine, se rencontrant dans un lieu de vacances culturel, n’ayant qu’assez peu en commun, sinon cette inscription à un long atelier d’écriture pendant l’été, cet été-là, d’il y a bien longtemps.

Lorsque les premiers arrivèrent, en avance, la veille, ils furent accueillis bizarrement. Ils ne s’en formalisèrent pas. Mais ils conçurent quelques doutes. Une forme de méfiance avait commencé à s’installer, qu’il leur fallut rapidement désamorcer. Rapidement, les choses allaient s’accélérer, les nouveaux arrivants arriver, et il faudrait bien faire quelque chose, et vite, et bien.   

Bref, tout commença sous un petit air de catastrophe pas du tout annoncée. Mais quand l’ouragan se présenta, il fallut bien se serrer les coudes et faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ça démarrait mal, et tout allait bien aller, malgré le drame. Sans se le dire, ils s’en firent le serment. Secret. Sans un mot. Dans un serrement, dans un élan, de cœur. Tout cela resta leur secret. Pendant, longtemps. Le secret de leur aventure, de leur amitié, de leur amours, de leurs espoirs, de leur vie, désormais commune, avec en commun, cette extraordinaire expérience.  

Voilà en fait, comment tout cela s’est passé.
© Simone Rinzler - Tous droits réservés


À toute vibure, À L'Atelier de L'Espère-Luette