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jeudi 31 juillet 2014

Me voir m'aigrir ?

Je ne supporte pas quand je me vois m'aigrir !

Finirai-je obèse ?

Que non.

Plutôt on baise. 


© Simone Rinzler | juillet 2014 fin d'aprème, l'heure de l'attente et de latence


J'ai versé des larmes de langage, Pour toi, mon amour

J'ai versé des larmes de langage,

Pour toi, mon amour. 


Ça a passé.

Ça passera.

Ça passe toujours. 


Sourire aux lèvres,

Sans raison,

Non plus. 


© Simone Rinzler | fin juillet 2014, qu'importe la date exacte, le sentiment est si fugace

Syndrome sec


Outre, outrée, outre-âgée, 

Triste à en crever, ce jour.

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Je suis une outre pleine de toutes les larmes que je n'ai jamais versées.


Pleine de larmes qui jamais ne voulurent couler.


Et qui jamais,

Ne veulent,

Ne peuvent couler. 


Le cœur serré. 

Enfermé, enserré, incarcéré.

Étreint, éteint, mort.


En errance,

En partance,

Pour nulle destination.


J'aurais tant aimé savoir

Pleurer, 

Chialer, 

Sangloter. 


Condamnée à 

La jovialité, 

La gentillesse.


Je souffre 

Des remous 

Du  monde.


Chagrin du politique.

Chagrin de la polis.

Chagrin universel.


Petite ou grande secousse,

Tout m'attriste,

Me désespère. 


Seule la musique apaise

Ces pauvres yeux secs. 

Syndrome sec. 


Sec est mon œil,

Sec est l'autre œil. 

Syndrome du monde sec.


Ça ne veut pas,

Ça ne peut pas sortir. 

Syndrome sec, le bien-nommé. 


Condamnée, condamnée à la jovialité. 


Seule l'écriture apaise et assèche les larmes non versées. 


© Simone Rinzler | 29 ou 30, 31 juillet 2014 - qu'importe - Il est fin juillet et depuis mai, depuis toujours, mes yeux refusent, mes yeux interdisent de me soulager. 

vendredi 25 juillet 2014

Autographie romancée #4 À l'atelier (suite)

À l'atelier (suite) #4

Pas encore sortie du gynécée, j’étais fascinée par la beauté des femmes de mon entourage. De très belles femmes. Je ne savais pas encore que pour devenir femme, il fallait avoir aimé la beauté des femmes de mon enfance. Et cette beauté ne concernait pas ma mère — qui n’était pas encore une belle femme, mais allait le devenir, et surtout pas ma grand-mère maternelle, hommasse et obèse, mais toujours bien mise, en veuve convenable. Elle a toujours porté le deuil ou le demi-deuil.

Le deuil, c’était du noir — pour les sorties — ou du gris, de l’anthracite pour tous les jours. Et des robes à fleurs blanches minuscules sur fond parme, gris ou noir, et, une fois peut-être, avec un peu de parme ou de violet clair pour quelques toujours minuscules fleurettes.

Ses seins pendaient quand elle se déshabillait dans ma chambre — qui était notre chambre à toutes les deux. Elle était effrayante de laideur et d’absence de féminité. Ses ongles de pieds étaient crochus.

Ma mère racontait qu’elle riait de ce corps pas même obscène — tout juste laid — Repoussant — en jetant ses seins par-dessus son épaule, l’un après l’autre. Elle ne devait pas beaucoup l’aimer, ce corps embarrassant, pour s’en moquer autant. Côté modèle, de ce point de vue-là, je n’étais pas gâtée.

Et pourtant, on me l’a bien répété que j’étais gâtée. On disait « Gâtée. Pourrie Gâtée ». Et voilà que ma main vient de tracer « gâchée ». Je n’étais pas gâtée. J’ai été gâchée. Par des femmes tristes qui ne s’aimaient pas.

Voilà pour le modèle féminin. Un sacré point de départ.


C’est à l’atelier — désormais, je crois bien que quand je parlerai d’atelier, ce sera l’atelier du Vaillant Petit Tailleur — C’est à l’atelier, donc, que j’ai rencontré la diversité du monde.
Et la diversité des rapports humains. Des modes de communications. On n’était pas là par devoir. On était là pour travailler. Pour avoir un travail en France. C’était un atelier d’émigrés. Il régnait une atmosphère curieuse, à la fois chahuteuse et taiseuse, bavarde et braillarde, bravache avec le vieux Simonetti — qui n’était pas encore vieux mais qui a toujours été un vieux. Bougon. Celui-là, il valait mieux qu’il se taise. Quand il envoyait une de ses saillies bourrues, son souffre-douleur du jour était humilié. L’atmosphère se tendait. Se plombait. Il fallait des trésors de diplomatie pour ramener la gaieté dans l’air empesé, encore tout poissé de la bile de Simonetti. Simonetti était désagréable. Mais c’était un bon ouvrier.

Les artisans, c’étaient le patron et le fils du patron. Les autres, c’étaient les ouvriers. Il y avait donc trois couches hiérarchiques dans ce microcosme de l’artisanat. Et des rapports complexes.
Si le grand-père était le patron en chef — c’était sa Maison — dans son appartement, c’est mon père qui organisait tout, cheville ouvrière entre le Patron et les ouvriers, mais d’un statut incertain. S’il était le fils du patron, il était aussi leur compagnon de travail et lui aussi, n’avait pas toujours son mot à dire. Cet atelier de tailleur pour hommes, ce n’était pas sa maison. Mais le Patron, mon grand-père, était analphabète. Il traitait avec la clientèle (il avait ses clients, puis petit à petit, mon père a eu les siens). Il ne traitait pas avec les ouvriers, ni les banques, ni les autres acteurs, la giletière ou le giletier et la culottière ou le culottier. Ces métiers, très spécialisés, étaient un passage obligé pour tous les tailleurs. Certaines étapes de la confection du veston et du pantalon devaient être prises en charge par un spécialiste, très spécialisé, certes. Indispensable, certes, mais, comme les ouvriers, n’appartenant pas au monde de l’artisan. De l’artisan, artiste d’une création nouvelle pour chaque nouvelle pièce effectuée.
Mon père avait donc un drôle de statut, mi-artisan/patron, mi-ouvrier/compagnon. Et surtout, il était le père de ses parents, émigrés, analphabètes et brisés par des secrets que je n’avais pas encore découverts mais que je devais pressentir (et que ma mère m’incitait — en douce et sans le savoir vraiment elle-même probablement — à ressentir en me préparant à aller dans cette enceinte de l’horreur).

Enceinte de l’horreur. Car c’était bien là le problème.
L’enceinte de l’horreur, c’était ce lieu — dont la salle à manger sentait l’oignon cru.
L’enceinte de l’horreur, c’était ma grand-mère paternelle. Elle avait enfanté, donné vie pendant la guerre à une fille blonde aux yeux bleus. Conçue pendant la captivité du grand-père.
Enceinte de l’horreur : ma mère aussi. Comme tant de femmes de son époque, contrainte à un mariage… qui la déclassait.
L’horreur, alors, c’était donc moi. Aussi.
Condamnée aussi à devenir cette enceinte de l’horreur, enceinte de l’horreur maternelle, grosse d’un déshonneur qui n’avait déjà plus cours, convaincue d’avorter, mais aussi d’épouser le jeune homme — pourtant si mal assorti. Lui aussi, fils d’émigrés — de la famille des Pieds Noirs — tout aussi rejetés que les Juifs dans cette France terre d’exil, rance terre d’accueil, tant aimée et pourtant si haïssante.
Haine et amour, alliés pour toujours.

(C) Simone Rinzler - Tous droits réservés.

Où...L'Corps

Où Est-Ce Que T'As Mis L'Corps

Tu L'As Zigouillée. Dessoudée. PerOxydée. La Charogne.

Elle N'Est Plus Là. C'Est Fini. T'As Gagné La Partie. L'Est Partie.

T'As Fait Pièce À Ta Violence. Ta Fausse Sœur. Ta Mal Heur.

T'Es Tranquille. Pose-Toi Là. Repose-Toi. L'Est P'us Là.

C'T'Fille de Pus. T'En Pouvais Plus. E'T'Pourrissait La Vie.

T'En As Fini. Elle Est Partie.
Mais. Mais. Où Est-Ce Que T'As Mis L'Corps.

Le Corps. Le Corps. 
Où Est-Ce Que T'As Mis L'Corps.

Le Corps. Le Corps. 
Elle Avait Pas D'Corps. 

C'Était Qu'Un Corps Mort. 
Un Poids Mort. Un Poids Lourd.

Lourd. Sans Corps. Gourd. Mort.

L'Est P'us Là. Tout Ce Pus. Cette Charogne.

L'A Cané. Cabotté. Clabotté. Caillebotté.

Clabaudé. Chat Botté. Sur La Touche. Dans Le Clapot.

P'Us Rin Su'L'Capot. Même Pas D'Sang. Pas Une Dent.

R'in. R'in De R'In. Y'a P'us R'in. Qu'On Te Dit.

Que Tu t'Dis. A P'us. A Partie. S'Est Enfuie. Tu L'As Tue.

Elle S'Est Tue. T'As P'us À T'Taire. Allez. Parle. Écris.

© Simone Rinzler | 19 juin 2014

(Publié le 22 juillet 2014)


mercredi 23 juillet 2014

"Urbs" de Raphaël Meltz aux Éditions Le Tripode

Ah ! Oui ! Tiens... #Littérature !

Tu as raison, Frédéric Martin. 

On n'oublie surtout pas "Urbs" de Raphaël Meltz aux Éditions Le Tripode.

Une de mes lectures bienaimées de la rentrée passée.

Il faudra bien un jour que j'écrive ce que ce livre m'a inspiré. J'ai adoré son originalité, sa petite folie douce, ses histoires décousues si bien ficelées, ce petit goût de revenez-y d'un Club des Cinq qui aurait grandi et décidé de faire la révolution dans la métro. Une légèreté grave, un petit air de ne pas y toucher... Et même une intertextualité balzacienne que je n'ai pu goûter faute de connaître un certain livre de Balzac. 
Une jolie petite gourmandise littéraire, moins innocente, moins naïve et moins foutraque qu'elle n'en a l'air. 
Une véritable richesse stylistique, un jeu et un amour du style, du Langage, des histoires et de l'histoire, du Texte et des interactions Auteur / Narrateur / Lecteur : le régal récréatif des amateurs de théorie littéraire, et tout cela avec jeu, sans pesanteur. 

Une très jolie facétie littéraire qui me hante encore.

Ah ! Bah ! Tiens...
C'est fait.

© Simone Rinzler | 23 juillet 2013


lundi 21 juillet 2014

Comment Rien

Comment.

Comment rendre compte de sa dépression.

Comment ne pas en rendre compte.

Comment survivre sans vivre tout en vivant.

Comment mettre tant de temps à lire un livre qui plaît et désole en même temps.

Comment rendre justice à Rien. À "Rien (qu'une affaire de regard), premier roman de Philippe Annocque, publié de nouveau dans une version remaniée aux Éditions Quidam.

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Elle se dit qu'elle ne le peut pas, qu'elle n'en a pas le droit. Elle se dit que ce livre a le mérite d'exister, qu'il mérite d'exister, que son auteur a le mérite de l'avoir écrit avec ce que le journaliste du Figaro à appelé en 4ème de couverture "Une écriture blanche, acérée. Un style sec, sans afféteries." Elle pense à ce que pense, ce que penserait l'auteur de ce qu'elle a à en dire. Elle se dit que, de toute façon, il peut bien penser ce qu'il veut, ce qu'il peut, ou ne penser rien du tout. Qu'il a déjà publié. S'est exposé. Qu'elle ne sait pas le faire, ne peut pas le faire, ne veut pas le faire et le fait quand même, sans y penser, en ne cessant jamais d'y penser. 
Elle se demande comment elle est entrée dans l'esprit de cet auteur. Comment elle a souhaité en sortir, allant, venant, ailleurs, loin de l'activité de lecture, d'écriture. Comment elle se dit que cette rencontre du blog de Philippe Annocque à été une vraie rencontre avec un écrivain, avec un humain, avec un homme simple, délicat, tendre. Elle se dit qu'elle le compare à un jumeau de son adolescence, de sa maturité. Qu'elle comprend sa difficulté à conjuguer et à décliner le mode amoureux par le langage et que, comme elle, il sait si bien en parler sans avoir l'air de rien. Rien. L'air de Rien. Qu'il avance son petit bonhomme de chemin. Qu'elle le suit et qu'elle l'annote, l'Annocque nouveau, l'air de rien. Qu'elle a ressorti son stylo, son encre marron, qu'elle a racheté un stylo-plume en allant faire les courses. Que spontanément, après y avoir inséré les cartouches "Terre de Sienne", elle s'est installée à son fauteuil de lecture et a commencé à annoter. À aimer. À se demander comment elle avait bloqué sur ce texte, comment elle avait pu le laisser tomber, y renoncer. Elle repensait à son "Reader's Block", son angoisse de la page noircie par d'autres, son incapacité à se concentrer, son impuissance à lire, à écrire, et à compter dans le monde, sur le monde et avec le monde. Elle s'est dit qu'elle pensait trop, qu'elle n'agissait pas assez. Qu'elle retombait toujours dans le même travers. 

Elle s'est dit qu'elle en avait assez des tergiversations de ce petit puceau impuissant, elle l'écrivaine pucelle impuissante, incapable de publier en son nom propre pour une raison qui lui échapperait toujours. 

Elle se dit qu'elle devrait bien aller le voir, le remercier, le père d'Herbert, le père de ce jeune homme impuissant dont la comparaison entre "conjugaison" et "déclinaison" (pages 178-179) lui inspire des réflexions autres que purement stylistiques. Con-jugare : être sous le même joug (?) ensemble ? Déclinaison : pénienne ? Pen : plume et sexe, impuissance créatrice et impuissance physique. Ses "avortements sentimentaux" : son impuissance physique, oui ! Oh !  Non ! Pas d'impuissance de l'esprit qui toujours tourne sans frein, freinant le corps qui ne sait se dire, ne sait que se taire. Son esprit, toujours en analyse, sans répit, qui le mène à son but, un but qu'il ne connaît pas encore mais subodore et auquel, il parviendra. Ce livre, bientôt terminé en est le témoin.

© Simone Rinzler | 21 juillet 2014
Avec la participation quasi (in)volontaire de Philippe Annocque.




mardi 15 juillet 2014

Elle promène (Cancion flamenca trista y drolatica)

Elle promène (Cancion flamenca trista y drolatica)

Accessoires : 


  • Paires de deux mains (pour tapar dentro)
  • Chaussures flamenca à talonès (pour tapar rythmo con)
  • Hidalgo decorativo (pour dansar un coño como, fiar, con lé Génoux fléchis)
  • Coñassa bruna : Una para. No, digo "dos" . Dos coñassas brunas (para far plasir à l'hidalgo solo - y para decorar la scéna, porque la vieja non esta francamente muy fresca para la decoracion)

Indications musicales :

'E-E-Elle 2-3-4 (pro)'mè-è-ène 2-3-4
Sa dé'PRIM', sa Dé'BIN', sa déVEI-E-EN'

Cancion flamenca trista et drolatica :


Elle promène.

Sa déprime, sa débine, sa déveine.

Leur assène, 

Sa tacite, sa silence, sa mutique.


Elle se traîne,

Se lancine, se dessine, se lascine.

Elle s'égrène,

Se tarit, se dessèche, s'morigène.


Elle s'emmerde.

Se fait hièch', se fait chier, s'fa cagar.

Elle t'emmerde.

Te fait hièch, te fait chier, t'fa cagar.


Elle se marre.

Elle déconne, elle bougonne, tourne-en-ronne.

Elle se barre.

Elle rigole, elle picole, elle reconne

Hec-Ta !

© Simone Rinzler | 15 juillet 2014 - Benalmádena, Málaga

jeudi 10 juillet 2014

Teaser "Lava"

Teaser "Lava" (à paraître)

Tandis Que Le Petit Poussait Dans Les Entrailles De Lave d'Ava,
Le Petit Chaperon Rouge Et Noir Et Or Et Ses Amies Alice Au Pays Des Vermeilles Et Boucles D'Argent Perdues Dans La très Grande Forêt Des AnHumains Se Désespéraient.
Seuls Les Amis Du Petit Poussé En Tête de GondBoll Pourraient Voir Le Dessin De Ce Martin.
Ce Fut Un Grand Dormage Pour, Dieu Me Le Tripode, Tous Ceux Qui En Furent Exclus.

© Simone Rinzler | 18 juin 2014

(Publié le 10 juillet 2014)