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dimanche 27 avril 2014

Partir

Partir en voyage,
Ne plus avoir envie d'écrire, 
En public,
Fille publique,
Fils pudiques.

Partir sans se retourner,
Revenir,
Repartir.

Quitter la scène,
L'arène,
Sortir des rênes.

Ne rien devoir à personne,
Aller et venir,
Vivre.

Et parfois,
Être là.

© Simone Rinzler | 27 avril 2014

lundi 14 avril 2014

MÉTAPHORISME

MÉTAPHORISME :

"Pourquoi se hâter lentement,
Quand on peut vite traîner ?"

samedi 12 avril 2014

L'Espère-Luette fait ses emplettes / Bien au chaud

L'Espère-Luette fait ses emplettes
       Bien au chaud
              Près de sa couette.

Car de ces emplettes,
       Niveau zéro,
              Laisse la place nette.

Pas besoin qu'elle achète,
       A ce qu'il faut
              Pour être au net.

PhotoDuJour 20140412 : "Emplettes Virtuelles à Lisbonne"

Le temps de l'habitude. Adaptation

Le mythe des 21 jours pour prendre une habitude.
Le plus important : commencer.
Puis suivre le processus.
Chacun s'adapte en fonction de ses capacités, de son intérêt, avec quelques achoppements, plus ou moins nombreux.
Chant, musique, lecture, écriture, photographie, dessin, apprentissage d'une langue, du tricot, de la broderie, de la mécanique, de la plomberie, de l'électricité ou de la marche, chacun a son rythme. Le tout est de s'y mettre. Et de suivre le rythme de ses progrès et de ses piétinements, qui tous font partie du processus d'adaptation.

Cela s'appelle vivre et découvrir, tout simplement.

© Simone Rinzler | 12 avril 2014

http://www.huffingtonpost.fr/james-clear/combien-de-temps-faut-il-pour-prendre-une-habitude-selon-la-science_b_5131357.html


jeudi 10 avril 2014

"Le Bleu des abeilles" de Laura Alcoba / "Faber" de Tristan Garcia

Laura Alcoba a récemment présenté son livre Le Bleu des abeilles dans une prison pour femmes à Rennes (voir lien au bas de ce billet).

J'ai lu ce livre à la rentrée. Un beau livre, doux, le point de vue d'une enfant exilée au Blanc-Mesnil et, je l'avais déjà oublié, la relation épistolaire qu'elle entretient avec son père, prisonnier politique en Argentine.

Comme souvent, je ne garde pas la mémoire du récit, mais sa tonalité reste dans ma mémoire. J'ai beaucoup aimé cette écriture. Il me reste une impression de simplicité, de douceur, de réel enfantin et mûr à la fois. A ce moment, cette lecture faisait écho à celle de Faber de Tristan Garcia que je venais de terminer, un livre qui m'a beaucoup marquée, comme me marquent souvent les romans écrits par des philosophes (je pense notamment à l'instant aux livres de Jérôme Ferrari que l'ai lus à la même période, Le Sermon sur la chute de Rome encore exclu pour le moment) et par des psychanalystes (Henry Bauchau, J.B. Pontalis).

Ce qui m'est resté du roman Le Bleu des abeilles, ce sont les relations qui se sont nouées, ici, en exil, avec les enfants ; cette façon de raconter l'enfance sans mièvrerie, avec acuité. L'enfance d'une petite fille grandie par sa situation d'exilée dans un pays inconnu, dans une banlieue un peu triste, à apprivoiser. Cette légère mélancolie sans tristesse est entrée en résonance avec la lecture de Faber que je venais de faire récemment et qui m'avait impressionnée (même si, pour une raison qui m'est inconnue, j'ai moins aimé le dernier quart du livre, sans que cela n'enlève rien au fait que cela a été une des première lectures marquantes de la rentrée - pas tant la "rentrée littéraire" que ma première rentrée sans école avec l'impératif de rester au lit, de me reposer, sans travailler, donc sans lire ni écrire en anglais. Comme les personnages de ces deux romans, je découvrais, moi aussi, en même temps, un nouveau monde qui m'était inconnu. je me plongeais dans la découverte de la littérature francophone contemporaine dont j'avais été trop privée pendant ces dernières années de travail intense sur le monde anglophone, sa langue, ou plutôt ses langues, et le langage).

Le point commun de ces deux livres a trait à l'enfance, à l'adolescence, à l'âge où l'on découvre le monde extérieur, où le passage entre vie dans la famille et vie à l'école ou au lycée se fait vers l'extérieur, dans un va-et-vient constant, avec un tropisme vers l'extérieur.

Ce que je vivais au temps de la lecture était l'inverse de ce que racontaient ces deux romans. Il y avait pour moi, dans cette temporalité-là, un mouvement, non pas vers l'extérieur, mais vers l'intérieur, plus introspectif qu'expérientiel. (Je me relis et je corrige. Ce que j'ai écrit est erroné et nécessite une précision. Pour que cela soit valable, il faudrait envisager "expérientiel" ici au sens de "expérience découverte du monde", comme si l’introspection n'était pas expérientielle.Or l'introspection est expérience de soi, de soi au monde, hors du bruit du monde, mais pas sans le monde que l'on continue à porter en soi, avec soi).

Dans les deux cas, celui de ces deux romans et le mien au moment de lecture, un nouveau monde est à explorer. Ce qui entraîne des étonnements, des engouements, des questionnements.

Plus que de bons romans et de mauvais romans, j'ai tendance à penser qu'il y a des romans qui arrivent au bon moment, ou plutôt au moment adéquat, pas nécessairement bon, pour imprimer une marque chez le lecteur ou la lectrice.

Je ne crois pas qu'à un autre moment de ma vie, j'aurais autant apprécié ces livres. Ce n'est qu'une supposition, une croyance plutôt qu'autre chose, une opinion, pas un  concept philosophique. Rien ne pourra jamais me prouver que j'ai tort ou raison. La question qui se pose ici n'est pas une question de vérité, ce n'est pas de savoir si c'est vrai ou faux. J'ai simplement le sentiment que cette impression est juste.

Peut-être parce que je la ressens, et ne peux nier ce que je ressens. Ce qui est une autre manière de pratiquer la philosophie, non pas ici en deleuzienne (puisque je ne crée pas de concept, ce qui est le moyen de pratiquer la philosophie selon Gilles Deleuze), mais en s'interrogeant sur son expérience, ce qui est probablement aussi vieux que la philosophie (mais là s'arrêtent mes limites philosophiques à cette heure tardive. Je ne retrouve pas le nom du philosophe français extrêmement connu qui s'interroge sur son expérience, ma mémoire défaille et je veux terminer ce billet relativement rapidement pour retrouver, précisément, mes écrits philosophiques dans lesquels tout est précieusement consigné, analysé, décortiqué. Je suis encore convalescente et plaide en faveur de votre bienveillance...)

Le thème des deux romans est pourtant très différent. Du moins en apparence. Pour Laura Alcoba, c'est une enfant qui décrit sa façon de voir le monde. Dans la seconde partie du roman (attention, spoiler !) les personnages chez Tristan Garcia sont plus âgés : deux jeunes adolescents, une fille, un garçon sont amis ; leur rencontre avec Faber, camarade de lycée étonnant, détonnant, dans la petite ville ennuyeuse où ils étudient et vivent une vie ordinaire modifie leur rapport au monde. L'attraction que Faber exerce sur eux, jeune homme ou jeune garçon hors normes est fascinante pour le lecteur autant que pour les deux très jeunes gens.

Je m'arrête là, ne voulant pas davantage gâcher votre plaisir de la découverte de ces deux romans qui me sont chers.

PS : Laura Alcoba était ma collègue à l'université de Nanterre lorsque j'y travaillais encore, mais je ne me souviens pas que nous nous soyons rencontrées : n'enseignant pas la même langue, nous étions dans deux "départements" différents. J'avais entendu parler de son livre Manèges par un collègue et amie commune qui me l'avait très chaleureusement recommandé. Je ne l'ai toujours pas lu. Les critiques que j'ai lues me laissent à penser que je l'apprécierait également.


Pour lire l'article de journal concernant la rencontre de Laura Alcoba avec les détenues de la prison de Rennes, c'est ici :

http://www.breizhfemmes.fr/index.php/8-a-la-une/95-rencontre

Une des photos de l'article du site BREIZH FEMMES
Actualité du féminisme et de l'égalité à Rennes et en Bretagne
(En cas de problème de copyright,
merci de me demander d'ôter la photo. Je le ferai dès que possible)

mercredi 9 avril 2014

Language and Style: David Peace GB84 Incipit and Pastiche

Language and Style 

(incipit de GB84 de David PEACE et pastiche en anglais)

30 mars 2012, 09:20

L'original d'abord : (incipit de GB 84  de David Peace) :

The Argument       
Electricity
Harsh service station light. Friday 13 January, 1984 –
She puts a cigarette to her lips, a lighter to her cigarette.
A dog starv’d at his Master’s Gate –
He waits.
She inhales, her eyes closed. She exhales, her eyes open.
He picks at the solid red sauce on the plastic ketchup bottle.
‘early March,’ she says. ‘South Yorkshire.’
He rolls the solid red sauce into a soft bloody ball.
She stubs out the cigarette. She puts an envelope on the table.
He squashes the ball between his fingers and thumb –
Predicts the ruin of the State.
She stands up.
He shuts his eyes until she’s almost gone. The stink still here –
Power.


And now...
[roulement de tambour]
...

The "Le pastiche" 
À la manière de David PEACE :

Photo Août 2009
© Simone RINZLER
Photo Août 2009 © Simone Rinzler
"Photo moche - d'époque - en direct de mon bureau"
Série : Ne pas tricher sur le Réel


The Argument
Language
Light fading. Neck muscles howling with pain. Friday February 29, 2008 ‑.
She chews her nicotine gum, spits the gum, brings a mentholated cigarette to her lips, holds the lighter. Crrr… ‑ Crrr… She puts the unlit cigarette down. She bites her lips. She retrieves the half-chewed gum. She puts it back to her lips. She rolls soft and hard matter between thumb and index.
Chirp, chirp, chirp. Spring has stared early.
He remains silent. Reads in silence. Stops reading. He waits. He goes up. To-ing and fro-ing. Hall – garage ‑ hall.
No time for rest. No time to relax.
Her master’s voice unheard of –
Time for lunch.
She types. Control Z: undo. Types again. Control Z. Undoes again. Control Z – Control Z ‑ Out of control. That won’t do. That won’t do. That won’t do. Tap. Tap. Tap. Tapitty, tapppita, tappity, tap. Full stop.
That won’t do again. Hell! That will do!
“’ll be right down in a sec” she says. Types again. “Wait a mo‑ ‘m not over yet” Types again.
Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tap. TAP. T – A – P.
Six to twelve. Time for lunch.
Why am I doing this? Why AM I doing this? Why am I doing this?
Language ‑ Control
Creek. He goes back to the garage.
She throws away her tasteless stomach-rending gum. Disgust. Hate. Fear.
Creek. Back to the house. He looks for his electric saw. Finds it. Goes back to garage. Door creeking.
Chirp, chirp, chirp. Spring. Lack of spring.
Why am I doing this? Why am I doing this? Why am I doing this?
WHY – AM – I – DO‑ING – THIS?
Chainsaw whining outside. Zeeeoooing.
He’s doing it. Said he would do it. Is doing it. Has done it.
She types. Goes on typing. She’s doing it. She is undoing it. She is doing it. She has not done it. She has not finished. Not yet. Wait. She has not made it.
Why am I doing this? Why am I‑? Why ‑?
The lecturer goes on with her assessment. Pretends she likes it. Hates it. Loathes it. Loves it. She’s done it. Over. To you.
Language ‑ out of control.
Research – out of control.
Politicslanguagesociety. Control: out of control.
Language – Control.
Language control.
Style.

[30 mars 2012 ou aout 2019 - à modifier après consultation des archives]


mardi 8 avril 2014

Recension, critique d'un livre.

"J'attends avec impatience votre commentaire, Simone. Forcément."

Elle* ne viendra pas : je ne sais pas faire de recension.
[drame de ma vie d'universitaire pas morne. J'expliquerai plus en détail, un jour, si on se rencontre enfin, si on y pense, ou je l'écrirai quelque part. Mais je n'ai pas encore déjeuné. J'ai beaucoup avancé le blog ce matin. Plus que ma liste de choses à faire dans les jours qui viennent. Largement plus que mon travail sur le livre sérieux remis au travail cette semaine. Se disperser est un mode d'écrire comme un autre. C'est dans ce chaos de ma pensée que je m'y retrouve le mieux. Penser à Ovide. Métamorphoses. A la devise d'une loge maçonnique écossaise : ab chaos, ordo. 
RECTIFICATIF  : Franck Balandier me signale que je me suis trompée.  J'ai inversé la devise, étourdie que je suis. 
La véritable devise est, bien sûr, "ORDO AB CHAOS"].

La passion de la lecture, c'est avant, c'est pendant.
Après, le désir est mort.
C'est comme essayer de reproduire un orgasme. On a beau essayer. Plus on essaie, moins on y arrive.

J'ai fait une seule recension dans ma vie d'universitaire. J'ai trouvé cela atroce à écrire. Cela m'a pris plus d'un an, fait détester le livre (génial), la copine qui l'avait écrit, la personne qui m'avait recommandée pour la recension (que j'aime et que j'adore d'un amour de disciple émancipée), la personne qui me l'avait demandée.

Cela m'est trop dur de porter la responsabilité de porter la parole d'un auteur de talent (et un autre, autant ne pas le faire).

Vie entière à ne pas se sentir légitime.
Restée une enfant illégitime malgré les apparences et la régularisation par le mariage.
Découverte de la semaine dernière, la fameuse semaine apparemment pourrie où tout s'est à nouveau finalement débloqué avec effet retard d'une semaine (c'est peu, sur une existence).

[*Note : j'avais lu "commentaire", mais pensé "critique" ou "recension", au féminin. déjà plus dans le présent mais dans l'à-venir de l'écriture de ce commentaire qui finalement n'en est pas un. J'ai fait un peu attendre l'auteur. Il me pardonnera. Et s'il ne le fait pas, eh bien, mais tant pis pour lui.
Mais je sens, je sais qu'il me pardonnera.
Pas parce que c'est un vieux copain qui ne se souvient pas de moi, mais parce qu'il est écrivain et sait tout de ce qu'est écrire.]

"Hors d'âge, Mûrie en fûts d'amour" 201404 Photo du Jour
Avec la participation [quasi-] involontaire de Franck Balandier, qui apparemment, aime bien se laisser faire. Se laisser faire connaître, I mean. [de crayon] : outre une vague connaissance oubliée pour l'un, vaguement remémorée pour l'autre, nous partageons, depuis toujours, semble-t-il, l'"écrire triste" et le rire de la vie.)



Sécher

Sécher.
Sécher un événement.
J'ai besoin de sécher pour exister.

Me dire que je vais aller quelque part, voir, entendre ou rencontrer.

J'y vais : je suis heureuse.
Je n'y vais pas : je suis heureuse.

Nul paradoxe.

Équilibre précaire entre vie et écriture.
Tenir la position.
Tenir le point.

Tenir le point de résistance au Réel.
S'arrimer au Réel.
Écrire le Réel.
Vivre le Réel.

En perdre le dormir et le manger.

Seize heures trente-huit.
Heure de dé-jeûner.
De repartir en vie
Dans la vie.

Avant L'Heure
Ce N'Est Pas L'Heure
Après L'Heure
Ce N'Est Plus L'Heure.

Vie de proverbes.
Vie de verbe.
Vie.

(Avec la participation [quasi-] involontaire de Claro, à l'Odéon ce soir)



Réponse à un auteur inconnu connu

Ah, tiens,
Je vous ai répondu, ce matin, sur mon blog.
Je ne sais déjà plus où.
Je ne sais plus.
Ni où, ni sur quoi.
Ni pourquoi.
Je ne sais jamais pourquoi, ni vous non plus.
Ni quand, ni où.
Je ne sais pas grand-chose.
Vous non plus.
Les écrits se répondent, se croisent et se font écho.
Les mémoires, du passé, s'effacent.
Le présent des mots s'impose.
A notre insu.
Nous le savons.
(D'ailleurs)
Nous continuons.
(De Marseille)
Nous nous amusons
Face aux miroirs de la galerie.

Le présent de l'écriture est un présent double.
Présent de l'écriture.
Présent de la lecture.

Présents de l'écriture.
Présents de la lecture.

Fond de boutique déjargonné.

Être compris.
Être incompris.
Qu'importe.


(Avec la complicité [quasi-] involontaire de Franck BALANDIER, auteur de "Le Silence des rails", sélectionné avec 29 autres romans pour le Prix Orange.
J'ai hâte de lire ce roman.
Étienne, triangle rose déporté dans les camps de la Seconde Guerre Mondiale revient, raconte.
"Si je reviens vivant de cet enfer, personne ne me croira".
Premier livre écrit en français sur le sujet, paraît-il. Je n'ai pas vérifié mais le crois bien volontiers. Je suis une ancienne spécialiste de l'anglais... Pas journaliste. Pour le fact-checking, faites tout par vous-même. Mais, je vous préviens tout de suite, ce n'est pas cela qui est intéressant ici.
Psst... : une idée pour Le Refuge, Olivier STEINER)

J'aime les chemins (photos)


J'aime les chemins, les photos de chemin, dont la fin est cachée.
Elles inspirent le mystère.
Galvanisent l'imagination.
Arrêtent le temps.
Pensent.
"Ombres et lumière"
© Laurette Peyraube
20140408
(Avec Laurette PEYRAUBE en Guest-Star)

Éditer

Éditer les autres est un cadeau aux autres. Un cadeau non marchand.
Donner de sa personne, mieux que pour soi. Un véritable moteur pour celui (ou celle) qui doute.
Un service, public, rendu, offert, à l'humanité.

Expérience de l'édition dans le domaine universitaire :
plus de temps pour lire, écrire, vivre, rire, dormir... Plénitude épuisante. Éprouvement de soi.
Une philosophie stylistique en acte et en action. En addiction.
Un travail souterrain de sa propre écriture, de sa pensée, de son humanité.

Amicalement,
Simone

(Avec Olivier STEINER en Guest-Star [quasi-] involontaire, pour Le Refuge)

20140408 C'est ton jardin, Simone ?

"- C'est ton jardin, Simone ?"

- Si on veut... Je n'y jardine pas, y séjourne peu. "

"Sans Légende Est Une Légende" PhotoDuJour 20140407

Femme De l'Ombre De L'Intérieur. 
C'est Plutôt Le Jardin De Mon Prince Des Fleurs, Des Jardins, Des Eaux, Des Forêts & Des Déserts.
Je Le Regarde. Il M'Inspire.

Quoi ? Qui ?

À La Lectrice & Au Lecteur De Décider Ce Qu'Il Désire.
Sourire Aux Lèvres.
Cesser Avant Le Conte. Leste. 

Preste. 

Céder À La Passion De L'Écriture.
Cesser De Badiner.
Retourner Travailler Au Livre Sérieux.

Malgré Le Cri Dans La Nuit Qui Réveilla Le MonPrince : "Les Connasses !" & Autres Propos Incohérents. L'Effet-Livre Se Fait Sentir. La Nuit Ne Fut Pas Agitée. Elle Fut Reposante. Bonne Nuit Réparatrice. Tout Terminer Avant Le Grand Voyage, Visa En Poche.

Dire Sans Dire. Évoquer. Dire Bien Plus, Et Bien Autre Que Ce Que L'On Croit. 

Avenanture De L'Écriture. 

Autographie Romancée Continuée. Ambiguïtés Autonomes. Petites Filles Pas Sages, Elles Font Ce Qu'elles Veulent Et Vont Où Elles Veulent. En Dépit De L'Intention Consciente De L'Auteur, À Son Insu. En Catimini. Et L'Auteur Le Sachant. En jouissant.


(Avec la participation de M&M's en Guest-Star)

20140407 : La Chouette de l'écran

Refonte du livre de philosophie en cours.
Rouvrir les tiroirs, amasser du papier, crouler sous le touffu.
Que nenni. (Dessin de © Wojtek Kowalczyk)
Travailler sur le fichier informatique, l'améliorer.
Lire, relire, penser. 
Se remettre en jambes, avec la tête.
Préparer une résumé dans les jours qui viennent.

La chouette est de retour, toute la nuit, devant son écran.
Jongle avec le logiciel, les idées. Reposée par ce travail consenti.

Ce soir : bonheur calme, plénitude.

Ce n'est pas qu'une question de sommeil.
Quelque chose à vraiment fini par se débloquer.

Repos du juste.

Enseignant-chercheur, quel beau métier ça a été.
Continuer.
Autrement.
Continuer.

Avec
Ou 
Sans
Beckett.


dimanche 6 avril 2014

Stopper la faillite silencieuse des universités. Un état des lieux à lire, à signer, à diffuser.

Stopper la faillite silencieuse des universités. Un état des lieux à lire, à signer, à diffuser.


"La LRU m'a tuer" :

Deux années passées à ne plus faire que des évaluations d'étudiants, de collègues, préparation de l'évaluation de notre groupe de recherches, des tonnes de CV différents pour diverses instances, des batailles informatiques avec des logiciels qui ne marchent pas, préparation de dossiers pour un poste de Professeur des Universités sur des postes fléchés sur des profils de candidats tellement précis qu'il ne manquait plus que leur état-civil, date de naissance, numéro de sécu et NUMEN, commissions de recrutement constituées de collègues non compétents dans la discipline (pas d'anglicistes pour moitié pour des postes d'anglicistes, guerres intestines où ceux qui cherchent le moins et enseignent le moins - car ils sont déchargés d'enseignement pour gérer la boutique - gèrent aussi leur rancœur de ne pas avoir continué à faire le métier pour lequel ils étaient payés. Ils étaient pourtant dans les manifs avec nous, à crier haut et fort, mais se sont empressés de faire fructifier leur maigre capital d'intelligence au service :
1) de leurs petits intérêts personnels ;
2) de la bêtise et de la fourberie la plus crasse.

J'enrage encore du fin fond de la fin de mon Congé de Longue Maladie, alors que je m'apprête à prendre une retraite pour carrière longue à passer ma vie à m'occuper des enfants des autres, des étudiants, des futurs- et déjà- citoyens.

Enseignante passionnée en cours de réparation, encore très fâchée d'avoir craqué sous les coups abrutissants.

Signer pour les collègues, pour les amis, pour que cette patiente destruction calamiteuse cesse, enfin.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/minist%C3%A8re-de-l-%C3%A9ducation-nationale-de-l-enseignement-sup%C3%A9rieur-et-de-la-recherche-tribune-le-changement-%C3%A0-l-universit%C3%A9-et-dans-la-recherche-c-est-maintenant

20140406 : Aucune interaction aujourd'hui. Introspection.

Aucune interaction aujourd'hui. Introspection. Volontaire.

Penser. Réfléchir. Se reposer. Loin du bruit du monde, loin du réseau d'amitiés facebookiennes, soutien des temps de soleil noir.

Articuler sa pensée. Penser la présentation de son "Book Proposal". Penser à faire bonne impression. Y prendre trop de temps. Donnera une mauvaise impression. Trop méticuleuse. Trop soucieuse. Trop anxieuse. Et comme toujours, finir par proposer trop vite, trop mal, parce qu'on  n'en peut plus. Qu'il faut que cela se termine.
Se souvenir de la maxime qu'une amie avait surnommée Maleficient  (la méchante fée Maléfique dans La Belle au Bois Dormant version Disney) : 
- Tu sais ce que c'est qu'une bonne thèse ?
- ...
- C'est une thèse finie.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne m'a pas aidée à la finir. Pas plus que l'Habilitation à Diriger des Recherches. Sinon with a vengeance, ce qui est une aide non négligeable. 
Se remettre à ressasser en écrivant ceci. Arrêter immédiatement.

Revenir à son propos.
Prendre le temps de se hâter lentement. J'ai prévu un calendrier tenable. Raisonnable. L'ai annoncé. 
Ne pas se gâcher. Je sais que je l'ai déjà dit, mais autant se le répéter. Autant de fois que nécessaire.

Lâcher l'iPad. Monter au bureau.

Travailler.

Au calme et dans le calme.

L'angoisse des jours passés est terminée.
C'est donc bien que je suis déjà in progress, dans l'action.
Que cela se fera. 
Là ou ailleurs.
Cela se fera.

Oui da.

C'est en route. Je suis sur la route.

(Hommage à Henry Bauchau "Sur la Route", journal de l'écriture de son Antigone, cadeau de pensée offert par mon amie Pascale).

À bientôt les amis FB. Je vous souhaite de bien belles découvertes en attendant.
Et je vous fais une bise immatérielle, malgré ma timidité et ma réserve quant aux bises faites à des inconnus.
Mais tout le monde a besoin de bises, pas vrai ?
Même inconnues, même d'inconnus.

Je me suis déconcentrée. Je retourne me "collecter" (anglicisme, faute de mieux : il faut vraiment que j'y aille).

Je me "collecte" et je me "compose".

End of story
Simone & Co aux Ateliers de Mon Prince :
"Détendue"


samedi 5 avril 2014

20140405 Couvade. Symptômes.

Couvade

Couvade.
Symptômes de couvade.

Plus rien ne rentre.
Presque rien ne sort.
Hébétée. Allongée. Affalée.

Privée d'énergie.
Dépourvue d'envie.
Rien.
Plus rien.

Œdème disparu.
Jambes légères.
Toujours au lit.
Sans ennui.
Attendre que cela passe.
Il en sortira bien quelque chose.

Rien ne sort.
Rien ne peut sortir, ou presque.
Gestes mécaniques. Rituels repris sans grand goût.

Debout. Enfin.

Jeter un coup d'œil rapide sur la couverture bleue. Le dossier maudit. Le dossier qui maudit. Maudit livre en attente de publication.

Couvade de publication.
S'occuper du "Book Proposal", même imparfait, le faire, l'envoyer. 
Ne pas se noyer.
Ne pas se gâcher.

Lire sa conclusion.

Se dire que plus jamais on n'écrira aussi bien.
Trouver la tâche démentielle.
Se mettre à écrire cela.
Avoir une terrible envie de cigarette.

Résister pour la clope.

Pour le bouquin. Non. Ne pas résister à l'appel sourd. 
S'y mettre.

Enfin.
En commençant par la fin.
C'était bien.

Auto-injonction : "Allez !"

Y aller.

En traînant des pieds.

Y aller.


Malgré tout.

vendredi 4 avril 2014

20140404 : Jour blanc

Jour blanc

Jour blanc.
Jour de mal dedans.
Le corps gourd,
Les yeux gonfles,
Jambes de chiffon.

Sans sommeil
Énergie en berne
Même lire
Même la radio
Fatiguent.
Sans faim.
Ne pas se forcer.
Accepter.
Enfin.
Se résigner.
Se reposer.
Rester.
Poser.
Pauser.



Lever en fin de journée
Légère inquiétude.
Rien. Rien de grave.
Le moment de pause
Imposé
Régénérer.
Recharger.
Calme.
Calme tranquille.

Lundi.
Spécialiste. Écho-Doppler.
Attendre encore.
Prendre soin.
Se ménager.
Refuser de s'étourdir en vain.
Apprivoiser un rythme involontaire.
Vents contraires.
Décliner toute sortie.
Garder son énergie
Pour l'essentiel,
Pour le réel,
Donner réalité à ses rêves.
En accepter la difficulté.

Je ne suis qu'un petit homme,
Mais qu'elle est une femme.

Se réjouir.
La pause nécessaire n'est qu'un épiphénomène. Une étape. Une respiration. Dans le jour. Et non la nuit. Moins habituelle. Plus cruelle. Handicap social. Handicap familial. Handicap personnel. Hand in cap. La main dans la casquette, une contrainte de plus à affronter. Se jouer de la contrainte. En faire fi. Chacun la sienne. Connaître la sienne. S'en accommoder. Sans râler, ni geindre, ni se plaindre. Accepter sa fragilité, humilité humaine contrainte. Rester humain. Rester humaine. Être humain. Imparfait. Faire avec. Comme si l'on était sans. S'en jouer. Déjouer. Continuer. Peregrinus. Pèlerin de sa vie. Cheminer. Avancer. À pas lents. À pas grands. À pas assurés. Malgré l'absence d'une quelconque assurance.

Se réjouir du début de la nuit. Heureux. Joyeux. Amoureux.

© Simone Rinzler




mercredi 2 avril 2014

20140402 : Proême théâtralisé

20140402 : Proême théâtralisé

[TITRE]
Dialogue de sourds
Dialogues de muets
(Ou pas. Oupa. Houtspah, Oum-Papa.)

[Genre]
(création poétique avec ou sans Mister Oupa) :

[Dialogue]

SM : "Certains de mes poèmes font moins de 140 signes."
SR : Fais-moi un signe.

SM : 1
SR : Insigne honneur.

SR : Fais-moi un cygne.
SM : Non, mon canard.

SM : "Je fais dans le haïku allongé."
SR : Je fais dans le allongé.

Je fais dans le allongé.
Je fais dans le haïku très, très allongé.
Je fais dans le allongé.
Je fais dans le cul.
Je fais dans le cul, allongée.
Je fais dans le "aïe" allongée.
Je ne fais plus dans le "Qu tu ailles". Allongée.

Plus au courant. Plus en courant.
Plus de courant. Plus de vent.
Plus sur le devant.
Plus en avant.
Plus au jus.
Pas de jus.
Je sèche.
Sèche.
Raide.
À sec.
Sec.
Se.
S
.
S.
Se.
Sec
Secours
Se coucher.
S'allonger, jambes 
gourdes, paupières lourdes.
Sécheresse longitudinale, décubitale.
Sécher le bonheur de rencontrer les amis.
Fatiguée, lasse, lassée, épuisée. Corps en déroute.
Corps lâche m'a lâchée, grosse tache, grosse vache, vaches maigres.
Corps de maigre vache, de grosse vache, de vache qui tache.
Corps lâche me fâche. Corps tache. Corps flapi, avachi.
Flasques frasques, verbe à l'honneur. Allongé.
Le corps te lâche. Pas à la tâche.
Ne tâche de tâcher.
Sans fâcher.
Lâcher. 

Lâcher ce corps. L'esprit éveillé.
Lassée du corps las.
Là.
Ah.

Ah !
L'esprit se réveille.
Pas encore de merveilles.
Un peu tôt pour l'émerveillement.
Démons et Vermeils
Démons des Vermeils.
S'émondent les Vermeilles.

- Vous avez la carte ?
- La carte.
Que me demande-t-elle. La carte. Mais quelle carte. Carte des Démons. Carte des Vermeils ?

- Non. Pas encore.

Encore un peu de temps, Monsieur le bourreau.

- Je vous laisse ma carte. 
Carte des Amis des Monts des Merveils

SM : Fais-moi un signe.
SR : Fais-moi un singe.

[Grimace]

[TROIS PHOTOS : Grimaces - Limaces - Riasses]

Que tu riasses,
Que tu rimasses,
Que tu grimaces,
Que tu te grimasses
Que t'es connasse !

Que nous riions !
Fête aux lampions !
Faites les cons.
Rions un peu,
Grillons un pneu.
Grillons d'un feu
Intérieur.
Rions au pieu.
Rire allongés.
Le pieu, quel pied.

© Simone Rinzler

#PhotoDuJour 20140402
"Allongée, lasse...
Recoller les morceaux
Se remettre au travail"

(#VraiePhotoDuJour
#EnDirectDeMonLitBureau)