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vendredi 28 février 2014

EN CHANTIER... ...FIN DE TRAVAUX


EN CHANTIER 


Fait des provisions de photos.
Jours sans écriture, ni lecture.
L'Atelier de l'Espère-Luette est en chantier.

(Lisbonne, février)

FIN DE TRAVAUX

Le Retour de la Photo du Jour
"Apprivoiser le flou
Découvrir l'essentiel"

20140322 : Le Retour de la Photo du Jour
"Apprivoiser le flou
Découvrir l'essentiel"
(C) Simone RINZLER

mercredi 26 février 2014

Petit essai critique de livres sur les "surdoués" ou "Petits (et Grands) Zèbres"

Petit essai critique de livres sur les surdoués ou "Petits (et Grands) Zèbres".

"Hey Mum! May I ask you some comments?" me demande une de mes filles sur FB à propos de la page Facebook : "Les Tribulations d'un Petit Zèbre" 
https://www.facebook.com/lestribulationsdunpetitzebre/info
page relais d'un blog personnel sur une famille de "Zèbres".
 

Les "Zèbres" ou les "Petits Zèbres", c'est ainsi que s'appellent désormais eux-mêmes les "surdoués" ou que les parents d'enfants dits "surdoués" appellent leurs enfants à la suite de la publication de livres sur la question dite des "surdoués"

Je vais faire une critique de ce genre de livres dont j'ai lu quelques exemplaires pour me faire une idée personnelle de la question.
Pour commencer, voici ce qui dit la page Facebook de la page "Les Tribulations d'un Petit Zèbre" :
Blog sur les surdoués, intellectuellement précoces, (T)HQI, zèbres, à haut potentiel, HP(I), APIE... autant de termes utilisés pour désigner ces enfants & ces adultes atypiques & hors norme du fait de leur surdouement ! ヅ
Description
Blog qui reprend des tranches de vie dans notre petite famille zébrée, ainsi que quelques pistes (toutes personnelles) permettant de mieux comprendre ce qu’est le haut potentiel intellectuel...
Voici la réponse que j'ai faite à ma fille, que je rends publique sur mon blog "A L'Atelier de L'Espère-Luette", car je pense qu'elle pourra vous intéresser.

J'ai regardé relativement brièvement la page FB "Les Tribulations d'un Petit Zèbre".

Le "Petit Zèbre" fait référence à un "faux concept" ou un concept erroné, selon moi.

J'ai lu deux livres (et quelques...) là-dessus il y a quelques mois.

Deux livres en français :

- "Trop intelligent pour être heureux - L'Adulte surdoué" de Jeanne SIAUD-FACCHIN, éd. Odile Jacob

Lecture vraiment TRÈS INTÉRESSANTE , mais le problème n'est pas pris par le bon bout à mon sens : LE PROBLÈME EST MAL POSÉ .

Parodiant Simone de Beauvoir pour la bonne cause, je dirais :

"ON NE NAÎT PAS SURDOUÉ, ON LE DEVIENT".

La question n'est donc pas d'être "né surdoué", mais plutôt d'avoir vécu quelque chose qui a fracassé son enfance, ce qui rend hyper-sensible et nécessite ensuite que la personne cherche à comprendre tout ce qui l'entoure pour survivre. 

En se pensant surdoué, on se donne une fausse raison qui évite de se poser les vraies questions liées à des traumatismes de l'enfance.

Les parents préfèrent penser que leurs enfants sont surdoués, plutôt que de s'interroger sur ce qui a pu fracasser leur enfant. Ce livre mentionne un tout petit roman, la référence est juste en dessous)
- Comment je suis devenu stupide de Martin Page, éd. J'ai lu.
(quand on lu le premier, on ne découvre pas grand chose, car il est beaucoup cité à l'appui de la "démonstration" de l'auteure, démonstration que je trouve fallacieuse).

Je précise ma pensée :
Il est plus facile de penser que l'école maltraite ses enfants, surdoués, que de penser qu'on a pu les faire souffrir dans leur enfance ou leur transmettre, certes, peut-être inconsciemment, des traumatismes familiaux dont on a soi-même souffert. 
Voilà pourquoi je pense que la démonstration est fallacieuse. 
C'est un agréable cache-misère, un cautère (genre de vieux pansement) sur une jambe de bois, un truc qui ne sert à rien, ou plutôt sert à se dédouaner de toute influence néfaste sur ses propres enfants, un truc qui permet de rendre les autres responsables de son mal-être, alors qu'il faut envisager la vie en cherchant comment faire pour aller vers davantage de mieux-être en cultivant les "affects joyeux" comme le recommande le philosophe SPINOZA pour se détourner des "passions tristes" qui amoindrissent, voire annihilent notre "potentia" ou "puissance d'agir".

J'ai lu ces deux livres. Le premier est très intéressant, mais je conseille de le lire en pensant qu'il faut le croiser avec la lecture :
- des excellents livres de Boris CYRULNIK "Les Vilains Petits Canards" notamment, "Un Merveilleux Malheur" et son dernier, autobiographique "Sauve-toi, la vie t'appelle" (j'ai oublié le titre des autres que j'ai lus) sur la "résilience", un concept fructueux et intelligemment posé
- et de celui de Helen Epstein (en anglais) "Children of the Holocaust" sur les répercussions d'un traumatisme sur plusieurs générations dans le cadre de ce que l'on appelle les "Trauma Studies" dans le monde universitaire.

Je pense avoir répondu à ta question.

Tu peux passer prendre les livres à la maison. Je les laisse sur la table de la cuisine, tu pourras les prendre même si je ne suis pas là.
Je laisserai aussi un troisième livre, en anglais :
- "The Gifted Adult - A Revolutionary Guide for Liberating Everyday Genius" de Mary-Elaine JACOBSEN, éd. Ballantine Books,.

Je l'ai définitivement abandonné à la page 12, car pour moi, la cause était entendue : tout ça, c'est très intéressant, il faut le lire, mais c'est quand même un peu du "bullshit". Mais ça permet de comprendre quand même bien des choses sur son hyper-sensibilité et le fait que l'on a l'impression de se poser toujours bien trop de questions pour vivre heureux.

Alors, cultivons nos "affects joyeux
en décidant de cesser d'arroser nos "passions tristes".

Il faut agir.

Faire ce que l'on aime vraiment.

Poser des actes, en commençant par de petites choses, qui, au bout du compte, mises bout à bout, finissent par faire de grandes choses, pour être fier de soi et apprendre à devenir heureux sans cultiver sa noirceur inconsciente.

Ça n'efface pas les traumatismes anciens (voire transmis ?, si la thèse de Helen Epstein est juste), mais ça allège singulièrement la vie.

Sur ce, il serait peut-être temps que j'aille bientôt me coucher... Je ne relis plus. je corrigerai les éventuelles fautes plus tard, si j'en ai le loisir. Sinon, tant pis...

Je vais poster cette réponse sur mon blog.

Si ça les intéresse, mes lecteurs du blog pourront se procurer les livres (mais pas sur ma table de cuisine pour eux !), ou les feuilleter en bibliothèque.

PS : J'ai très légèrement corrigé ma réponse pour qu'elle soit lisible par ceux qui ne connaissaient pas ce mouvement autour du  concept erroné de "zèbre" en amélorant la présentation matérielle (mis en page) et en ajoutant des liens pour se rendre sur la page concernée, pour ceux qui le souhaitent.

lundi 24 février 2014

Autographie romancée : Épisode 3 : Dernier Hors-Texte

Autographie romancée : Épisode 3 Dernier Hors-Texte  

Jeudi 10 janvier 2013


Plusieurs jours que je n’ai pas écrit.


J’ai vécu.


Ce matin, l’envie d’écrire me reprend. Follement. Une pulsion irrépressible. Comme celle de prendre cette clope que j’ai hésité à allumer. Et que j’ai finalement allumée. Avec mon café. Mais pas avant la première gorgée.


J’écoute la radio. France Info. Se replonger dans le réel. Et une chronique. De Philippe Vandel. Sur « Barrez-vous ». Une incitation à se barrer de France. Pour voir le monde. Et apprendre qu’il n’y a qu’en France qu’on n’aime pas être français. Qu’ailleurs, on apprécie la French touch.


Je suis fille d’immigrés. Fille d’un immigré. Cette incitation à l’Exil me brise. J’ai toujours lutté pour rester. Et me suis toujours barrée. Pour ne pas être jetée.


La peur du rejet me fait fuir.


Elle ne me fait pas fuir hors de moi. De mon projet. Qui n’a jamais été un projet au sens de quelque chose qui s’élabore, se projette, se prépare. Mais qui s’impose. Se pose. Me pause. Me met en pause. En pause de l’attente. L’attente de ce qui ne viendra pas. Si je ne me mets pas à ce projet. Mon projet d’écriture. Qui n’est pas projeté ? Qui s’est imposé.



La traduction de Kelman n’a pas pu se faire. Je suis dés-œuvrée. Je ne traduirai pas son œuvre.


Écrire, réécrire, mon livre universitaire, je ne peux m’y astreindre. Car ce serait une astreinte. Une douleur. Il faudra un jour déchirer cette douleur. Cesser de glander. De m’éparpiller.


De vivre ? Ah ! Non !


Pas cesser de vivre. De faire ce que j’aime. Ce qui m’est vital.

C’est par l’écriture de ce trop-plein, par ce vidage, cette vidange du trop-plein, que je parviendrai à vider ce vide. Me vider de mon vide d’écrivain qui ne veut pas écrire. Se refuse à être.


J’écris.


En emploi absolu.


End of ranting. End of vidange. Vocifération off. Over. Ça va mieux. J’ai expectoré. Je peux respirer. Je respire. Je vais mieux. Je vais pouvoir me mettre à la correction de mes copies. Il faut bien que ces choses se fassent.


Tiens.


Mon café a refroidi. Je suis bien réveillée. 


Éveillée.

(C) Simone Rinzler "Dancing My Fear Away"

Tu écris un roman, Simone ?

Une amie me demande : "Tu écris un roman, Simone ?"


J'ai commencé à écrire en janvier 2003. Je poste ces anciens écrits sur mon tout nouveau blog commencé la semaine dernière. Et j'ai commencé à travailler sur mon gros projet de roman vers la rentrée de septembre-octobre 2013. 

J'y travaille lentement mais assidûment, comme je l'ai fait pour ma monographie sur les manifestes que je n'ai pas réussi à publier encore pour l'instant car elle est trop longue et que je me suis écroulée d'épuisement et de désespoir en mai dernier. Mais je reprends du poil de la bête, et les choses se mettent en place très vite. Le rythme de la belle vie est en train de reprendre. Je ne suis pas mécontente de ce qui m'arrive. Je ne croyais pas que je me remettrais finalement si vite de mes déconvenues universitaires. 

Tout ceci est à suivre sur ce qui a été, sans que je le sache encore, mon journal de fin des années d'errance dans les griffes de la linguistique linguisticienne. Je suis enfin revenue à la maison, et à mes vraies amours : la littérature, la lecture, l'écriture, en français, ma vraie langue maternelle, le tout incroyablement enrichi par mon passage pas la case linguistique, stylistique, philosophie du langage et par une connaissance et une analyse approfondie de la langue anglais, du monde anglo-saxon et de la parole manifestaire.


Voilà qu'à nouveau, tout me semble redevenu possible !


Tu peux suivre mes aventures de l'année passée et les balbutiements actuels sur mon blog :
alatelierdelespereluette.blogspot.fr 
(j'espère que l'adresse est la bonne. Le plus simple est de passer par ma page FB L'Atelier de L'Espere-Luette pour laquelle je n'arrive pas à l'instant à faire le lien...)


Mais ce n'est plus la technique qui m'arrêtera, ni rien d'autre.

Le style du roman, pour ce qui est déjà commencé et envisagé est déjà très différent de ce qui est sur le blog, du moins dans l'intention. 

Mais l'auteur ne connaît jamais vraiment son style lui-même. J'ai assez travaillé là-dessus pour ne pas me faire d'illusions inutiles sur le sujet.

samedi 22 février 2014

Hors-Texte : De la force

La seule vraie force, c'est de se savoir fragile, vulnérable.

Cf. Les livres de Guillaume le Blanc, les films d'Estelle Beauvais, mes propres expériences.


(C) Simone Rinzler "Que faire de sa Vulnérabilité ?"

Autographie romancée : Épisode 2 Toujours un peu Hors-Texte

Épisode 2

À l’usine de retraitement

(aux alentours du 05 ou 06/01/2013...)


Quand je suis arrivée à l’usine de retraitement, je ne voulais pas y aller. Mais, ancien bon petit soldat toujours docile – que je n’étais plus, c’est pour cela que l’on m’avait conseillé d’aller à l’usine de retraitement – j’y suis allée, vaillamment, même un peu crâne, un peu supérieure, du genre : « Moi, je sais très bien que je n’en ai pas besoin ».
Je savais pourtant – depuis longtemps – que j’en avais besoin. Mais je refusais. De toutes mes forces. Et maintenant, j’étais épuisée. Plus de réserves de résistance. Il me fallait y aller.
Quant à savoir ce qui s’est passé quand je suis arrivée à l’usine de retraitement, là, mes petits lapins, il faudra attendre. Longtemps. Longtemps. Que je me décide enfin à être écrivain. Car écrire, ça pour écrire, j’écris déjà. Depuis longtemps. Très longtemps. J’écris « en emploi absolu ». Cela signifie que mon métier – choisi – consiste à écrire. Mais pas à être écrivain. Car je suis enseignant-chercheur.
Donc, pour écrire, ça oui, j’écris. Et je n’ai plus très envie d’écrire. D’écrire « en emploi absolu », I mean d’écrire tout court.
Ou du moins, je n’ai plus envie d’écrire ça. D’écrire cela. D’écrire comme j’ai déjà écrit. Je sens que le moment est venu de passer à un autre Écrire. Celui dont je rêve depuis l’enfance.

Non, cela est faux. Ce n’est pas depuis l’enfance que j’en rêve. J’en ai rêvé étant enfant. Très fort. Puis par la suite, le réel a pris le pas sur le rêve, et l’envie est tombée, d’elle-même. Je n’avais plus cette envie, cet idéal : j’étais dans la vie.
Quand tu es heureux, tu n’as pas besoin, tu n’as pas envie d’écrire ta vie. Tu la vis.
Alors, au gré des crises existentielles (mais le nom clinique commun de la crise existentielle, ça s’appelle la dépression, voyons), l’envie est parfois revenue. Je me suis vue écrivant, écrivante, comme dit Barthes, écrivaine, écrivain.


Au masculin.




Car je vois bien que je n’ai toujours pas bien avalé d’être une femme.

Je me suis toujours vue en homme. Je n’ai jamais totalement accepté le scandale d’être née femme.

Et pourtant, féminine, je le suis. De bout en bout. Je suinte la féminité. Et la sensualité. Sauf qu’en ce moment, la sensualité est en panne. C’est plutôt la sang, sue, alitée, – me voilà lacanienne, maintenant ! – je voulais écrire la sançue alitée. Le lapsus me va très bien. D’autant que là, je n’étais pas très sûre de l’orthographe. Sansue ? Sançue ? Si je vais chercher, je me perdrai encore dans le dictionnaire et ne finirai pas ce que j’ai commencé. Or je veux avancer, sans dévier. Car je veux sortir de ce marasme, de cette boue, de cette gadoue, de ce gâchis de ma vie et de celle de mon compagnon, mon ami, mon amant, mon amour. Mon bienaimé, mon Bienaimé, mon chez moi, my home, quoi !

L’homme avec qui, chez qui, dans qui je suis bien.


Oui, j’ai bien écrit « dans ». Je me sens bien dans lui ; j’avais mis une majuscule que je viens de corriger. Je vois bien que je parle de lui comme un Dieu. Alors oui. Dans Lui. Pas seulement dans ses bras. Dans ses pas. Dans son ombre, oui, peut-être un peu, mais surtout dans sa lumière. Dans la lumière qu’il éclaire pour moi. L’homme qui me fait luire, reluire. Et qui me reluit. Pas un homme qui me vénère (même si des fois, il me véner’), un homme qui vit. Avec moi. Dans moi. Heureux de faire l’amour avec moi. Heureux que nous soyons cette sorte de « Toi et Moi » sous le même toit. Je pense à ces « Toi et Moi » des années 50-60, je crois.

[Des tasses pour couple, un peu gnan-gnan. Avec « Toi » et « Moi » inscrit en or sur la porcelaine bleu nuit. Ça s’appelait un « Toi et Moi » et me fait penser au pendentif en or« Rosemonde Gérard » que portait ma mère, cadeau de mon père « Plus qu’hier et bien moins que demain » avec juste « + qu’hier » et « - que demain ». La vraie citation devait en être « Car, vois-tu, je t’aime (encor’ ?),/ Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ». Et je sentais que quelque chose clochait de ce côté-là. Tout cela me paraissait faux, artificiel, un amour de façade que je sentais mal. Auquel je voulais croire et auquel, sans vraiment le savoir, je ne croyais pas, pas plus que je n’arrivais à croire au bon dieu. Je n’ai jamais cru qu’au Père Noël, et ce fut ma première grande déception, ma première trahison, ma première humiliation. Je hais l’humiliation. Même bien intentionnée, même affectueuse. Elle vous salit d’une tache indélébile et vous forge le caractère pour toute une vie. Il faut refuser l’humiliation. Et ne pas prendre les enfants pour des imbéciles. Ils le sentent, ils sentent que vous voulez les garder en votre pouvoir, que vous refusez de les voir s’en aller, de les laisser s’envoler. Ce sont les enfants-doudous des mères chagrines, consolation du chagrin que votre présence leur fait. Mais vous n’y êtes pour rien. Et vous avez de la tendresse pour ces mères à enfants-doudous. Car vous les portez en vous.]



Mais il n’est plus heureux avec moi. Car je ne luis plus. Je ne lui plus plus ces derniers mois. Je suis en panne. En pause. En retrait. En retraite. Retraite affective. Retraite vitale. Retrait de la vie. En attente. Attente d’un Poste qui ne me fait pas envie. Ou dont je (me) fais semblant de me faire croire qu’il ne me plaît pas, version Le Renard et les raisins. Il est trop vert et bon pour des goujats.

Ah ! Les goujats ! Me voilà au cœur de ce qui m’obsède, obsessionnellement, continûment, AutreChoseQuiRimeEnAN, QuiRimeEn—ment, peu à peu. Et qui me tue à petit feu jour après jour. Peu à peu. Un peu plus chaque jour. Plus qu’hier et bien moins que demain. Tant que je n’abandonne pas.

Compte tes profits et tes pertes, ma fille !, comme au Casino. Ne fais pas ta Perette et ton poteau laid qui se casse. Et casse-toi. Casse-toi avant que ça ne te casse. Avant que ça ne te brise. Avant le grand dégât.  
Le Grand Dégât. La poursuite d’une chimère. L’amour-haine d’une mère de substitution, mauvaise, qui jamais, jamais ne t’aimera. Et dont l’obsession te fait perdre peu à peu l’amour de ton Bienaimé. [J’ai décidé de ne pas le nommer].

.......


Ma famille pense que je relève de l’internement.
Je ne le pense pas. Ou du moins, pas en ces termes.
Ma famille, c’est-à-dire mes deux filles et mon mari. Mon fils restera le Grand Absent de ce récit.
Nous étions ensemble en vacances, j’étais grippée ou avec la bronchite de un ou plusieurs jours, avec courbatures et forte fièvre. J’avais passé toute la journée à dormir. Le soir, nous sommes allés dîner.
J’étais allée à la clinique de l’hôtel chercher du Paracétamol et étais revenue avec du sirop.
Le temps que j’aille me servir au buffet, quand je suis revenue, ils se sont moqués de moi.

…….


J’entends mal. J’entends souvent mal et je fais souvent répéter. Depuis un temps fou, chaque fois que je demande de répéter, ma famille soit m’ignore, soit m’engueule, soit se moque de moi.

Cette fois-ci, ils ont commencé à rigoler ; à rire de moi.

J’ai probablement demandé de répéter, comme d’habitude. Je n’ai pas compris ce qu’il y avait de drôle.

Le Paracétamol que j’avais acheté à la clinique était un sirop pour enfants et correspondait à deux comprimés et demi, soit presque rien pour prévoir la sortie du jour entier le lendemain, une excursion dans un site merveilleux.

Mais je n’ai pas entendu, pas compris. Et j’ai cru, en les voyant rire, qu’ils se moquaient de moi, pas de la situation. Qui, elle, était effectivement comique.
J’ai sans arrêt cette impression que l’on se moque de moi.
Ils étaient persuadés que j’avais entendu/compris. Et n’ont pas compris, comme d’habitude, mon mouvement d’humeur.

La discussion a continué. Je ne me souviens pas de son déroulement exact.

.......


X, n, π, oui, Pi (plutôt que x, l’inconnu, n, le lambda, appelons-le π). Pi m’a dit quelque chose comme : « Tu n’as rien remarqué ? ».

J’ai répondu quelque chose comme « Si ».

Ou à ce moment-là, je ne sais plus si j’ai répondu quelque chose et si oui, quoi exactement...

Pi m’a dit :

[…]



C’est sans intérêt, ce que Pi (π) m’a dit. Ni ce que j’ai répondu. Ni ce qui s’est passé ce soir-là, avec Lui et mes filles. Ni tout le reste.

Je n’ai jamais supporté la moquerie. C’est comme si je n’avais pas le sens de l’humour.
Toute moquerie à mon égard me blesse.

Sauf quand je la sens bienveillante.

Or là, je ne sentais aucune bienveillance. Tout juste un bloc de trois. Contre moi.

…….

C’est fou comme l’écriture à la main change la façon d’écrire. Je m’y sens plus libre. La correction n’efface pas le premier geste.
Voilà des années que j’essaie d’écrire [non pas au sens absolu : écrire sans préciser quoi, mais écrire au sens d’être écrivain, d’écrire des livres, de faire œuvre au sens littéraire.], que j’écris – au sens absolu, toujours. Que je suis écrivante, au sens de Barthes. 

Mais que je n’écris plus.
J’aime écrire. Cela me vide. Me vide de mon vide qui est, en fait, un trop plein.
Un trop plein qui ne demande qu’à déborder.
Qui déborde.
Me déborde.
M’étouffe.
Quand je ne vais pas bien, écrire m’est vital. Ma vie en dépend.

Laisser déborder ce qui déborde.
S’autoriser. S’autoriser à fâcher. Ceux que l’on aime. Ce qui m’a toujours retenue d’être ce que je suis : Écrivain.



Je suis écrivain.

.......


Peut-être est-ce cela qui m’empêche de postuler à ce poste de Professeur.
Je ne me suis jamais rêvée Professeur des Universités.
Écrivain, oui.
Il me semble que si j’acceptais enfin d’être ce que je suis, à savoir écrivain, je redeviendrai ce que je suis. Moi. Mon vrai moi.
Et que, ne me privant plus de ce que je veux, je pourrais alors devenir ce que je suis au tréfonds de moi – et que j’ai déjà accepté et me suis déjà autorisée à être : une intellectuelle. Intellectuelle et écrivain.

L'un n'est pas exclusif de l'autre.

Ajouter une légende
[Blogger m'agace toujours autant, à ne pas respecter mes sauts de ligne... Toujours pas très douée, mais tant pis, je n'attends plus !

D'autant que j'ai un vrai roman sur le gaz. Projet de très longue haleine, qui s'affine de plus en plus, mais me prendra probablement beaucoup de temps. Je ne publie que mes gammes de l'an passé et quelques bricoles du présent en ce moment. Histoire de m'habituer à publier en mon nom. Vieille histoire...]





Transmission : Enthymème

Enthymème

Enthymème 
Et mes enthymèmes, tu les aimes ?...

(Moravia. Godard. Et Bardot : mais ça, c'était avant...)

Définition Le Robert Dixel :
Enthymème :
(Latin d'origine grecque enthymema "ce que l'on a dans la pensée)
▪log. Syllogisme dans lequel une partie des prémisses ou la conclusion est sous-entendue.

J'ajoute un véritable exemple :

 

Soit un syllogisme bien connu :

Prémisse Majeure : Tous les hommes sont mortels.
Prémisse mineure : Socrate est un homme.
Conclusion : Socrate est mortel.

Si vous ne donnez pas la Conclusion, par exemple, votre syllogisme est incomplet. Mais votre lecteur ou votre auditeur tirera lui même la conclusion et croira que vous avez dit la Conclusion : "(Donc,) Socrate est mortel".
 
Vous pourrez ensuite jurer que vous ne l'avez pas dit. Vous l'avez juste sous-entendu, implicitement.

Cette technique est fréquemment utilisée en politique. 
J'ai édité un article d'un collègue et de son étudiante de Master sur ce sujet dans un volume publié par la Société de Stylistique Anglaise, à lire en français à l'adresse suivante : 

Power Thinking : "Vouloir, c'est pouvoir" : les modalités du "pouvoir"


À propos de ma photo  © "Power Thinking - Winston-Salem"


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"

(déjà posté sur le groupe FB OuLiPo)

Strofka dit :
"Vouloir, c'est pouvoir"

L'Espère-Luette précise :

Vouloir n'arrive qu'en 9.
Il faut d'abord ne pas vouloir, en 1.
Ne pas pouvoir en 2.
Être dans l'indétermination en 3.
Dans le désir en 4.
Dans la curiosité en 5.
Dans la pensée de réalisation possible en 6.
Dans l'idée d'une réalisation possible en 7.
Dans la pensée du possible en 8.
On arrive à la détermination du vouloir en 9.
Et à l'étonnement et à la joie de la réalisation en 10.
Cours sur la modalité en anglais : 
Penser les auxiliaires modaux et l'être-au-monde. La grammaire à la rescousse !

Allez, on se la regarde une deuxième fois, 
en commençant par le bas :


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"



vendredi 21 février 2014

Autographie romancée : Annexe #3 Hors-Texte De la trouille... pour ne pas se gâcher

De la trouille... pour ne pas se gâcher

En général, la trouille est mauvaise conseillère.

Elle t'empêche de faire ce que tu désires.

Mais c'est aussi un rappel qui se fait à toi, pour ne pas te gâcher.

L'article "C'est la re-trouille" avant de poster l'épisode 2 de l'Autographie romancée était un rappel à l'ordre.

Non pas à l'ordre qui empêche de fouiller le chaos, mais à l'ordre dans lequel faire apparaître certains articles qui ne seront pas publiés ici et ainsi, ou pas dans cet ordre, et surtout, pas encore.

J'irai donc directement à l'épisode 3 qui est en réalité le véritable début du texte "À l'Atelier - Autographie romancée".

En attendant, j'ai encore d'autres choses
à faire dans les jours qui viennent pour que tout soit en ordre de marche.

Aller marcher, par exemple, vivre et aussi, bien sûr, continuer à avancer la lecture du troisième roman pour le Prix Libraires en Seine 2014. Il s'agit de "Petites Scènes Capitales" de Sylvie Germain chez Albin Michel.

Mais de cela, je parlerai ailleurs, dans un nouvel article.

(C) Simone Rinzler



jeudi 20 février 2014

Autographie romancée : Annexe #2 Hors-Texte Que sont devenus les hommes...

Que sont devenus les hommes...

Que sont devenus les hommes dont les pères ont étésistants ?
Que sont devenus les hommes dont les pères ont été militants ?
Que sont devenus les hommes ?

Qu'étaient leur père ?
Qu'étaient leurs pères ?
Que faisait leur mère ?
Étaient-elles sistantes aussi ?
Étaient-elles militantes aussi ?
Étaient-elles absentes ? Pas encore présentes ? Pas encore présentes dans la vie de leur père ? Absentées dans la vie de leur père ? Absentées de leur univers ? Absentées dans leur propre univers ?

Que faisaient les femmes dont les hommes étaient résistants ?
Que faisaient les femmes dont les hommes étaient militants ?
Que sont devenues les résistantes ?
Que sont devenues les militantes ?

Que sont devenues les femmes dont les pères étaient résistants ?
Que sont devenues les femmes dont les pères étaient militants ?
Que sont devenus les femmes ?
Qu'étaient leur père ?
Qu'étaient leurs pères ?
Que faisait leur mère ?

Étaient-elles résistantes aussi ?
Étaient-elles militantes aussi ?
 
Étaient-elles absentes ? Pas encore présentes ? Pas encore présentes dans la vie de leur père ? Absentées dans la vie de leur père ? Absentées de leur univers ? Absentées dans leur propre univers ?

Que font les hommes, que font les femmes,
dont le père a été résistant, militant,
gaulliste, communiste, anarchiste ?

Que sont les hommes, que sont les femmes ?
Maintenant.




Exposition Barbara Kruger (Écosse)



La Récré : jeux de mots avec l'ami poète Strofka

Oser. Vouloir. Créer. 

Vouloir. Créer. Oser.

Créer. Oser. Vouloir.

Autographie romancée : Annexe Hors-Texte #1 C'est la re-trouille !

 C'est la re-trouille !

Au moment de poster le second épisode de mon autographie romancée...
...voilà que le retour de la re-trouille fait encore son entrée, fracassante, lancinante, frigidifiante.

Et si le lecteur ne voyait pas que cette partie était en partie fictionnée ? Et si tel autre lecteur croyait fictionné ce qui ne l'est pas et réel ce qui n'est que pure fiction ? Et si le lecteur croyait tout fictionnel ? Tout réel ?

Bienvenue, ma cocotte, dans le monde de la fiction, de l'écriture, ce monde que tu as si précautionneusement évité toute ta vie pour ne pas te fâcher, avec personne, avec qui que ce soit, avec ta famille, avec tes amis, avec ceux pour qui tu ne comptes pas mais qui comptent pour toi, avec ceux qui ne comptent pas pour toi mais que tu voudrais tant avoir pour lecteurs, car tu sais que tu veux avoir des lecteurs, même si tu n'arrives pas à publier tes livres en ton nom.

Bienvenue dans le monde de l'autographie. L'autographie qui n'est pas autobiographie, mais qui est écriture de soi, selon le concept de J.B. Pontalis et que tu as appliqué à tes recherches, à ta synthèse pour ton dernier Très Gros Diplôme Universitaire, la barbarement nommée HDR, ton Habilitation à Diriger des Recherches pour devenir Professeur des Universités, toi, la toute petite qui se prenait pour une souris grise, Mauricette la Souricette et son ami Mauriceau le Souriceau, héros rêvés de Livres pour Seniors à L'École des Moisirs, des livres pour les vioques comme toi, les vioques rigolos qui tout en vieillissant tranquillement, gentiment, bien sagement, ont gardé et gardent encore leur envie de vivre, de rire ; et de jouir.

Avoir le courage de poster. Avoir le courage de postuler. Avoir le courage de s'imposer.

Une vie entière sous la nécessité du courage, pour ne pas crever. Pour vivre. Simplement. Tranquillement. Redondamment.

Avoir le courage de l'imposteur, l'imposteur lucide, l'imposteur penaud (pas l'imposteur pervers et manipulateur sans aucune bienveillance), l'imposteur au  cœur trop pur, trop sensible, trop fidèle et trop peu sûr de soi pour se rêver en être doué d'une réelle autorité, cet imposteur, Cygne Majestueux dans ses oripeaux de Vilain Petit Canard, si bien décrit par Althusser, expliqué par Jean-Jacques Lecercle, mon maître et ami, dans "Interpretation as Pragmatics", probablement le chapitre 3, mon chapitre préféré, celui qui m'a tant inspirée.

Avoir le courage de révoquer le "sentiment d'imposture" que décrit si bien Bélinda Canonne dans son magnifique livre "Le Sentiment d'imposture" en poche, chez Folio, je crois ou 10/18.

Enfin, bref, (bref, si l'on peut dire, je ne fais pas particulièrement dans la rétention, c'est le moins que l'on puisse dire... Et cela dit combien j'ai dû lutter contre ma pente loghorréique pour mes écrits universitaires, une lutte de tous les instants), tout ça pour dire, une fois de plus, encore et toujours, que j'ai la trouille, les chocottes, le traczir et que si ça continue comme ça dans les précautions oratoires, ça n'avancera jamais, ma petite poulette.

Allez ! Go ! Vas-y !

Envoie !

ENVOI 

"Prince, ne souffrez que jamais, au royaume de l'écriture, jamais elle ne soit d'elle-même le Petit Boureau Beau"
(avec la complicité de Bobby Lapointe)

Nota Bene, Addendum, post-scriptum 

 

Cet article sera retravaillé, corrigé, amendé. 
Repassez de temps en temps. 
C'est de l'écriture dynamique !

Et bon, la trouille, ça se jugule.

Je suis donc en route, sur le chemin, en partance,
pour où, je ne le sais pas,
mais je suis déjà partie !


   OnnDzeRôdeAgain (Écosse, il y a longtemps)

mercredi 19 février 2014

Prix Libraires en Seine 2014 : "Lettre à Helga"

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Petit livre génial traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson aux éditions Zulma teminé tout à l'heure (enfin, hier soir... Le Blog, ce n'est pas encore ma vraie spécialité pour l'instant). C'est le deuxième livre des six à découvrir pour le Prix Librairies en Seine 2014.

Une très belle surprise de lecture. Beaucoup de sensibilité sans niaiserie.
Quelques incursions philosophiques qui se moquent gentiment de notre philosophie continentale avec une fraîcheur tout à fait réjouissante.

Comme toujours, se méfier des petits livres simples en apparence. Ils ont bien plus de profondeur qu'on ne le croit. Ils ont cette capacité à nous emmener exactement là où ils veulent, pendant que nous baissons notre garde critique emplie du cynisme de notre propre culture, même si nous ne nous croyons pas cyniques.

L'impression, de bout en bout est très positive, même si ce texte n'a pas la force, ni la poignance thématique de Kinderzimmer de Valentine Goby.

Je me doutais que les livres seraient difficiles à départager : ils sont si différents, et je déteste tant évaluer (une vie entière à noter, évaluer le travail de mes élèves et de mes étudiants avait fini par me dégoûter de la chose).

L'intérêt de cette expérience, vécue pour la deuxième fois, réside dans la nécessité que je m'impose, de lire des livres que je n'ai pas choisis moi-même ou qui ne sont pas "au programme" ou indispensable pour un quelconque travail.

Cela m'oblige à aller vers des territoires littéraires qui ne sont pas nécessairement mes lieux de prédilection.

Je n'en dis qu'assez peu sur ces livres. Seule compte mon impression. Dans un premier temps, ma première réaction, encore un peu à chaud, sans une analyse fouillée, pour commencer.

Noter mes premières pensées devrait me permettre de les fixer, pour mieux m'en débarrasser et pour pouvoir aller plus avant dans l'analyse et l'argumentation par la suite.

Je prends très à cœur ce projet. La littérature mérite que l'on s'y intéresse d'autant plus qu'elle paraît un peu inutile dans une société préoccupée par la rentabilité et l'utilité.

C'est l'inutilité même de la littérature qui la rend si précieuse et radicalement indispensable.

J'ai déjà commencé la lecture du troisième roman, dans l'ordre où j'avais projeté de lire ces livres afin de m'assurer que je ne négligerai pas ceux qui me semblaient être moins à mon goût.

Pour une fois, donc, et contrairement à ce que je fais pour la nourriture, je ne garde pas ce que je crois être le meilleur pour la fin. J'ai pris l'ordre exactement inverse après avoir lu les premières pages de chaque texte.

Je me réserve la possibilité de relire, en entier, en partie ou en diagonale, ceux qui semblent dès à présent être mes favoris. Et je me réserve donc la surprise... d'être surprise, en bien, à contre-désir.

Il ne faut jamais minimiser sa propre capacité à se laisser envoûter contre son gré, de bon gré.


mardi 18 février 2014

Dernier essai avant l'autoroute

C'est le tout dernier avant de craquer... 

On ajoute un petit sous-titre, juste pour voir

On teste le titre secondaire

 And here I am, lost, in the middle of nowhere.

[Sorry for the lack of interest of the thing...]

"Faire et défaire, c'est toujours travailler !", disait ma très industrieuse grand-mère.

Et voilà que ça se confirme, après un rapide petit coup d'oeil.

Blogger is a fucking fucked up bugger!


Reprise du lendemain :


Et comme ça ne marche pas comme je veux, mais que je veux que ça marche, j'avance quand même.

C'est tout de même pas un p'tit truc technique qui va m'arrêter dans ma course, quand même !